Aristote

Texte tiré d'une encyclopédie (Encarta), modifié et enrichi par Jacques Légaré

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Aristote (-384 à -322.), philosophe et scientifique grec, dont l'oeuvre est avec celles des Présocratiques et de son maître Platon, à l'origine du la pensée rationaliste et scientifique occidentale. Dans leurs oeuvres éblouissantes on y trouve les fondements de presque toutes les sciences de la nature et de l'homme.

Vie

Né à Stagire, en Macédoine dans le nord de la Grèce, fils d'un médecin à la cour royale, Aristote se rendit à Athènes à l'âge de 17 ans pour étudier à l'Académie de Platon. Il y demeura environ 20 ans, d'abord comme étudiant puis comme enseignant. Platon son maître le surnommait «le liseux»

À la mort de Platon en -347, Aristote se rendit à Assos, cité d'Asie Mineure dirigée par Hermias, dont il devint le conseiller. Il fut le précepteur du jeune fils du roi, Philippe de Macédoine, le futur Alexandre le Grand de -343 à -342. En -340, lorsque Alexandre accéda au trône, Aristote retourna à Athènes et fonda sa propre école, le Lycée. Comme maîtres et disciples discutaient la plupart du temps en se promenant dans la propriété du Lycée, Aristote et ses disciples furent appelés les péripatéticiens (qui signifie en grec « se promenant » ou « déambulant »), comme le Titien les a imaginés sur la peinture de droite. À la mort d'Alexandre en -323, une forte tendance antimacédonienne se fit jour à Athènes et Aristote se retira dans une propriété de famille sur l'île d'Eubée au nord d'Athènes où il mourut l'année suivante, à 62 ans.

Oeuvres

Dans ses premières années à l'Académie, Aristote utilisa la forme du dialogue, comme son maître Platon, forme qu'il abandonna ensuite. Mis à part quelques fragments recueillis dans les ouvrages d'écrivains postérieurs, ses dialogues sont complètement perdus. Aristote composa aussi quelques brefs travaux techniques, tels qu'un dictionnaire des termes philosophiques et un résumé des doctrines de Pythagore, dont quelques courts extraits ont survécu. En revanche, nous sont parvenues les notes de cours qu'Aristote écrivit soigneusement et qui portent sur presque tous les domaines de la connaissance et de l'art. Les textes sur lesquels repose la réputation d'Aristote sont largement tirés de ces notes de cours recueillies et ordonnées après sa mort. Il est fort possible aussi que des autorités sectaires et rigoristes, tant musulmanes que chrétiennes, aient délibérément détruit certaines de ses oeuvres, notamment un traité sur l'amour aujourd'hui «perdu», parce qu'elles contredisaient avec aplomb leur morale dogmatique et puritaine.

Parmi ces textes, les traités de logique sont appelés OrganonInstruments»), parce qu'ils fournissent les moyens d'obtenir des connaissances positives. Ses travaux en sciences naturelles comprennent la Physique qui présente une grande quantité d'informations sur l'astronomie, la météorologie, les plantes et les animaux. Ses écrits sur la nature, les limites et les propriétés de l'être qu'Aristote appelait Philosophie première furent intitulés Métaphysique (vers -60) parce que, dans cette édition, ils faisaient suite à la Physique (méta en grec signifie après). Le Premier Moteur ou cause première, comme intellect pur, parfaitement homogène et immuable, «pensée de la pensée» selon son expression, se voit traiter dans la Métaphysique. Il dédia à son père Nicomaque son travail sur l'éthique connu sous le titre de Éthique à Nicomaque. Les autres ouvrages majeurs sont la Rhétorique, la Poétique (partiellement conservée) et la Politique (incomplète elle aussi).

