Activité d'Intégration
(Épreuve-Synthèse de programme: Sciences humaines)
Protocole de travail étudiant
par
Jacques Légaré, ph.d.
(. 878-3661
courriel: jklegare@hotmail.com
Site Web: http://http://iquebec.ifrance.com/oeuvres-de-jacques-legare/
TABLE DES MATIÈRES
Les sciences humaines.............................................................................................................................1
I. Principes de l'Activité d'intégration.................................................................................................2
Un exemple d'intégration: Pourquoi lady Di...? .............................................................................3
II. Les sujets pratiques et théoriques de l'Activité d'intégration..................................................4
Comment analyser disciplinairement tout sujet en sciences humaines...................................11
III. Les modalités de rédaction du Rapport......................................................................................13
Les horaires de chacun: étudiant, professeur, coéquipier.............................................................14
IV. Le Rapport.........................................................................................................................................15
Les fiches..............................................................................................................................................16-17
V. La qualité stylistique........................................................................................................................20
VI. Exercice stylistique: la farniente d'Albert..................................................................................22
VII. Exercices préparatoires: résumé à la Bibliothèque d'un article d'Universalis................24
Modèle de mise en page.......................................................................................................................25
VIII. Vérification ultime avant l'impression.....................................................................................27
.
IX. L'évaluation finale de l'activité et du rapport par le professeur.......................................28
La déclaration solennelle & Page-titre obligatoire (à photocopier).......................................29-30
X. La conférence en classe par l'étudiant........................................................................................31
XI. Pré-évaluation étudiante de groupe & Le canot du téméraire...........................................33
XII. Ordre du jour et cheminement pas à pas des premiers cours.........................................35
XIII. Entrevue de mi-session & XIV. Les derniers cours.............................................................36
L'Évaluation finale de votre Activité d'Intégration.........................................................................37
XV. Exercice de réflexion disciplinaire...............................................................................................38
XVI. Exemples de discours intégratifs................................................................................................71
XVII. Votre Journal de bord, Agenda et Bloc-notes.....................................................................100
Les Sciences humaines
Les sciences humaines sont nées, comme les sciences de la nature, en Grèce il y a plus de 2500 ans par ce qu'on a appelé " le miracle grec ". Les Grecs anciens, en effet, furent les plus brillants esprits de l'Histoire du monde. Même les Modernes, quand ils les connaissent bien, le reconnaissent. Aujourd'hui, les sciences humaines sont plus d'une centaine à tenter de saisir le phénomène humain dans toute sa diversité et sa mouvante complexité. Elles tentent, avec ferveur et audace, de donner la mesure de l'homme qui, sans cesse, s'échappe de lui-même tant il est imaginatif et créatif. Réflexion ordonnée et méthodique, les sciences humaines s'occupent de l'individu comme de la société, des pays comme des civilisations, tant présents que passés. Elles aboutissent à des savoirs fragiles et parcellaires qui s'ajustent entre eux, ou se récusent! Elles proposent à tous les hommes une lecture en plusieurs dimensions de leur propre condition. Cette richesse est constituée et enrichie de la vitalité présente de l'Humanité elle-même, des trésors des acquis culturels de son histoire, voire même de ses ressources biologiques propres. Plus encore, les sciences humaines permettent la résistance à tous les pouvoirs non librement acceptés et l'adhésion volontaire et lucide aux grandes valeurs de l'Humanisme moderne, dont la source est multimillénaire. Elles sont un des instruments les plus sûrs de l'émancipation et de l'épanouissement personnels. En font partie les disciplines regroupées sous le nom de " Français " (linguistique, études littéraires, etc.) que l'administration scolaire a arbitrairement séparées du grand corps des Sciences humaines. En fut tout aussi arbitrairement séparée la Philosophie, qui est la mère de toutes les sciences, humaines comme physiques; elle s'occupe désormais de l'éthique et de la connaissance en tant que sciences. En font même partie les techniques, (au sens grec: celles qui agissent de l'homme sur l'homme), comme le Droit et l'Administration. Elles sont rationalistes et positivistes, car elles n'acceptent comme crédibles que les faits de raison, constatés et analysables. Elles refusent qu'il y ait de l'inintelligible, même si elles savent ne pas tout savoir. Elles refusent les explications, tenues à tort pour vraies, dans les fables, les mythes, les sectes grandes ou petites, à moins de les étudier à leur tour comme objets imaginaires, passionnants à connaître. Elles affectionnent l'audace intellectuelle qui renverse les théories les unes par les autres. Quel paradoxe que leurs vérités les plus solides soient provisoires par la volonté humaine de savoir par delà ce qui est su ! Sans leur développement et leur diffusion, les groupes humains courent les plus grands dangers, nous apprirent les siècles passés. Elles parlent toutes de l'homme et de ses milliers de façons d'être, d'agir et de réfléchir, car les sciences humaines sont nées dans une civilisation qui, la première, a affirmé hautement que "L'homme est la mesure de toute chose" et que "Rien de ce qui est humain ne doit nous être étranger".
Jacques Légaré
ACTIVITÉ D'INTÉGRATION
Protocole de travail étudiant par Jacques Légaré, ph.d.; tél. (418) 878-3661; bureau 276
I. PRINCIPES
Pourquoi à leur mort respective Lady Di
reçut-elle du monde entier plus de fleurs
que Mère Teresa ?
Administration
Parce que le star system a mieux géré la surexposition médiatique et l'image de Diana que celles de Mère Teresa.
Anthropologie
Parce que la mort est plus éclatante quand elle frappe la jeune Diana que la vieille Mère Teresa.
Économique
Parce que Diana était plus riche que Mère Teresa.
Histoire
Parce que Mère Teresa représentait un catholicisme piétiste, une valeur du passé, et Diana un semi-féminisme édulcoré, une valeur présente.
Politique
Bien que toutes deux respectueuses de lois, Diana s'affichait rebelle à l'égard de la tradition, mais Mère Teresa en réaffirmait plutôt les valeurs les plus anciennes.
Psychologie
Parce que Diana était de loin la plus belle, et que plus de femmes se représentaient en elle, voire plus d'hommes la désiraient. L'identification prévaut sur l'admiration.
Sociologie
Parce que Diana faisait partie de l'élite sociale et le groupe dominant, et Mère Teresa représentait son extrême contraire, les plus pauvres.
Géographie
Parce que Mère Teresa était albanaise, donc marginale, et Diana était anglaise, donc centrale.
Philosophie
Parce que toute civilisation, culture ou société préfère la beauté à la bonté.
Jacques Légaré
II. LES SUJETS DE L'ACTIVITÉ D'INTÉGRATION
Le masculin vaut pour les deux genres, et le mot « étudiant », plus mature, est préféré à « élève ».
Les sujets sont, soit pratiques soit théoriques, et demeurent au choix libre de l'étudiant.
Les plus faciles sujets consistent en une lecture multidisciplinaire d'un volume ou d'une écoute vidéo. Les autres sujets, plus difficiles, seront forcément notés avec plus de générosité.
Les sujets pratiques doivent être accompagnés, quand c'est possible, de lectures substantielles et appropriées.
A) les sujets pratiques
B) les sujets théoriques
Inscrivez ici votre choix:________________________________________________________________________
Notez ici vos lectures préalables (dictionnaires, encyclopédies, manuels, revues, sites Internet, etc.):
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Faites la liste des concepts présumés (tirés des index de la table des matières de vos manuels disciplinaires) que vous utiliserez vraisemblablement en vue d'une analyse et compréhension approfondie de votre sujet:
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D) Comment analyser multidisciplinairement tout sujet en sciences humaines ?
Voici quelques éléments qui illustrent le traitement multidisciplinaire (intégratif) d'un sujet quelconque.
