Manions les deux concepts "Gauche" et "Droite" avec dextérité...
Par Jacques Légaré
Autres textes sur d'autres sujets à http://www.iquebec.com/oeuvres-de-jacques-legare/index.htm
1. "Gauche" et "Droite" ne sont pas des concepts moraux, mais des concepts politiques. Le bien et le mal sont à gauche comme à droite, la bêtise et la grandeur aussi. Il y a des gens très vertueux à droite (Albert Schweitzer, Jean Vanier) et à gauche (Jean Jaurès, Norman Bethune) et des crapules criminelles à droite (Himmler, Pinochet) et à gauche (Beria, Pol Pot).
2. On peut être "à droite" sur un sujet et "à gauche" sur un autre. On a souvent des idées de gauche et des comportements de droite. Mais une personnalité est, globalement ou tout compte fait, à gauche ou à droite.
3. Souvent, on prend le pouvoir avec un discours de "gauche" et on gouverne par des politiques de "droite" (cf. Peron, le parti québécois, le NPD ontarien, les Socialistes de Mitterand). Le même scénario peut aussi se présenter en sens inverse, de droite à gauche (Solon, Clisthène, voire De Gaulle et Roosevelt, et Gorbatchev).
4. "Gauche" et "Droite" ont tendance à devenir des qualificatifs: "Gauche" méliorativement signifie "en avance", "progressiste"; et "Droite" péjorativement "réactionnaire", "arriéré".
5. D'ordinaire, on est à gauche quand on est jeune, et on vire à droite en vieillissant, souvent imperceptiblement à ses propres yeux. L'âge rend quelques fois amer, plus cynique ou désabusé. Les esprits les plus grands opèrent le chemin inverse, de droite à gauche: Victor Hugo, François d'Assise, Galilée, Luther.
6. La gauche cache souvent un profond désir de retour en arrière, droitiste, archaïque: cf la dictature du prolétariat, l'exercice du pouvoir par la violence, l'art réaliste prolétarien, l'absence de monnaie pour recréer l'âge pré-monétaire, la planification centralisée qui ressemble au despotisme éclairé du XVIIIe siècle.
7. Tout groupe se divise, sur quelque sujet que ce soit, clairement ou avec nuances, selon une "gauche" et une "droite".
8. "Gauche" et "Droite" doivent se juger sur les actions et les politiques, non sur les intentions, les paroles ou les programmes.
9. Hommes de "Gauche" et hommes de "Droite" naturellement se jalousent, se méprisent, voire se haïssent.
10. En gros, la droite est dite conservatrice parce que, caractériellement, elle a peur de perdre quelque chose. La gauche est dite progressiste parce que, caractériellement, elle désire quelque chose.
11. Il arrive même que la droite fasse du nouveau malgré elle en voulant retourner en arrière (cf les Protestants ouvrant l'âge moderne). Et la gauche revienne en arrière malgré elle en voulant faire un grand pas en avant (cf. les politiques communistes).
12. Pendant les trois derniers siècles, l'ensemble de l'Occident opéra un lent mouvement de la droite vers la gauche.
13. Les régimes les plus stables sont ceux où les gouvernements et la majorité des citoyens acceptent en même temps les valeurs de gauche et de droite, en les fondant dans des politiques qui en excluent toute radicalité, tout extrémisme.
UN HOMME DE DROITE
L'épouvantail de l'intégrisme
Lettre adressée à Jean-Pierre Proulx chargé des questions d'éducation au Devoir par Achille Larouche du Ralliement provincial des parents du Québec le 14 septembre 1983
Vous voudriez qualifier le Ralliement provincial des parents du Québec de mouvement « intégriste » comme on sert les épithètes de « raciste » et de « fasciste » à qui ne vous va pas afin de paralyser et de museler auprès d'une population timide et peureuse toute opposition au domaine d'une réforme scolaire inacceptable. Il y a des gens qui comprennent tard ou pas du tout « là où l'on va ». En éducation, nous refusons de jouer les « grotesques ». Parce que nous luttons contre un projet de loi injuste, parce que nous disons non au génocide culturel en éducation, vous brandissez à notre endroit l'épouvantail de « l'intégrisme » comme d'un assommoir . Peine perdue, nous n'en sommes nullement frustrés.