Méthodes

C'est peut-être en raison de l'influence de son père, médecin de profession, que la philosophie d'Aristote mit l'accent principalement sur la biologie, à la différence de celle de Platon qui privilégie les mathématiques. Aristote pensait que le monde est constitué d'individus (substances) qui apparaissent dans les genres naturels fixes (espèces). Chaque individu possède un modèle spécifique de développement inné et croît en direction de l'auto-accomplissement adéquat à un spécimen de ce type. Croissance, fin et direction sont ainsi inscrites dans la nature. Bien que la science, selon Aristote, n'étudie que les genres, ceux-ci trouvent leur existence dans des individus particuliers. La science et la philosophie se doivent donc d'équilibrer et non pas seulement de choisir entre les prétentions de l'empirisme (observation et expérience du sensible) et du formalisme (déduction rationnelle).

Une des contributions caractéristiques d'Aristote à la philosophie est sa conception de la causalité ; chaque chose, pensait-il, réclame plus d'une « raison » qui permette d'expliquer ce qu'elle est, pourquoi et où elle est. Les premiers penseurs grecs avaient tendance à présupposer qu'une seule sorte de cause pouvait être vraiment explicative, Aristote, lui, en proposait quatre (le terme utilisé par Aristote aition, «facteur responsable, explicatif», n'est pas synonyme du terme cause dans son sens moderne).

Ces quatre causes sont la cause matérielle, la matière dont est faite une chose ; la cause efficiente, source du mouvement, de la genèse ou du changement ; la cause formelle qui est l'espèce, le genre ou type, et la cause finale, la fin, non au sens de terme, mais au sens d'intention ou de but. La cause finale signifie aussi le plein développement d'un individu, ou la fonction prévue d'une construction ou d'une invention. Ainsi, un jeune lion est-il constitué de tissus et d'organes, sa cause matérielle; ses parents qui l'ont engendré constituent sa cause efficiente ; son espèce, lion, est sa cause formelle, et sa cause finale est son impulsion innée à devenir un spécimen adulte. Dans des contextes différents, les quatre causes demeurent les mêmes, elles sont applicables par analogie. Ainsi, la cause matérielle d'une statue est le marbre dans lequel elle a été sculptée ; la cause efficiente matérielle est le sculpteur ; la cause formelle est la forme que le sculpteur a réalisée, par exemple Hermès ou Aphrodite, et la cause finale est sa fonction d'être une oeuvre d'art. Les modernes utilisent les expressions « caractéristiques», «interrelations», «fonctions», «rapports», mais ces mots modernes n'ont pas entre eux la même rigueur que les 4 causes d'Aristote.

Dans chaque contexte, Aristote insiste sur le fait que l'on comprend mieux une chose lorsque ses causes peuvent s'exprimer en termes spécifiques plutôt qu'en termes généraux. Ainsi, il est plus instructif d'apprendre qu'un sculpteur a fait la statue que d'apprendre qu'un artiste l'a faite, et encore plus instructif d'apprendre que Polyclète l'a ciselée plutôt qu'un sculpteur indéterminé.

Philosophie (dans l'antiquité, ce mot ne signifiait pas seulement «amoureux de la sagesse», mais tout simplement «homme de science ».

Physique

Les principaux textes dans lesquels Aristote traite de ces questions sont la Physique, Du ciel, De la génération et de la corruption et les Météorologiques.

En astronomie, Aristote considérait que l'univers était sphérique et fini, la Terre placée en son centre. La région centrale de l'univers est composée des quatre éléments proposée par Empédocle : terre, air, feu et eau. Selon le traité Du ciel, chacun de ces éléments a son lieu propre, déterminé par son poids relatif, sa «gravité spécifique». Chacun se meut naturellement en ligne droite «la terre vers le bas, le feu vers le haut», vers son lieu propre où il sera immobile. Ainsi, le mouvement terrestre est toujours linéaire mais s'arrête. En revanche, les cieux, qui sont toujours des dieux pour Aristote, se meuvent de manière naturelle et infinie. Elle suivent un mouvement circulaire complexe, doivent donc être composés d'un 5e élément différent qu'il appelait éther. Élément supérieur, l'éther est incapable de tout changement autre qu'un changement de lieu dans un mouvement circulaire. La théorie d'Aristote selon laquelle le mouvement linéaire a toujours lieu à travers un milieu de résistance est en effet valable pour tous les mouvements terrestres observables. Il affirmait aussi que les corps plus lourds d'un matériau donné tombent plus rapidement que les plus légers lorsque leurs formes sont identiques, position erronée qui fut acceptée comme un fait jusqu'au physicien et astronome italien Galilée qui procéda à des expériences avec des poids qu'il fit tomber de la Tour de Pise.