1. Le premier est un tableau qui présente la façon dont différentes disciplines ont tenté, par des concepts, d'intégrer la notion de temps dans les faits ou les éléments qu'elles analysent.
| LES DIVERS NIVEAUX TEMPORELS DE L'ANALYSE MULTIDISCIPLINAIRE | ||||||
| Éléments ou faits | Économique | Sociologique | Politique | Juridique | Culturel | Historique |
| Instables | La conjoncture | L'opinion | L'événement | Le jugement | La mode | L'interprétation |
| Stables | Les structures | Les murs | Les partis et les programmes | Les lois | Les écoles | La chronologie |
| Très stables | Les régimes | La population | L'idéologie | La constitution | Les genres | Les périodes |
(sur les pages suivantes)
2. Le 2e tableau (p.12) émet une hypothèse avec deux disciplines, la Philosophie et le Droit. « Les hommes font-ils des choix éthiques, sur la peine de mort et sur l'avortement, en fonction de la conception métaphysique qu'ils se font de leur propre mort ? » Une enquête d'opinion de milliers de personnes validerait ou infirmerait l'hypothèse.
À la fin du document figurent les autres exemples suivants:
3. Le 3e tableau (p. 75) n'est que la table de matières générale qui conviendrait à tout livre d'histoire, de politique, de polémologie qui analyserait le phénomène de la guerre, ou n'importe quelle guerre historique. En guise d'exemple pratique, cochez vous-même le nombre de disciplines utilisées dans cette table des matières.
4. Le 4e tableau « La primauté du droit » (p. 71) démontre que la volonté du peuple, et non le droit, est pas première. L'actualité politique, l'Histoire et la Philosophie sont sollicitées pour justifier cette primauté.
5. Dans « Les Pacifismes » (p. 76b) Histoire, Philosophie, Politique et Sociologie sont associées pour répondre à la question: Les grands humanistes ont-ils voulu le même type de paix entre les hommes ? Bien sûr que non...
6. Le sexe et l'immortalité (p.77) est un autre exemple d'analyse pluridisciplinaire.
7. Dans l'exemple le plus complet dont vous disposez (p. 79) d'une intégration multidisciplinaire « L'Évolution historique de l'humanité vers la Paix », parcourez la table des matières ci-jointe et l'introduction, puis identifiez toutes les disciplines qui ont été utilisées par l'auteur en 9 ans de travail pour faire le tour de son sujet.
8. Le 5e tableau « Les 5 grands mouvements culturels d'Occident » illustre (p. 89) comment l'Histoire, qui étudie les événements passés, se sert des concepts (ici en 43 thèmes) des autres disciplines pour faire le tour complet de 5 grandes idéologies et mouvements culturels. En somme, chaque discipline emprunte à l'autre ses concepts pour identifier toutes les facettes de son propre objet.
Intégrer est donc relativement facile. Il suffit d'utiliser les concepts des autres disciplines pour comprendre votre sujet à fond qui, de prime abord, relève d'une discipline principale.
Pour trouver les concepts exacts qui s'appliquent à votre sujet, faites le tour des tables de matières et des index de vos différents manuels.
III. MODALITÉS
Transcrivez votre propre horaire à gauche de /, et celui de votre professeur à droite de /
| HIVER 97 | LUNDI | MARDI | MERCREDI | JEUDI | VENDREDI |
| 8.15 | / | / | / | |/ | / |
| 9.10 | / | / | / | / | / |
| 10.10 | / | / | / | / | / |
| 11.10 | / | / | / | / | / |
| MIDI | |||||
| 13.10 | / | / | / | / | / |
| 14.10 | / | / | / | / | / |
| 15.10 | / | / | / | / | / |
| 16.10 | / | / | / | / | / |
Vos coéquipiers: Nom____________ Téléphone:____________ Nom________________ Téléphone___________
Voici l'horaire (s) de votre (vos) coéquipiers éventuels de part et d'autre du /:
| HIVER 97 | LUNDI | MARDI | MERCREDI | JEUDI | VENDREDI |
| 8.15 | / | / | / | / | / |
| 9.10 | / | / | / | / | / |
| 10.10 | / | / | / | / | / |
| 11.10 | / | / | / | / | / |
| MIDI | |||||
| 13.10 | / | / | / | / | / |
| 14.10 | / | / | / | / | / |
| 15.10 | / | / | / | / | / |
| 16.10 | / | / | / | / | / |
Remarques personnelles:
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IV. Le Rapport de l'Activité d'intégration
Rapporter, c'est traduire dans un texte cohérent, avec ordre et méthode, tous les aspects ou les plus intéressants, de votre Activité d'intégration, comme si vous la racontiez à quelqu'un d'autre qui n'y a pas participé.
Dans ce Rapport, vous avez le choix du sujet de votre Activité, mais vous respectez intégralement la méthode décrite ci-après. Comme dans une maison: le même solage pour tous, la variété personnelle totale pour le reste. Tout ce qui n'est pas spécifié dans ce Protocole appartient à votre entière liberté. Vous choisissez d'abord un sujet parmi ceux de la liste. Si vous souhaitez traiter un sujet qui n'est pas sur cette liste, vous pouvez proposer un sujet que devra approuver votre professeur; il ne doit pas reprendre un sujet déjà traité dans un autre cours. Vous inscrivez sur une feuille votre choix d'Activité, les 3 que vous préférez et numérotez en ajoutant votre nom, votre numéro de téléphone et celui de votre groupe. Pour la plupart, il s'agit d'un travail individuel et personnel. Même dans le cas d'un travail de groupe, chacun rédige un Rapport individuel. Par tirage au sort, votre choix définitif vous sera confirmé. Dans certains cas, le sujet pourrait être fractionné.
I. LE PLAN
Il doit être divisé ou composé d'au moins 4 des 9 disciplines suivantes: Administration, Anthropologie, Économique, Géographie, Histoire, Politique, Philosophie, Psychologie, Sociologie. À vous de choisir les 4 qui conviennent le mieux au sujet de votre Activité. Laissez transparaître un ordre, une logique, une cohérence. Indiquez le principe d'ordre de chaque partie du plan (chronologique, de l'abstrait au concret, du simple au complexe, du général au particulier, etc.).
Les sous-divisions de vos 4 divisions appartiennent au vocabulaire des 4 disciplines choisies. Si vous manquez d'inspiration, feuilletez un dictionnaire spécialisé, lisez la table des matières ou l'index d'un de vos manuels de Sciences Humaines. Les mots vous suggéreront des idées. Par exemple, pour la discipline Histoire, les sous-catégories peuvent être:
a) Chronologiques: cela veut dire par année, par siècle, par grande période (au choix).
b) Thématiques: n'importe quel thème: personnage, lieu, action, événement, etc.
Dans la discipline Économique, les sous-catégories peuvent être Production, Circulation, Répartition, Consommation. Et ainsi de suite pour tout autre discipline. Puisque la table des matières reproduit votre plan, évitez qu'elle ressemble à un fourre-tout, à un débarras sans ordre. Elle doit respirer un ordre croissant, logique.
Toute table des matières doit contenir les 5 niveaux: I. A. 1. a. i., et les sous-divisions en phrases complètes.
II. LA MÉTHODE
Procédez avec ordre, sinon vous allez prolonger la durée de votre travail et composer tout croche. Suivez exactement cette méthode pour la composition de votre Rapport. Distinguez-la bien de celles requises par votre recherche proprement dite. La ou les méthodes de recherche pour votre sujet particulier sont différentes et variées.
1. Recherche de la documentation:
ii) par les mots synonymes ou connexes à votre sujet. "Napoléon" c'est aussi "Histoire de France"!
Le rayon des livres d'Histoire est situé au R-900; "R" veut dire Références. Chaque discipline a son aire, son rayon particulier.
