LA MYTHOLOGIE GRECQUE ET ROMAINE

par Jacques Légaré

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Illustration par une histoire de

1. des grands personnages et désir humains: amour, haine, argent, sexe, considération, gloire, vanité, puissance

2. Des tensions sociales: mère-fille, père-fils, époux-épouse, frère-soeur, jalousie, attachement, rivalité, héritage, inceste, rivalité des sexes, meurtre, matriarcat

3. Des relations conflictuelles entre les peuples et les États: absorption, défaite, génocide, esclavage, expulsion, guerres tribales. 4. D'histoire légendaire d'un peuple, ses héros tutélaires, de sa vie civique.

5. De l'explication pré-scientifique des forces de la nature: tonnerre, éclair, pluie, saison, feu, montagnes , volcan.

6. Des tabous et des interdits sociaux: moralité, pur vs impur, bestialité, homosexualité, orgie, anthropophagie, sexualité anale et orale. 7. De la naissance et l'apparition de l'homme sur la terre: genèse (histoire du monde)

8. De l'économie pastorale et agraire: fertilité, fécondité, pluviosité

9. Du rôle et de la place de la femme: "Qui se fie à une femme se fie à un voleur "(Hésiode) "Rien n'est plus doux qu'une femme douce"

Caractéristiques:

Très peu de magie, d'irrationnel et de terrifiant: les deux seules sorcières, Circé et Médée, sont jeunes et jolies. Les Monstres laids et méchants sont terrassés, non par des dieux mais par des hommes (Ulysse et Cyclope).

Il n'y a pas de clergé, pas ou peu de rites, pas de dogme, pas de sorcier, pas de doctrine, pas de pape, pas d'autorité sanctionnant les hommes. Grande liberté des murs. Les étoiles n'influent pas sur la vie des hommes

La moralité des hommes est meilleure que celle des dieux, mais les dieux sont plus bons que mauvais.

Le Grec et le Romain n'est pas psychologiquement dépendant de ses dieux, comme l'est le chrétien.

Les dieux sont humains et les hommes peuvent être divins... par leur héroïsme. Tout dieu a un sexe, et s'en sert bien.

Les dieux se cachent au regard des hommes, sauf les planètes qui sont aussi des dieux. Seuls ces derniers sont crus par les intellectuels comme Platon et Aristote, parce qu'ils ont des mouvements réguliers, sans fantaisies fantasques comme les dieux populaires.

Zeus est plus un homme qu'un être surnaturel; en clair, c'est un surhomme divin. Il n'est pas jaloux, gigantesque et écrasant comme le Dieu des religions révélées.

Les dieux n'ont pas créé le monde, mais la nature (Gaïa) les a tous créés. Les dieux se marient, mais n'enfantent pas!

Les dieux comme les hommes sont siège de la lutte du bien et du mal. Même les voleurs (Hermès), les violeurs (Satyres) ont leur dieu représentatif ou protecteur.

Les dieux sont vivants, s'amusent et sont actifs et vivent en haut de l'Olympe, sur un lieu qui est encore la terre.

Ils mangent du nectar ( breuvage mielleux) et de l'ambroisie , mais ils n'ont pas de sang, signe de douleur et de mortalité, mais une substance spéciale. Ils ont une langue propre, des maisons de bronze et de la vaisselle d'or.

Ils ont une individualisation inachevée et contradictoire. Les dieux révélés, quant à eux, n'ont même pas les caractéristiques d'un début d'individualisation: «Je suis celui qui est».

Ils sont toujours heureux, mais ils sont en proie aux problèmes et sentiments des hommes. Ils sont susceptibles et vaniteux. Ils peuvent voler et sont dotés d'ubiquité. Ils se métamorphosent, se rendent invisibles.

Ils sont brutaux, voire injustes et cruels, dans l'exercice du pouvoir: Zeus châtie innocents et coupables. Il exerce un pouvoir despotique, souvent fantasque et irrégulier. Mais on l'invoque pour sa justice vengeresse, non pour sa compassion. Aucun dieu n'est vraiment moral, mais l'ensemble des dieux représente la moralité et la protège.

Ils sont liés par des parentés, voire des liens de mariage endogamiques, séduisent des mortelles (Alcméné, Sémélée)

Un seul dieu est laid (Héphaïstos). Hors de la vie terrestre, il n'y a rien de bien valable: les Enfers.

Il n'y a pas de guerres religieuses comme au Moyen Âge, même si les dieux participent aux batailles.

Les dieux interviennent dans la vie des hommes chez Homère. Mais après Homère jamais directement, en se substituant à leur volonté libre, dans les Cités ou sur la vie des hommes qui demeurent radicalement libres.

On peut plaisanter sur les vices des dieux, se moquer de la religion, , et la critiquer, mais à ses risques.

On obéit et on honore les dieux, mais on ne les imite pas, car cela serait une offense aux dieux.

Le culte aux dieux est un honneur, non une commémoration de l'acte fondateur (résurrection ou l'Hégire).

Les dieux ne dirigent pas le cosmos ou l'histoire, mais donnent de petits coups de pouce aux hommes, surtout en leur prédisant l'avenir sur un point précis. Les stoïciens enseignent à être divins, c'est-à-dire surhumains.

Pour les Stoïciens, le monde est vivant et divin et comprend de nombreux dieux, dont les étoiles qui étaient aussi divines pour Aristote. Pour les Épicuriens, les dieux existent, parlent le grec et sont formés d'atomes.

Les dieux païens ne sont pas paternels comme les dieux révélés, mais des notables immortels que prient leurs clients mortels.

Les dieux chrétiens et juifs ont fait scandale parce qu'ils niaient l'existence des autres dieux qu'ils méprisaient.

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