L'astronomie d'Aristote, qui s'opposait à celle plus proche de la vérité d'Hipparque et Aristarque, fut renversée par Copernic, sa physique par Galilée et Newton et cette dernière par Einstein pour les phénomènes électromagnétiques et atomiques de très haute vitesse.

Biologie

Près d'un tiers de l'oeuvre d'Aristote porta sur la biologie. Il fut un observateur incomparable. Les principaux textes abordant ces questions sont Histoire des animaux, les Parties des animaux, De la génération des animaux. Aristote étudia les fonctions des différentes parties des animaux, qu'elles soient particulières à une espèce ou communes à toutes, et la reproduction. Le type d'explication majeur adopté par Aristote est l'explication par la cause finale.

En zoologie, Aristote décrivit un ensemble de types naturels (« espèces ») se reproduisant selon le type parental. Une exception se produit, pensait-il, lorsque des vers et des mouches, animaux « très inférieurs », naissent de fruits pourris ou du fumier par « génération spontanée », car Aristote ne connaissait pas les micro-organismes invisibles l'oeil nu. Les cycles typiques de vie sont des épicycles; le même modèle se répète, mais par une succession linéaire d'individus. Ces processus sont donc intermédiaires entre les orbites invariables des astres et les simples mouvements linéaires des éléments terrestres. Les espèces s'échelonnent du simple (vers et mouches au bas de l'échelle) au complexe (êtres humains au sommet) ; l'évolution des espèces n'est pas considérée comme possible.

Psychologie

La psychologie était pour Aristote l'étude de l'âme qui, chez les Grecs, correspondait plus à ce que nous reconnaissons comme le système nerveux que comme un principe immatériel venu d'un autre monde. Cette dernière conception de l'âme est celle des néo-platoniciens dont nous avons hérité. Aristote pour sa part considérait l'âme à la façon d'une maison: la forme (essence ou élément caractéristique immuable d'un objet) et la matière (substrat indifférencié commun aux choses) coexistent toujours. Le Stagirite définit l'âme comme « le genre de fonctionnement d'un corps, organisé de telle sorte qu'il peut supporter des fonctions vitales ». Voilà qui est fort proche du système nerveux chez les êtres vivants. En considérant l'âme comme fondamentalement associée au corps, Aristote s'opposait à la doctrine pythagoricienne de l'âme qui en faisait une entité spirituelle emprisonnée dans le corps, et que Platon avait adoptée. La doctrine d'Aristote synthétise la conception antérieure selon laquelle l'âme n'a pas d'existence séparée du corps et la conception platonicienne et chrétienne de l'âme comme entité distincte et immatérielle.

C'est par l'opération de l'âme que les aspects moraux et intellectuels de l'humanité se développent. Aristote soutenait que l'intellect de l'homme dans sa forme la plus haute (nous poetikos, «esprit actif») est irréductible à un processus physique mécanique. Un tel intellect, cependant, présuppose un «esprit passif» individuel qui, semble-t-il, ne transcende pas la nature physique. Aristote exposa clairement la relation entre la compréhension humaine et les sens dans une formule qui est devenue le mot clé de l'empirisme : la connaissance se fonde sur l'expérience sensible ; « Il n'y a rien dans l'intellect, écrit-il, qui ne fut d'abord dans les sens. »

Sa psychologie demeure toujours éclairante, même si la psychanalyse et la psychologie expérimentale lui tournent le dos.

Éthique

Les principaux textes d'Aristote sur ce sujet sont Éthique à Nicomaque, Éthique à Eudème, la Grande morale.