2. Prendre des notes sur des fiches:
Achetez les fiches les plus petites, car elles vous seront plus pratiques, avec des onglets séparateurs de couleurs. Avec l'ordinateur, utilisez le programme Fiches, (l'ancien Cardfile.exe de Windows 3.1) que votre professeur vous donne sur votre disquette. Il vous permet de faire des fiches et de les utiliser très facilement lors de l'étape de la composition. Composez directement dans votre traitement de texte préféré sous Windows (Wordpro; WordPerfect, Wordpad, Word). Avec Windows 95, allez à la suite: Démarrez ? Programmes ?Accessoires ? Wordpad (le plus léger). Ou bien: Démarrez ? Programmes ? Word (le plus complet; à conseiller)
a) Deux exemples d'une fiche-titre pour un volume (R1) et pour un article (C1)
Remarquez:
1. "C" ou "R", est la première lettre du nom de l'auteur, qui identifiera toutes les fiches, et 1 indique que c'est la toute première fiche que vous faites à partir de cet ouvrage.
2. Tout titre de volume, dictionnaire et journal est souligné, mais non les titres de chapitre et d'article.
3. Tout titre d'article est en italique et "entre guillemets". 4. Pour Internet, vous mettez l'adresse « http://www. ect., »
5. Coloriez au feutre de couleur vive la bordure supérieure de votre fiche-titre pour un repérage facile.
6. Dans une petite boîte de rangement de vos fiches, achetez des fiches à onglets pour les séparer utilement.
7. Complétez à la toute fin votre table des matières en vue d'une pagination correcte. Justifiez votre texte.
3. Insertion d'idées personnelles
J'espère que vous apporterez des idées personnelles afin d'éclairer votre sujet avec originalité, voire profondeur. Distribuez-les dans votre document dans les 4 parties disciplinaires du plan en indiquant expressément qu'elles viennent de vous. À cette fin, utilisez les formules suivantes: "D'après nous", "nous croyons", "nous estimons", "il nous semble que", "nous avons la certitude que", ou d'autres formules très claires du même genre. Si l'idée personnelle vous vient lors de lectures, du travail sur fiches, voire en pleine action d'une activité pratique, faites une fiche-citation avec la mention RP, pour Réflexion personnelle, et transcrivez votre réflexion sans guillemets. Tout ce qui n'est pas spécifié dans ce Protocole relève de votre décision personnelle. L'imagination et la créativité personnelles sont votre gloire ! À l'inverse, gare au plagiat !
b) Exemples d'une fiche-citation ordinaire + fiche-citation de Réflexion Personnelle
É É
Vous lisez vos volumes, vous vivez votre expérience, vous agissez dans l'action, en ayant bien en tête que vous composerez un Rapport, c'est-à-dire en remplissant plus de 200 fiches. Peu de fiches, inférieures à 200, indique que vous avez soit peu lu, soit lu sans méthode ou trop vite. Écrivez-les rigoureusement de cette façon:
4. Classement des fiches selon l'ordre du plan disciplinaire :
Vérifiez si toutes vos fiches possèdent leurs références complètes. Cette partie du travail est difficile, car il faut que vos fiches soient bien en ordre à l'intérieur même des parties pour que la rédaction en soit plus aisée. Ensuite, classez toutes vos fiches en 4 paquets correspondant aux 4 parties du plan. Enfin, classez les fiches ainsi réunies en un ordre cohérent et logique à l'intérieur même de chacune des 4 parties disciplinaires. Isolez les fiches-titres en un paquet séparé par ordre alphabétique des auteurs et retranscrivez-les tout simplement sur une page qui devient ainsi la mediagraphie de votre Rapport.
5. Rédaction en 4 parties selon les 4 divisions disciplinaires du plan:
Écrivez en 12 points et à interligne 1½, comme ici. Si vous utilisez un Mac, remettez au professeur votre disquette transformée en PC. Sur PC, la maîtrise de Windows et d'un traitement de texte sous Windows (cf. Wordpro) est obligatoire. Vous rendez Rapport avec votre disquette. Pour le prouver, des questions vous seront posées pour vérifier que vous n'avez pas fait faire votre travail ou la saisie sur traitement de texte par quelqu'un d'autre. La disquette contient deux fichiers: celui des fiches, avec extension .CRD (Fiches de Windows) et celui de votre travail proprement dit (de 14 pages) en 1 seul fichier avec l'extension de votre traitement de texte, telles .LWP pour Wordpro, ou .Doc si vous travaillez sous Word, ou .WP pour Wordperfect. Mais choisissez Wordpro, c'est le meilleur... Soyez prudents: sauvegardez toutes le 10 minutes. Sauvegardez sur une 2e disquette tous les jours.
Composez une introduction et une conclusion en 1 paragraphe chacun. Jamais une seule phrase érigée en paragraphe. Insérez au moins un tableau, un graphique, une photo (1 des trois) à même votre traitement de texte en guise de preuve de sa bonne maîtrise. Reprenez dans le texte uniquement les grandes parties de la table des matières. Au début de chaque partie disciplinaire, inscrivez en citation la définition de la discipline prise dans le dictionnaire Le Grand Robert.
Distinguez une citation (phrase d'un auteur entre «»), que vous terminez d'un numéro en exposant3, et sa référence (Auteur, titre, etc.) que vous insérez en bas de page avec le même numéro3. Vous composerez votre texte à l'aide de vos fiches-citations, une par une. Utilisez les plus pertinentes. Vous indiquerez, en les numérotant, les références des citations et des idées qui sont sur vos fiches. Vous transcrivez au bas de la page les références qui correspondent aux numéros que vous utiliserez à la fin d'une phrase pour marquer où, dans le texte, vous avez amené l'idée ou la citation. Attention ! une phrase sans référence indique que l'idée qu'elle exprime vient de vous. Il faut que vous montriez, par les références, l'origine de toutes vos affirmations. D'où l'importance de faire de bonnes fiches et de ne jamais oublier d'y inscrire la référence. Un maximum de 3 citations par page, de préférence courtes. Un minimum de 3 références par page. De légères dérogations sont permises. Tout paragraphe doit être référencé. Le texte "entre guillemets" ne doit pas dépasser le 1/5 du total d'une page. Vous recomposez le texte d'une citation dont vous enlevez les guillemets, mais vous indiquez par référence en bas de page d'où vous en tenez l'idée; sinon, c'est du plagiat qui sera sévèrement noté à la baisse. Bref, votre texte, émaillé de citations et toujours référencé, doit être une composition personnelle.
Distinguez une certitude (conclusion démontrée, statistiques vérifiées, preuve) et une allégation (hypothèse, opinion, soupçon, croyance, intuition, argument d'autorité,). Donnez une facture convaincante à votre paragraphe ou votre chapitre en les terminant par une certitude....
6. Les concepts disciplinaires les plus recherchés
Après la rédaction, relevez et retranscrivez sur une page les concepts disciplinaires les plus recherchés de votre Rapport, tels PNB, élasticité, inconscient, acculturation, transfert, régression, etc. N'inscrivez aucun terme banal, tels revenu, groupe, comportement, gouvernement. Une citation tirée des 4 manuels disciplinaires clôt vos parties.
7. La touche finale
Passez votre texte à trois correcteurs: orthographique, grammatical et synonyme. C'est capital.
À la toute fin, rougissez chaque fiche utilisée; indiquez en haut à droite la page du Rapport où elle a été utilisée.
Votre Rapport, tant pour les activités pratiques que théoriques, devra comporter 24 pages, dont 20 de 10 000 mots minimum de texte composé à interligne simple ou 1½, en Tms New Roman comme ici. Comptez-les avec votre traitement de texte (voir dans << Propriété du document. << Entre 10 000 et 12 000 mots, en 20 pages. Ce nombre inclut les références de bas de page. Transcrivez-le sur la page titre. Vous pouvez dépasser légèrement le nombre de 20 pages de texte, 24 avec annexes. Vous ne pouvez vous servir de votre Rapport lors de votre mini-conférence.