Si le patriotisme est un sentiment d' « appartenance et de fidélité », on nous trouvera alertes et vigilants pour défendre l'autonomie de notre éducation paralysée, inversée, parce que le débat se transporte des prémisses aux conclusions au plus haut degré de notre être national et historique.
On sait qui a mené principalement, et par quelles contorsions nourries de l'imaginaire et de l'ignorance, ceux qui ont bouleversé depuis 20 ans notre système d'éducation au point de ne plus retrouver l'âme qui l'a habité.
Précisément, cette éducation aujourd'hui occultée pour faire place à la culture officielle matérialiste et marxiste, nous est présentée pour faire alliance pour une nouvelle culture qui, selon le mot de Plunkett, « enfante le monstre et vous laisse en sa présence ».
Gare à ceux qui sous le laxisme ou le lyrisme socialiste minent la confiance en notre culture et en ses institutions par l'argument « un peu court » d'une campagne démagogique et sectaire.
UN HOMME DE CENTRE
Il faut se tourner vers la production
par Jacques Huntzinger, secrétaire national aux Affaires internationales du Parti socialiste français, le 23 octobre 1983.
La philosophie de l'État-Providence n'a plus sa place dans le projet social-démocrate. Il faut maintenant se tourner vers la production. Les régimes sociaux-démocrates ont gouverné pendant plusieurs années sous les thèmes du « welfare state », du plein-emploi, et de la justice sociale, mais la crise économique [de 1981-82] et la crise de la social-démocratie elle-même ont sapé les fondements du projet traditionnel. Nous devons asseoir notre action nouvelle sur la réaffirmation, d'abord, de principes essentiels de justice sociale, de maintien de la protection des plus faibles et de politiques fiscales conséquentes. Notre nouveau défi, ensuite, consiste à établir que la social-démocratie est intimement liée à la production.
UN HOMME DE GAUCHE
Le dos large des syndicats
par Gilles Marsolais, le 20 septembre 1983
J'apprends avec stupéfaction que des infirmières donnent des informations à des commerçants dont les méthodes de recrutement de la clientèle sont à l'image de leur soif de profit.
Je cherche plus d'informations dans les articles de journaux (quels hôpitaux, quels employés y sont impliqués, etc.). Je ne trouve rien. C'est quand même bizarre que Le Devoir et La Presse en aient fait leur première page alors que rien n'est vérifiable. De plus, le lecteur ne peut se faire une idée de l'étendue de ce manque à l'éthique et au respect de la vie privée des patients. Bof! Ce n'est pas la première fois que des gens mal intentionnés cherchent le scandale facile dans les hôpitaux. Aujourd'hui, il est bon ton dans certains milieux de ridiculiser les réalisations des réformes dans le domaine de la santé et des affaires sociales pour imposer des tickets modérateurs ou pour revenir à la situation d'avant 1960.
Mais là où ça fit boom dans ma tête, c'est lorsque j'entends Jean Cournoyer à CKVL blâmer les syndicats qui empêcheraient les corporations professionnelles de punir leurs membres pour manquement à l'éthique professionnelle. Les syndicats, ces bons vieux boucs émissaires de la crise, peuvent en prendre sur leur dos, n'est-ce pas?
Il faudrait savoir cependant que les syndicats de la CSN de l'hôpital où je travaille ne se sont pas objectés aux mesures disciplinaires relevant de ce genre de fautes. Il y a même eu renvois définitifs pour manquements graves. Les syndicats sont capables de discernement.
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Voir tableau un peu plus bas.