Aristote estimait que le libre choix de l'individu rendait impossible une analyse absolument exacte des faits sociaux humains. En conséquence, les « sciences pratiques », comme la politique et l'éthique, ne recevaient le titre de sciences que par analogie. Les limitations inhérentes à la science pratique sont clairement illustrées par les conceptions aristotéliciennes de la nature humaine et de son accomplissement. La nature, définie par Aristote, est « ce qui est toujours ou le plus souvent ». Chez chaque individu, la nature humaine embrasse la capacité à prendre des habitudes ; mais les habitudes acquises par un individu particulier dépendent de sa culture et de ses choix personnels répétés. Tous les êtres humains recherchent le « bonheur » en tant que réalisation active et engagée de leurs capacités innées, mais ce but peut être atteint de multiples façons.

L'Éthique à Nicomaque présente une analyse du caractère et de l'intelligence dans leur relation au bonheur. distinguait deux sortes de « vertu » ou excellence humaine: la vertu morale et la vertu intellectuelle. La vertu morale est une expression du caractère formé par les habitudes qui reflètent des choix répétés. Une vertu morale est toujours le moyen terme entre deux extrêmes moins désirables. Aristote eut l'idée simple et féconde de partir du langage ordinaire, qui est le fruit d'une très riche expérience historique accumulée dans la langue. Dans le vocabulaire même des hommes on trouve à presque toutes les attitudes ou comportements humains une moyenne entre deux extrêmes. Ces trois termes forment un triptyque à l'intérieur duquel chaque homme choisit les trois degrés possibles de son action. Le courage, par exemple, est le moyen terme entre la lâcheté et la témérité inconsidérée ; la générosité entre l'extravagance et l'avarice. Les vertus intellectuelles, cependant, ne sont pas sujettes à cette doctrine du moyen terme.

En politique, il existe manifestement plusieurs formes d'association humaine ; les circonstances déterminent la forme appropriée, à savoir les ressources naturelles, les traditions culturelles, l'industrie et la culture de chaque communauté. Aristote ne considérait pas la politique comme l'étude d'États idéaux dans une forme abstraite quelconque, comme s'était plu à le faire son maître Platon qui avait pris la ville de Sparte militaire et disciplinée. Aristote passe plutôt à l'examen de la manière dont les idéaux, les lois, les coutumes et la propriété sont étroitement liés dans des cas concrets. Ainsi, bien qu'il approuvât l'institution de l'esclavage, propre à son temps, il tempéra son soutien en insistant sur le fait que les maîtres ne devaient pas abuser de leur autorité puisque les intérêts des maîtres et des esclaves étaient identiques. La bibliothèque du Lycée contenait une collection de 150 constitutions d'États grecs et étrangers. Aristote lui-même rédigea la Constitution d'Athènes. Par constitution, Aristote entend non seulement la forme juridique de l'État, mais le mode d'être général de la vie en société, avec ses moeurs, son système éducatif, les coalitions sociales au pouvoir, voire même le principe de vie sociétal (la guerre, la paix, le commerce, le plaisir ou la défense) qui gouverne le tout.

Logique

La logique d'Aristote, la partie la plus austère de son oeuvre, comprend six traités: les Catégories, De l'Interprétation, les Analytiques (Premiers et Seconds), les Topiques et les Réfutations sophistiques.