En début de ces 20 pages composées, vous ajoutez la page-titre avec votre nom, votre numéro de groupe____, et le sujet; ensuite, la lettre de Déclaration solennelle, ci-jointe, que vous n'avez qu'à signer; une page pour la table des matières où doit figurer le plan détaillé. Le plan détaillé, ce sont vos 4 parties disciplinaires du plan avec 3 à 4 subdivisions chacune. Insérez les 5 annexes (tableaux statistiques, cartes géographiques photocopiées, photos, graphiques, etc.) les plus pertinents, dans le texte ou avant une page mediagraphique sur laquelle vous indiquerez toutes les sources (volumes, atlas, Internet, les personnes rencontrées, les lieux visités, etc.) que vous avez consultées, par ordre alphabétique (des personnes, d'auteurs ou, à défaut, de titres. Cela correspond tout simplement à vos fiches-titres que vous avez compilés sur une page. Une page de glossaire des concepts, une page des erreurs et défauts... Enfin, boudinez votre rapport. Vous remettez toutes vos fiches-titres et fiches-citations, en un seul paquet ficelé, avec votre nom et le numéro de groupe sur la toute première fiche; par-dessus elle et ficelée au paquet, la disquette sur laquelle vous inscrivez très proprement en lettres moulées votre nom, le nom de l'Activité, et le nom de votre traitement de texte. Si vous avez travaillé en plusieurs fichiers séparés, regroupez-lest en un seul fichier: votre-nom.doc
En résumé:
Les deux premières semaines, (6 heures de cours), tous les étudiants doivent venir à la Bibliothèque, où je prendrai les présences, afin de lancer la 1ère partie de votre recherche. Vous ferez le tour de votre documentation (volumes, vidéos, diapositives, Internet) et vous la mettrez sur vos fiches-titres. Venez me consulter après avoir relu ce protocole qui contient sans doute la réponse au problème qui vous préoccupe.
Je répète le plus important: le plus gros défaut à éviter à tout prix, c'est le refus d'appliquer cette méthode et essayer bêtement de la contourner pour faire plus facile et plus vite. Convainquez-vous qu'elle vaut son pesant d'or dans les travaux intellectuels. Elle vous permettra d'obtenir avec succès votre Baccalauréat, votre Maîtrise, même votre Doctorat, car l'esprit bien ordonné travaille toujours de la même manière. L'essentiel est ceci: ne plagiez pas les livres. Toute citation doit être en italique et «entre guillemets» avec référence en bas de page et toute idée autre que la vôtre doit être suivie aussi de la référence. Vous devez composer, non copier. Dans le cas d'activité plus pratique, vous racontez l'expérience et vous la parsemez de réflexions disciplinaires en utilisant les concepts clés de chaque discipline. Même dans le cas d'une activité pratique, des lectures appropriées et de qualité sont essentielles. Vous composez pour prouver votre maîtrise des connaissances des sciences humaines dans la compréhension de votre sujet, dans les actions que vous avez exécutées, et que vous êtes capables de distanciation critique et réflexive sur votre propre action. Vous avez droit à vos opinions les plus personnelles, qui seront respectées.
Dans la Déclaration solennelle, soyez solidaires des étudiants honnêtes uniquement.
Suivre à la lettre la méthode proposée est d'une importance capitale parce que, dès que j'ai la certitude que vous avez impeccablement suivi la méthode, je commence à corriger à partir d'un niveau de réussite de 60%. Sans cette méthode, ce niveau sera de moins 60%. Commencez dès maintenant, car tout retard vous fait courir un risque très grave d'échec en raison des fins de semestre alourdies par tous les examens de tous les autres cours. Composez une page de toutes les exigences (30 environ) de ce Protocole avant l'impression, et cochez pour vérification finale.
Date de remise du Rapport:_____________ Date de présentation en classe de votre Activité:_________________
V. La qualité stylistique
L'art de bien écrire embellit votre texte et augmente sa force de conviction. Mettez en italique les noms de compagnies, d'équipes, d'institutions, d'uvres. Par la négative, éliminez toutes ces inélégances qui trahissent la pauvreté de la culture littéraire d'un auteur, fut-il fort savant. Bannissez ces expressions cloches: en ce qui a trait à, en ce qui concerne, en tant que tel, et ce, au niveau de, en ce qui regarde, du fait que, en raison du fait que, comme étant; comme c'en est le cas pour, De préférence, utilisez les substantifs en non les verbes. Évitez les inutiles qui a été ou qui ont été, qui sont inutiles, car le participe passé du verbe suffit. Évitez aussi étant considéré comme, étant donné, comme tel, qui sont vides de sens. Remplacez tous les verbes banals tels faire, voir, donner, dire, prendre, par des verbes plus recherchés et trouvés dans votre dictionnaire de synonymes de votre traitement de texte. Comptez systématiquement le nombre de fois où les verbes être, avoir, faire, voir auraient pu être remplacés par des substituts plus recherchés. Remplacez le « on » par un sujet précis. N'érigez pas une seule phrase en paragraphe; tout paragraphe se compose de 3 phrases minimum. Évitez de minorer vos affirmations par l'emploi de deux verbes dont le premier diminue la force du 2e: il sut prouver au lieu de il prouva; il se décida à chanter au lieu de il chanta, désire se procurer pour tout simplement désire; pour pouvoir donner au lieu tout simplement pour donner. Utilisez les chiffres au lieu des lettres pour les nombres. Utilisez le mot « donc », non en début de phrase, mais en 3e mot de la phrase. À la fin de toute grande partie, terminez par une phrase qui introduit la suivante. Trouvez les synonymes français du « comme », les for et as anglais; vérifiez-les au dictionnaire et préférez-leur: en guise de, à l'égard de, en vue de, pour, afin de, etc.
N'oubliez pas: 1 point perdu par inélégance stylistique, et 2 points par faute d'orthographe/syntaxe, voire même l'exigence de réimprimer une deuxième fois votre Rapport pour en éliminer les fautes trop nombreuses.