Il y entreprend l'étude de la proposition et l'étude du raisonnement, c'est-à-dire de la combinaison de plusieurs propositions. Aristote élabora en particulier des règles régissant l'enchaînement des idées dans le raisonnement qui, à partir de prémisses vraies, ne devraient jamais mener à de fausses conclusions (règles de validité). Dans le raisonnement, les relations fondamentales forment des syllogismes : des paires de propositions qui, prises ensemble, livrent une nouvelle conclusion. Dans le plus fameux exemple, les deux prémisses «Tous les hommes sont mortels» et «Tous les Grecs sont des hommes» établissent la conclusion que «Tous les Grecs sont mortels!». Descartes s'en moqua en disant que ce raisonnement ne lui apprenait rien qu'il ne savait déjà ! En vérité, cette formule illustre à la perfection le mode déductif de la connaissance; il est très utile moins pour découvrir des vérités nouvelles que pour classer des connaissances éprouvées. La science résulte, dit Aristote, de la construction de systèmes de raisonnement plus complexes. Dans sa logique, Aristote distingua entre la dialectique et l'analytique. La dialectique, selon lui, ne fait que vérifier la cohérence logique des opinions!; l'analytique procède déductivement à partir de principes fondés sur l'expérience et l'observation précise. Ceci représente clairement une rupture voulue avec l'Académie de Platon qui tenait la dialectique pour la seule méthode appropriée aussi bien à la science qu'à la philosophie.

Métaphysique

Dans sa Métaphysique, Aristote tenta de démontrer l'existence d'un être divin, décrit comme le Premier Moteur, principe de l'unité et de la finalité dans la nature. C'est sans doute par cet aspect de son oeuvre que les écrits d'Aristote furent sauvés de tous les bûchers que 2000 ans d'intolérance allumèrent contre les oeuvres dérangeantes et fortes du génie humain. Dieu étant parfait, toutes les choses dans le monde tendent donc vers lui puisqu'elles désirent toutes en partager la perfection. N'oublions pas que le Dieu d'Aristote est une planète, non un être transcendant, incarné ou révélé. D'autres moteurs existent de même, «les moteurs intelligents des planètes et des étoiles» (Aristote suggère que le nombre de ceux-ci est 55 ou 47). Mais le Premier Moteur ou Dieu, comme le décrit Aristote, se prête peu à des fins religieuses, ce que plusieurs philosophes et théologiens ultérieurs ont fait remarquer. Par exemple, le Premier Moteur ne prend aucun intérêt à ce qui se passe dans le monde, monde dont il n'est pas le créateur. Aristote limita sa «théologie» à une astronomie qui conclut son entreprise intellectuelle, et à ce que la science telle qu'il la conçoit exige et peut établir. Sa conclusion astronomico-théologique est fabuleusement visionnaire depuis que nous savons tout récemment que les constituants premiers de notre nature humaine (les molécules d'eau et le premiers éléments) naquirent, il y a combien longtemps, avec les étoiles.

Poétique 

Influence

Après le déclin de l'Empire romain vers +400, les ouvrages d'Aristote demeurèrent inaccessibles dans le monde occidental. Au IXe siècle de notre ère, des érudits arabes introduisirent Aristote en traduction arabe dans le monde islamique. Le philosophe hispano-arabe du XIIe siècle Averroès est le plus illustre des érudits arabes qui étudièrent et commentèrent Aristote. Au XIIIe siècle, l'Occident latin s'intéressa de nouveau à l'oeuvre d'Aristote et saint Thomas d'Aquin s'en servit par ses commentaires pour cimenter un fondement philosophique à la pensée chrétienne qui est essentiellement une pensée asienne, pré-rationalistes. Les autorités ecclésiastiques, --essentiellement répressives et totalitaires depuis l'empereur romain chrétien Théodose--, contestèrent d'abord la manière dont saint Thomas se servait d'Aristote!; dans la première phase de sa redécouverte, la philosophie d'Aristote fut traitée avec quelques réserves, surtout parce qu'elles croyaient que ses doctrines menaient à une vision athée du monde. Ils n'avaient pas complètement tort, car on ne devient pas instruit sans indépendance d'esprit. Néanmoins, l'oeuvre puissante de saint Thomas fut acceptée et la philosophie ultérieure de la scolastique poursuivit la tradition philosophique fondée sur l'adaptation par saint Thomas de la pensée aristotélicienne.

L'influence de la philosophie d'Aristote fut immense, tant la puissance de son génie est incomparable; il contribua même à former le langage et le sens commun modernes. Sa doctrine du Premier Moteur comme cause finale joua un rôle important en théologie, car les puissances totalitaires ecclésiastiques avaient habilement fait un allié d'un Aristote qui eût pu s'opposer à leur christianisme dogmatisé et violent. Jusqu'au début du XXe siècle, la logique d'Aristote était encore tenue pour la seule logique. Jusqu'à la Renaissance et même au-delà, les astronomes et les poètes révéraient sa conception de l'univers. Enfin, Aristote a survécu au discrédit où le tiennent encore un grand nombre de savants de sciences humaines pour l'unique raison qu'ils sont restés sur la fausse et triste opinion qu'il est un archaïque dictateur. Opinion qui révèle uniquement le fait qu'ils ne l'ont pas lu.

Texte tiré de l'encyclopédie «Encarta 96», article «Aristote», modifié et augmenté par Jacques Légaré, phd

Citations sublimes d'Aristote

Colligées par Jacques Légaré

Tirées de la Politique

«La Cité est l'universalité et la communauté des citoyens»

«La Constitution est l'ordre ou la distribution des pouvoirs dans un État, leur attribution, le siège de la souveraineté et la fin que se propose la société civile»

« La supériorité de courage n'est pas une raison d'asservir les autres»

«Les uvres de la vertu sont impraticables à quiconque mène une vie mécanique et mercenaire »

«Il n'est pas possible de commander qu'on ait auparavant obéi»

«Le savoir principal de celui qui commande est l'habileté »

«Les vertus acquiert les biens extérieurs, non l'inverse.»

«La meilleure existence, c'est la vertu et les moyens suffisants pour la pratiquer»

«Il est illicite de commander sans aucun droit, à plus forte raison contre tout droit. Une victoire injuste ne peut être un juste titre»

«Entre semblables, l'honnêteté et la justice est d'avoir chacun son tour, ce qui seul conserve l'égalité»

«Seul l'État honnête fait des citoyens heureux»

«Tout législateur doit subordonner la guerre et toutes les autres lois au repos et à la paix»

«La paix doit être la fin de la guerre»

«La perfection de l'État se définit par celle des particuliers»

«L'éducation doit se modeler sur la forme du gouvernement»

«La musique est le principe de tous les charmes de la vie»

«La royauté peut se corrompre en tyrannie, l'aristocratie en oligarchie, la république en dictature populaire et la démocratie en anarchie.»

«Les barbares supportent sans murmure qu'on les commande en maître»

«Il est démocratique de tirer au sort les magistrats, oligarchiques de les élire»

«Les gens libres gouvernent en démocratie, les gens riches en oligarchie»

«Une démocratie se compose de plusieurs classes: agriculteurs, artisans, commerçants, gens de mers, manoeuvriers, guerriers, magistrats, riches, officiers ministériels et fonctionnaires. Mais deux classes les départagent encore mieux: les riches et les pauvres»

«Où les lois n'ont point de force, il ne saurait y avoir de république»

«Le courage et l'intelligence sont les deux principales vertus du politique»

«Il ne faut être rude envers personne»

«La loi, médiatrice entre les adversaires, est l'esprit dégagé de toute passion»

«La multitude juge mieux qu'un particulier, quel qu'il puisse être»

«L'amitié suppose de l'égalité et de la ressemblance»

«Ne sont point naturelles, et elles seules, la monarchie absolue et les républiques immodérées»

«Le but de la politique est la justice, inséparable de l'intérêt commun»

«Les égaux doivent se garder d'exiger l'égalité en tout, et les esprits supérieurs de la supériorité absolue»

«Chacun, en politique, est moins bon à juger qu'un savant, mais tous ensemble nous le sommes mieux que lui»

«Le fondement du gouvernement démocratique est la liberté de commander et d'obéir chacun à son tour»

«La liberté indéfinie ou absolue porte à la méchanceté»

La meilleure constitution est celle qui convient au plus grand nombre d'hommes et au plus grand nombre d'États possibles»

«La vie heureuse consiste dans l'exercice libre de la vertu, et la vertu dans la moyenne, qui est bonne en tout»