Voici des contre-exemples, suivis de leurs bons exemples correspondants en vue d'un Beau Français classique:
| Expressions fautives, inélégantes ou impropres | La bonne expression |
| Alexandre le Grand conquerra l'Asie. | Alexandre le Grand conquit l'Asie. |
| vu la situation. | À cause de la situation, dans la situation présente. |
| ce qui constitue la mode est le changement. | La mode apporte le changement. |
| Ils pouvaient se permettre d'épouser. | Ils épousaient. |
| La femme doit aller habiter la maison maritale. | La femme habite dans la maison maritale. |
| Il décrit ce qui se passe dans cette négociation. | Il décrit cette négociation. |
| En ce qui a trait à cette histoire, elle s'étire sur un an. | Cette histoire dura un an. |
| En ce qui concerne cette soirée bien arrosée, j'oublie. | J'ai oublié cette soirée bien arrosée. |
| C'est que ça fait dur dans ta cabane. | Ça fait dur dans ta cabane. |
| L'amour est ce qu'il y a de plus important. | L'amour est le plus important. |
| Le fait de vivre en union libre libère des tabous. | L'union libre libère des tabous. |
| La question est de savoir que le problème est la fraude. | Le problème est la fraude. |
| Ce pays se trouve être celui qui reçoit. | Ce pays reçoit. |
| répondre au besoin d'être accepté. | répondre au besoin d'acceptation. |
| Ce qui a pour conséquence que la dame à meurt. | La dame en meurt. |
| en ce qui regarde cet aveugle qui titube. | Cet aveugle titube. |
| au fait que l'on désire être beau toute sa vie. | Le désir d'être beau toute sa vie. |
| Il faut faire le choix. | Il faut choisir. |
| Ce phénomène que l'on peut observer la nuit. | Ce phénomène observable la nuit. |
| Du fait que je suis fatigué je m'écrase. | La fatigue m'écrase. |
| Au niveau de mon dos ça fait très mal. | J'ai très mal au dos. |
| en raison du fait que la dame boîte. | parce que la dame boîte. |
| Les frites qui ont été mangées par ce glouton. | Les frites mangées par ce glouton. |
| Malgré le fait que le gouvernement fut vigilant. | Bien que le gouvernement fût vigilant. |
| Comme c'est le cas pour cette partie de mon exposé. | Dans cette partie de mon exposé. |
| Donc il s'est planté comme c'est pas possible. | Il s'est donc planté comme jamais. |
| Au niveau de ses revenus, il est très désavantagé. | Ses revenus le désavantagent. |
| Les gens heureux sont ceux qui sont vertueux. | Les gens heureux sont vertueux. |
| Étant donné sa malchance et étant donné qu'il est vieux. | Malchanceux et vieux, cet homme... |
| Pour ce faire, il a haussé les impôts. | À cette fin, il haussa les impôts. |
| Jacques est celui qui patine. | Jacques patine. |
| Il faut tenir compte du fait qu'il est très fort. | Il est très fort ou sa force compte. |
| Pour pouvoir avancer. | Pour avancer. |
| Étant donné ses hauts revenus. | En raison de ses hauts revenus. |
| Ce qui est révolutionnaire avec cette carte, c'est qu'on peut faire des achats, et ce, sans argent cash. | Cette carte révolutionnaire permet l'achat comptant. |
| Le fait d'obtenir le droit de préparer les Olympiques. | Le droit de préparer les Olympiques. |
| Par contre, c'est typique de ce genre d'esprit vif. | En revanche, cet esprit vif typique. |
| La révolution est que le sentiment explose. | La révolution s'exprime par un sentiment explosif. |
| Je vais lui parler quant à sa demande. | Je vais lui parler de, ou à propos, de sa demande. |
| Ce qui ébranle dans un deuil, c'est le souvenir qui persiste. | Le deuil nous ébranle par le souvenir persistant. |
| J'ai utilisé cette pierre comme marteau. | J'ai utilisé cette pierre en guise de marteau. |
| Sa fortune est de deux cent cinquante trois mille dollars. | Sa fortune atteint $253 000. |
| Ce casque existe dans le but de la protéger définitivement. | Ce casque la protège efficacement. |
| Je l'adorais car elle était belle comme un coeur. | Je l'adorais, car elle était belle comme un coeur. |
| Ces mesures ont pour effet d'accentuer. | Ces mesures accentuent. |
| Pour ce qui est de mes espadrilles qui sont perçées, je les ai jetées; par contre je les aimais bien. | J'ai jeté ces espadrilles perçées; par ailleurs, je les aimais bien. |
| Les démocrates étaient pour la liberté. | Les démocrates étaient en faveur de la liberté. |
| Pour conclure & Finalement, | En guise de conclusion & Enfin, |
| On peut la qualifier comme étant omniprésente. | Il est omniprésent. |
| La dependance face aux drogues | La dépendance envers les drogues |
| Le fait d'avoir un taux de chômage élevé | Un taux de chômage élevé |
| Les transports sont bons ce qui permet aux gens de... | Les bons transports permettent aux gens de voyager. |
| Tsé veut dire ! | L'entendement vous a-t-il bien sied ? !!! |
VI. Exercice stylistique
Ce texte contient un très grand nombre de fautes, des barbarismes et des inélégances stylistiques. Restaurez-le.
La farniente d'Albert
« En ce qui concerne Albert, c'est clair qu'il est pas très normal au niveau de son comportement. Il n'a pas beaucoup d'argent dans ses poches, et marche dans la rue nez en l'air comme s'il était riche à ce niveau. À l'en croire, c'est que la malchance en tant que telle lui tombe dessus. En ce qui a trait à sa bonne humeur, elle est nulle, et ce, tous les matins du fait qu'il n'a pas encore eu son café. En ce qui regarde ses pantalons, comme c'en est le cas pour ses bottes, il serait mieux en costume de bain ! En raison du fait qu'il est intelligent, étant donné sa naissance, on croit dans son entourage qu'il fait exprès. Quant à lui, faire quelque chose, voir du monde, donner sa sympathie, prendre des responsabilités, on dirait que c'est fait pour une autre planète. Un jour donc, il se décida à se lever de bonne heure pour pouvoir prouver que la vaillance avait besoin d'un héros comme lui. Vu la situation, toute le monde fit un rire immense, ce qui constitue en tant que tel un désaveu public. Il ne peut pas se permettre de devoir toujours se payer la tête du monde, car il doit aller un jour postuler un emploi, et c'est que ça fait dur dans son curriculum vitae une lettre de références qui décrit ce qui passe en réalité dans une vie aussi brouillonne. Donc, Albert est ce qu'il y a pire comme modèle, et le problème est de savoir s'il se trouve être le gars qui résiste au fait que l'on désire tant l'aider. Il faut faire le choix pour lui et répondre à son besoin d'être secoué en ce qui regarde ce garçon qui baille aux corneilles jour et nuit, et plus souvent le jour. Au niveau de sa paresse, cette tare que l'on peut détecter dès maintenant en raison du fait qu'il est avec nous au niveau de tous les cours, comme c'est le cas pour ceux qui sont comme lui, il est clair qu'il faut tenir compte du fait qu'il est très menacé comme futur citoyen efficace et responsable. Albert est celui qui croit devoir s'échapper des bons conseils. Pour ce faire, il a toujours refusé de se défoncer dans son travail, ce qui est marcher à plat ventre pour pouvoir passer sous la porte pour pouvoir être dans la pièce sans ouvrir la porte. Ce qui est difficile avec lui, c'est qu'il a toujours réussi jusqu'à maintenant ce manège. Le fait d'obtenir le droit de dormir dans ses cours sans perdre de points le fait très rassuré sur son sort. Par contre, c'est typique de ce genre d'esprit léthargique, il est ce que l'environnement tolère, comme étant son ombre. Albert pense pouvoir l'utiliser comme oreiller dans le but, quant à son désir profond, de rendre ses efforts minimaux. Ce qui me fait peur dans son cas, c'est les nuages sombres à l'horizon. C'est ce qui fait qu'il faut de toute urgence lui parler quant à sa paresse qui a pour effet, pour ce qui est de ses résultats professionnels futurs qui sont hypothéqués, de le faire amener à l'exclusion sociale. Comme Albert est mon ami, ça se peut pas que ça continue. Donc demain, je vais, quant à sa sempiternelle nonchalance, lui parler avec finesse et diplomatie, étant donné mon bon vouloir. Et s'il dort je lui mords une oreille ! »
Remettez au prochain cours ce texte stylistiquement restauré, ainsi que les exercices préparatoires qui suivent.
Un moyen efficace consiste à lire le tableau des inélégances stylistiques, recomposer le texte, et relire une 2e, voire une 3e fois, le texte que vous venez de restaurer.
L'importance de cet exercice est crucial. Un beau français classique témoigne de la qualité, voire tout simplement de l'existence, de votre culture. Cette dernière résulte de la fréquentation des meilleurs, des plus grands esprits de l'humanité dont la lecture des oeuvres a influencé votre façon de sentir, de penser et de raisonner. Votre style classique, celui-là même des grands auteurs, est la preuve irréfutable qu'ils ont laissé quelque trace en vous.
VII. Exercices préparatoires
À la bibliothèque, lisez un article très court de l'Encyclopédie Universalis qui traite, de près ou de loin, votre sujet. Résumez-le en 1 page en y respectant toutes les règles du présent Protocole, notamment les marges exactes, les 3 types de citations différentes (volume, dictionnaire, article de revue), la mise en italique, les 2 types de fiches (fiche-citation et fiche-titre), de même que les 3 références correspondantes, parfaitement exécutées.
Une citation de 3 lignes et plus est toujours mise en retrait, et centrée à 4 cm de la page de part et d'autre.
Justifiez (alignement parfaitement droit aux 2 bouts de la ligne) votre texte par la commande appropriée.