«Les meilleurs législateurs provenaient de la classe moyenne»

«La qualité du citoyen se définit par la liberté, la fortune, le savoir et la noblesse»

«L'État est plutôt ruiné par la cupidité des riches que par celle des pauvres»

«La sédition naît des inférieurs qui veulent devenir égaux et des égaux pour devenir supérieurs »

«Seule est juste la répartition selon le mérite»

«Dans la vie en société, la richesse et la pauvreté, la vertu et le vice sont incompatibles»

«L'effronterie des démagogues altèrent la démocratie»

«L'insouciance sur les petites choses amène, aggrave, puis détruit tout ordre»

«Il n'y a pas d'État stable sans égalité proportionnelle au mérite et la volonté générale de rendre à chacun ce qui lui est dû»

«Le tyran recherche la volupté et l'argent de tout le monde»

«La haine et le mépris sont les deux causes par lesquelles on conspire contre la tyrannie»

«Observer soi-même que rien ne se fasse contre les lois et les coutumes conserve la République»

«Les citoyens avertis se tiennent toujours sur leur garde»

«Les magistratures ne doivent pas être lucratives»

«Le riche de grand sens et d'âme noble protège les pauvres et leur donne l'occasion et les moyens de travailler»

«Dans nos démocratie règne une liberté mal entendue: l'autorité de la majorité et la liberté fantaisiste de chacun»

«Le mal ne vient pas de la propriété des biens mais de l'improbité des hommes»

Tirées de la Rhétorique:

«Les dieux ne savent pas tout, encore moins les hommes»

«lorsqu'on traite une question, les faits particuliers ont plus de poids que les généralités»

«Rien ne peut commencer à être de ce qui est impossible»

«Toutes choses existent à partir d'un commencement»

«Le bonheur nous rend plus orgueilleux et plus déraisonnables»

«La dignité est une gravité où l'abandon s'allie à la bienséance»

«La jeunesse est brave mais intempérante, la vieillesse est tempérante mais timorée»

«Les besoins sont des appétits»

«On a honte par rapport à l'opinion de ceux que l'on considère»

«C'est par l'intention que l'homme injuste est injuste»

«Le colérique éprouve de la peine, le haineux non»; «la colère ne s'attaque pas à ce qui est juste, la haine si»

«La colère a rapport avec ce qui nous touche personnellement, la haine est indépendante de ce qui touche notre personne»

«Aimer, c'est vouloir pour quelqu'un ce qu'on croit lui être un bien. Nous aime celui qui s'égaie de ce qui nous est bon et se chagrine pour ce qui nous afflige»

«Le mépris n'est pas douloureux, la colère si.

«Une attitude humble fait tomber la colère»

«Les jeunes gens et les gens riches sont portés à l'insolence, dont les insultes leur procurent une supériorité»

«Il y a trois espèces de mépris: le dédain, la vexation et l'outrage»

«L'espoir de la vengeance est le plaisir de la colère»

«La passion nous modifie, même nos jugements, par le plaisir ou la peine»

«La loi est une convention, mais le juste est fondé sur la nature»

«Il est plus honnête d'invoquer et d'exécuter les lois non écrites que les lois écrites»

«On est d'autant plus honnête qu'on est pas obligé»

«Une sévérité différente s'applique à un accident, à une faute, à une injustice»

«Le caractère malfaisant et injuste d'un acte vient de la préméditation»

«L'équitable, c'est le juste indépendamment de la loi écrite»

«Il est presque juste de rendre coup pour coup»

«ce qui est conforme à la nature est agréable» & «L'habitude rend tout agréable»

«Le désir passionné est une aspiration vers l'agréable»

«La perpétuité est un des caractères de la nature, la fréquence de l'habitude»

«Les études sont choses pénibles (...) mais l'habitude rend tout agréable»

«Les actions indépendantes de la nature (...) origine du hasard»

et je terminerai plus tard ! citations belles comme l'Olympe !, colligées par Jacques Légaré jlegare@altavista.com

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