Appliquez les mesures suivantes: marge de gauche: 2 cm; en-tête, pied-de-page et marge de droite: 1.5 cm chacun;
Utilisez le petit ficher fiches.exe (cardfile.exe) et faites 3 fiches-citations et 1 fiche-titre en guise d'exercice.
Passez votre unique page de résumé aux 2 correcteurs orthographique et grammatical de votre traitement de texte.
Repérez les verbes banals (avoir, être, prendre, voir, faire, etc.) Et les noms du même type (chose, affaire, etc.) Et remplacez-les par des mots plus précis et plus recherchés.
Remettez au prochain cours: le________:
1. Une page imprimée de votre résumé, avec 3 références-types (volume, article de revue, dictionnaire).
2. Une page imprimée de votre restauration stylistique de la Farniente d'Albert
3. Ces deux mêmes pages dans votre fichier de traitement de texte avec votre nom de famille. cf. Gagnon.doc
4. Votre fichier de fiches exécuté par fiches.exe (cardfile.exe), sous votre nom de famille. cf. Gagnon.crd
Les 3 qualités recherchées: être méticuleux, très soigné, et ne rien oublier; en clair, le tout sans faute.
DEVANT TOUS LES ORDINATEURS DE LA BIBLIOTHÈQUE
wOuvrir l'ordinateur
wcliquez, à la suite, sur les icônes suivantes:
;cd-rom
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; Accès à la banque
; Recherche libre
wchoisissez: sujet ou autre
winscrivez à mot/expression: votre sujet
(en peu de mots; mais commencez par le mot le plus important)
wcliquez: exécution de la recherche
wrecommencez la procédure avec les mots connexes à votre sujet
VIII. VÉRIFICATION ULTIME AVANT L'IMPRESSION
ERREURS ET DÉFAUTS LE PLUS SOUVENT RENCONTRÉS... (Corrigez-les, de grâce !)
Pré-correction personnelle: enlevez vous-même 3 points par item fautif ou manquant, en indiquant trois (3) sur la petite ligne précédant l'erreur et le défaut. N'en oubliez pas...
Attention: 5 points perdus, au lieu de 3, si l'erreur ou la faute est relevée par le professeur.
_____Table des matières: non détaillée (I, A, 1, a. i.). Absence des 5 sous-catégories avec phrases complètes, etc.
_____Titres non soulignés. _______ citations, titre d'articles, articles de dictionnaire non en italique.
_____Abréviations dans la page-titre. __________ 4 citations pertinentes tirées des manuels disciplinaires.
_____Mediagraphie maigre ou incomplète, sans ordre alphabétique d'auteurs, sans auteurs en MAJUSCULES.
_____Abus de la même source. _____Guillemets oubliés. _____Composition non personnelle.
_____Travail ou traitement de texte fait par d'autres.
_____Guillemets intentionnellement oubliés: très grave.
_____Utilisation de phrases incomplètes. _____Composition chaotique, peu liée.
_____Utilisation du français parlé. _____ _____ oubli de relire tout le Protocole avant l'impression finale. _____Texte mal relu; donc syntaxe et orthographe souvent fautives.
_____Utilisation de sigles: CNDF, etc., de:, Mr.
_____Prennent une majuscule: État, Église, Antiquité, les Français (noms de peuples), Occident, la Grèce (noms de pays).
_____Références en bas de page absentes, ou incomplètes ou non-conformes
_____Méthode non suivie: très grave. _____ 4 citations pertinentes tirées du Recueil de citations de M. Légaré.
_____Dissertation "empruntée": extrêmement grave.
_____Sujet non conforme, non approuvé ou hors sujet.
_____Sujet traité sous l'angle d'une technique ou d'une discipline qui ne sont pas des sciences humaines.
_____Parties disciplinaires conceptuellement faibles, mal maîtrisées, ou absentes.
_____Plan non conforme ou incohérent. ________ Peaufinage stylistique absent ou négligé.
_____Comparaisons non soutenues (si votre sujet est une comparaison entre deux sujets).
_____Retard dans l'exécution, la remise du rapport: 1 point par jour de retard.
_____Mauvaise planification, ratés, ou déboires prévisibles lors d'Activités pratiques.
_____3 références en bas de page minimum et 3 citations par page minimum, avec un écart permis de + ou - 1.
_____Informations sur la Page-titre non conformes ou incomplètes.
_____Méthodes quantitatives absentes quand elles étaient possibles.
_____Textes de consultation en langue seconde absents bien qu'ils étaient disponibles.
_____Non utilisation des trois Correcteurs: 1) orthographique ____ 2) grammatical _____ 3) synonyme
Bon travail et Bon Succès à tous et à toutes ! Jacques Légaré
IX. ÉVALUATION FINALE DE L'ACTIVITÉ ET DU RAPPORT PAR LE PROFESSEUR
| Nombre | Éléments évalués et critères d'évaluation | Pondération |
| 1 | Qualité orthographique et syntaxique | 10 |
| 2 | Ponctualité, présences, et respect des échéanciers | 10 |
| 3 | Conformité des règles présidant à la rédaction du Rapport | 20 |
| 4 | Qualité et longueur des lectures d'accompagnement | 10 |
| 5 | Qualité de la présentation et de l'expression orales en classe | 5 |
| 6 | Autonomie, initiative, et débrouillardise | 5 |
| 7 | Qualité stylistique | 10 |
| 8 | Maîtrise de l'application des acquis multidisciplinaires | 20 |
| 9 | Maîtrise de la langue seconde | 5 |
| 10 | Ressources de l'informatique bien et totalement utilisées | 5 |
| Bonis (en supplément) |
Maîtrise de l'internet Originalité remarquable Difficulté particulière du sujet Présentation orale anticipée |
2 5 5 2 |
| TOTAL | 100 |
commentaires du correcteur
Remarquable présentation matérielle + Table des matières bien équilibrée + Composition non personnelle + Titres d'articles non mis en italique + Sujet relativement facile + Recherche méticuleuse et patiente + Oubli de recherche dans les dictionnaires et les encyclopédies + Très bonne recherche mediagraphique + Excellente composition + Style alerte et agréable + Bon jugement + Justesse des allégations + Méthodes quantitatives mal ou non employées + Analyse fine et perspicace + Fautes de syntaxe inacceptables, car trop nombreuses + Inélégances stylistiques fréquentes, bien que relevées dans le Protocole + Phrases souvent trop longues + Protocole non lu (très grave) + Références en bas de page non conformes + Noms des titres d'articles ou des articles de dictionnaire non mis en italique + Grave oubli de ne pas avoir utilisé les correcteurs orthographique et syntaxique + Plagiat déguisé + Non utilisation dans ton texte du livre en anglais inséré dans ta mediagraphie + Mise en page non conforme + Très belles insertions d'images + Insertions de graphiques fort bien réussies + Aucune mention des manuels disciplinaires + Oubli du glossaire des concepts disciplinaires + Texte plus narratif qu'explicatif + Bibliographie mince ou mal utilisée + Protocole non relu avant impression + Je te demande de faire une nouvelle impression de ton travail avec les corrections suivantes: xxx + Texte un peu trop court + Fiches pas assez nombreuses + Recherche non systématique à la Bibliothèque + Travail vite fait et bâclé + Excellent travail, très documenté et bien écrit + Absence de réflexions personnelles + Références en bas de page non conformes et incomplètes + Grande débrouillardise pour la recherche de la documentation + Finesse de l'analyse + Excellente maîtrise des concepts disciplinaires + Discours méticuleux et travail très soigné + Grande application + Travail remarquable.
Jacques Légaré, ph.d.
Professeur d'Économique, d'Histoire et de Philosophie.
rés.:878-3661 fax: 1-418-872-3448 courriel: jlegare@clic.net Site Web: http://www.clic.net/~jlegare/index.html
Déclaration solennelle
Par la présente, j'affirme sur mon honneur que je n'ai pas, lors de la mise en uvre de mon Activité d'Intégration, emprunté un autre travail déjà fait par moi ou par une autre personne, fait faire mon travail sur ordinateur par une autre personne, fait composer mon travail par une autre personne.
Si je me suis fait aider légitimement par d'autres dans une phase ou dans une partie de mon Activité, je l'ai mentionné spécifiquement et avec détails dans mon Rapport.
Je n'ai pas non plus aidé indûment un autre étudiant au point que son travail n'est plus vraiment tout à fait le sien.
Si j'ai été le témoin d'une fraude quelconque, je l'ai dénoncée aux autorités responsables, car j'ai à cur de défendre la valeur et l'intégrité de mon diplôme pour lequel j'ai tant travaillé.
je reconnais qu'il est de mon devoir de citoyen de défendre la loi qui nous est commune.
Je l'affirme sur mon honneur.
___________________________________________
Signature de l'étudiant
N.B. Après la page-titre en 1ère page, joindre cette Déclaration solennelle avec votre Rapport en 2e page, avant la table des matières (3e page) & photocopiez la page-titre qui suit, et remplissez-la à la dactylo.
_________________________
Nom de l'étudiant
______ _______________
mon groupe & mon numéro de téléphone
______________________________________
Le sujet de mon activité
_________________ _____
Nom et version de mon traitement de texte
__________
Nombre de mots de mon Rapport
______________
Nombre de fiches remises
__________ __________
Noms des deux fichiers remis sur disquette
____ ____ ____ ____ ____ ____ ____ ____ ____ ____
Numéros des cassettes-vidéos empruntées
_______
Nombre total de points
perdus par ma pré-correction
Nombre d'ouvrages
________ _____ _____________________
consultés & cités & de citations référencées
___________
Moyenne (sur 200) de
ma présentation orale
_____________________________________________________________________
Satisfactions obtenues
______________________________________________________________________
Difficultés rencontrées
X. La Conférence en classe
Pendant 15 à 20 minutes, vous exposez devant vos camarades les conclusions de votre Activité, ou les aspects les plus intéressants et les plus instructifs. Vous serez pré-évalués par vos camarades à la fin de votre exposé, à la fois sur le contenu de votre Activité et sur la qualité de votre Conférence.
Voici les qualités que vous devez manifester ou que vous tenterez d'acquérir, et les conseils utiles au succès de votre Conférence:
I. Tu es mort de trac ? Excellent ! En clair, tu es normal..! Quand tu l'auras surmonté après la conférence, tu en seras si heureux que tu déploreras le peu de temps qui t'a été alloué. Parler en public, c'est stimulant comme de la drogue... mais une bonne celle-là.
II. Identifie les qualités et les défauts de ton style oratoire, et corrige ces derniers qui sont en fait naturels, car liés à ton caractère; mais évitables aussi, puisqu'ils sont soumis à ta clairvoyance et à ta volonté.
III. Observe ce critère infaillible: tes camarades ont-ils les yeux fixés sur toi quand tu parles, et durant toute ta conférence? Si oui, tu as toutes les qualités naturelles d'un bon orateur.
IV. Dans le cas contraire, utilise les moyens suivants pour attirer leur attention:
1. La veille de l'exposé, compose le texte de ton allocution, apprends-le par coeur si tu le juges nécessaire, et apporte-le avec toi, écrit très gros, sous la forme de quelques fiches.
2. Sans extravagance, habille-toi un peu mieux qu'à l'ordinaire.
3. Présente-toi en disant ton nom et le sujet de ton Activité.
4. Donne-leur un document-résumé de ton Activité: les points forts et originaux, et la conclusion.
5. Tiens toujours une fenêtre ouverte: ça réveille. En groupe, chacun a la parole à tour de rôle.
6. Si tu es d'un naturel volubile et brouillon, écris au tableau le plan et des notes en forme de schéma avant ton exposé.
7. Parle distinctement, fort, et regarde tes auditeurs à tour de rôle dans les yeux.
8. Articule bien en prononçant clairement articles et pronoms.
9. Pose-toi une question à haute voix et demande la réponse à tes camarades.
10. Si tu crains d'être méthodique et ennuyeux, livre ton exposé sans note et en marchant.
11. Varie le ton de ta voix. De préférence, hausse le ton de ta voix.
12. Sois un tantinet cabotin et feins l'émotion de la situation exposée. Tiens-toi droit et conserve toujours ta dignité.
13. Gesticule pour simuler ou décrire des objets concrets; et surveille l'heure, tu as 15 minutes.
14. Fais une blague; raconte une anecdote. Pose vite une question à l'auditeur qui te dérange.
15. Utilise les superlatifs («éblouissant!» «extraordinaire!» ) pour illustrer les aspects spectaculaires, inédits ou passionnants de ton Activité.
16. Lie ton Activité à l'actualité, à la vie quotidienne de tes amis, si c'est possible.
17. Demande leur opinion, et reprends vite le cours de ton exposé.
18. Vérifie leur compréhension de la signification d'un mot savant, technique ou peu connu.
19. Pose une question nommément à l'auditeur décroché, inattentif ou ennuyé.
20. Évite toute phrase incomplète, tout mot vulgaire, toute expression relâchée.
21. Parle comme un livre, pour charmer intellectuellement tes auditeurs et leur prouver qu'ils ne perdent pas leur temps à t'écouter.
22. Dis-leur que tu es très heureux s'ils critiquent la façon dont tu as mené ton Activité. Dis-leur que la science vit de la critique systématique qui empêche de s'endormir ou d'adorer les vérités pontifiantes. Cependant, il arrive qu'elle réactive des vérités oubliées ou négligées.
23. Soumets à ton intelligence critique les poncifs, les lieux communs, les stéréotypes.
24. Évalue avec lucidité les idéologies à la mode (téléévangélisme, fédéralisme, souverainisme, néo-libéralisme, féminisme, écologisme, suprématisme blanc, sectes grandes ou petites), non dans le but vain et déprimant de déprécier mais de réveiller et de provoquer l'intelligence assoupie.
25. Provoque-les en leur demandant si telle idée, que tu sais manifestement erronée ou grossière, est vraie ou fausse.
26. Demande-leur la différence entre deux synonymes tout proches.
27. Pose-leur une question de difficulté moyenne, qu'ils sont supposés connaître.
28. Écris au tableau au fur et à mesure les références des grands auteurs que tu as consultés.
29. Amène en classe les ouvrages les plus passionnants de ton Activité.
30. Célèbre les plus belles intelligences qui t'ont le plus influencé.
31. Complimente-les sur leur participation; ne dis jamais rien de négatif sur toi, même en excuse.
32. Termine ton exposé par une idée ou une situation chargée d'émotions fortes. Compose bien à l'avance la toute dernière phrase-choc de ton exposé.
33. En résumé, atteins ton public, crée un contact affectif avec lui. Voilà le grand secret.
Bon Succès!
Xi. PRÉ-ÉVALUATION ÉTUDIANTE DE GROUPE
Nom de l'étudiant pré-évalué _________________________________________________
(en lettres moulées, s.v.p)
Groupe ____________
Sujet de l'Activité ___________________________________________________________
Date ______________
NOTATION (sur 10) CRITÈRES
Total _______ (sur 200)
J'affirme avoir évalué consciencieusement, avec justice, au meilleur de mes connaissances.
______________________________ + _________________________
Nom de l'étudiant-évaluateur en lettres moulées. (Facultatif) Signature
P.S. Il est tout à fait naturel d'être déçu d'une évaluation de groupe, car on se croit toujours meilleur que ce que les autres pensent de nous. La nature veut qu'on se sente mieux en se croyant meilleur que les autres ou meilleur que perçu. Dans le cas contraire, nous souffririons d'une perpétuelle dépréciation de soi. Ne vous en faites donc pas trop
|
| ||
| NOTATION(sur 10) | CRITÈRES | NOTATION(sur 10) | CRITÈRES |
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Tenue et gesticulation justes |
|
Tenue et gesticulation justes |
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Clarté de l'exposé |
|
Clarté de l'exposé |
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Qualité du vocabulaire |
|
Qualité du vocabulaire |
|
Qualité de la syntaxe |
|
Qualité de la syntaxe |
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Vivacité de la présence |
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Vivacité de la présence |
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Maîtrise du sujet |
|
Maîtrise du sujet |
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Articles et pronoms clairs |
|
Articles et pronoms clairs |
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Langage châtié et articulé |
|
Langage châtié et articulé |
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Équilibre des 4 disciplines |
|
Équilibre des 4 disciplines |
|
Ton varié et voix forte |
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Ton varié et voix forte |
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Mémorisation sans notes |
|
Mémorisation sans notes |
| Performance intellectuelle | Performance intellectuelle | ||
|
Phrases terminées |
|
Phrases terminées |
|
Rigueur dans l'exposé |
|
Rigueur dans l'exposé |
|
Humour/contact chaleureux |
|
Humour et contact chaleureux |
|
Supports utilisés pertinents |
|
Supports utilisés pertinents |
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| ||
| Nombre | Éléments évalués et critères d'évaluation | Pondération |
| 1 | Qualité orthographique et syntaxique. | 10 |
| 2 | Ponctualité, présences, et respect des échéanciers | 10 |
| 3 | Conformité des règles présidant à la rédaction du Rapport | 20 |
| 4 | Qualité et longueur des lectures d'accompagnement | 10 |
| 5 | Qualité de la présentation et de l'expression orales en classe | 5 |
| 6 | Autonomie, initiative, et débrouillardise | 5 |
| 7 | Qualité stylistique | 10 |
| 8 | Maîtrise de l'application des acquis multidisciplinaires | 20 |
| 9 | Maîtrise de la langue seconde | 5 |
| 10 | Ressources de l'informatique bien et totalement utilisées | 5 |
| Bonis (en supplément) |
Maîtrise de l'Internet Originalité particulièrement remarquable Difficulté du sujet Présentation orale anticipée |
2 5 5 2 |
| TOTAL | 100 |
XII. Ordre du jour, et cheminement pas à pas, des premiers cours
Voici ce qu'attend l'étudiant dans son cheminement pas à pas lors de l'Activité d'Intégration
Cours 1 - 2- 3:
Remise et explication du Protocole de travail étudiant.
Distribution d'exercices multidisciplinaires pour le 4e cours et explication de cet exercice préparatoire avec les modèles réussis des années antérieures.
Identification du traitement de texte personnel de l'étudiant afin que le professeur puisse distribuer ses uvres, --utiles à bien des sujets de l'Activité d'Intégration--, sur disquette dans le traitement de texte personnel des étudiants. Par défaut, les disquettes seront en Word 6.0 ou 7.0
L'étudiant choisit son sujet, qui sera enregistré officiellement au 4e cours.
Rappel des 5 Travaux préalables à remettre au 4e cours:
Le tout imprimé et sur votre traitement de texte identifié, et avec votre disquette et votre nom
Votre professeur vous la remettra au 7e cours, enrichie de ses uvres qui pourront vous être utiles.
Cours 4 - 5 - 6:
Collection du $15
Enregistrement personnel du sujet choisi par l'étudiant
Recueil des 5 Travaux préalables, imprimé et broché, et avec disquette.
Attribution de la date personnelle de l'exposé oral de chaque étudiant devant toute la classe
Remise de la disquette étudiante selon le traitement de texte de chacun, et remplie d'uvres
Attribution de l'heure précise de l'entrevue de mi-session à chaque étudiant.
Rappel d'apporter des petites fiches au cours suivant (le 8e) pour la séance de travail à la bibliothèque.
Remise de la restauration du texte La farniente d'Albert par le professeur pour la Pré-correction étudiante.
Pré-correction étudiante du texte d'Albert (par d'autres étudiants) en guise d'exercice au bien écrire.
Cours 7 - 8 - 9:
Remise des 5 Travaux préalables corrigés par le professeur
Identification des erreurs générales constatées dans les 5 Travaux préalables et rectification par le prof.
Conseils pertinents à chacun pour son sujet particulier, et réponses aux questions individuelles.
Distribution et prêt des cassettes-vidéos à chacun selon son sujet particulier
Séance obligatoire de travail à la bibliothèque pour y trouver les tout premiers éléments mediagraphiques des sujets, et durant laquelle votre professeur vous aidera à dénicher les volumes et articles les plus prometteurs.
XIII. Entrevue de mi-session (vers le 20e cours):
Inscrivez-la date et l'heure qui vous ont été assignées: ______ _____.
L'étudiant se présente au bureau du professeur pour une entrevue individuelle dans laquelle il répond à 3 questions: 1) Qu'as-tu fait ? 2) Que fais-tu ? 3) Que feras-tu ?
Il apporte toutes les pièces probantes: fiches complétées; dernière version de la table des matières; mediagraphie lue, en lecture, en lecture prochaine; les problèmes résolus, actuels, prévisibles.
Le professeur aide ad hoc, illico et conséquemment.
Les 5 travaux préalables et l'entrevue de mi-session constituent 6 évaluations formatives (non quantitatives). Le Rapport de recherche constitue l'évaluation sommative.
XIV. Les derniers cours: Dates: _____ ______ _____ _____
Dépôt du Rapport imprimé, des fiches de travail, et de la disquette étudiante qui les contient.
Le Rapport doit tenir tout entier dans un seul fichier intitulé du nom de l'étudiant: cf. tremblay.doc
Retour des cassettes empruntées.
Exposés oraux (10 ou 15 minutes) de chaque étudiant devant tous les étudiants.
Pré-correction étudiante des exposés oraux, sa compilation et sa remise à l'étudiant et au professeur.
À la fin de la semaine des examens, remise par le professeur à son bureau du Rapport corrigé et de la note finale de l'Activité d'Intégration.
| Emprunt de cassettes | |||
| Nom de l'emprunteur | Nos de téléphone | Nos des cassettes | Sujet de la cassette |
(à fournir au 2e cours). Restauration stylistique du texte « La farniente d'Albert »
« Le comportement d'Albert ne semble pas très normal. Sans argent dans ses poches, il déambule dans les rues, nez en l'air, comme s'il était Crésus. Selon lui, son infortune provient uniquement de la malchance. Seul le café matinal lui redonne une bonne humeur. Un simple costume de bain lui donnerait plus fière allure que ses pantalons et ses bottes toujours mal astiqués. Son intelligence, dont son entourage le croit bien pourvu, démontre indubitablement qu'il fait exprès. Pourtant, être tout bonnement actif, sociable, sympathique et responsable lui paraissent des attitudes d'extra-terrestre. Un jour, à la surprise de tous et comme si la chose relevait de l'héroïsme le plus authentique, il fit mine d'être matinal, ce dont personne ne fut dupe, et tous s'esclaffèrent. Par ailleurs, il ne peut continuer de se payer la tête du monde, car il lui faudra bien un jour postuler un emploi. Que vaudra alors une lettre de références qui dira la vérité sur une vie aussi brouillonne ? Il n'y a pas pire modèle qu'Albert qui résiste de surcroît à ceux qui l'aident, et qui s'imposent même le devoir de l'aider contre sa volonté, voire de le secouer, quand on le surprend à bâiller aux corneilles, plus souvent même le jour que la nuit. En contact quotidien avec lui, et avec ceux dont il partage la même tare si périlleuse pour son avenir professionnel, nous le savons très menacé dans son cheminement scolaire qui, normalement, en ferait un citoyen efficace et responsable. Se défilant devant les bons conseils, il refuse l'effort et préfère passer sous la porte afin de s'éviter de l'ouvrir. Succès à l'avenir douteux, il y réussit parfois d'autant plus qu'il dort dans ses cours sans réprimande officielle, sans que son environnement familial ou scolaire ne s'en émeuve. Chez lui, tout est oreiller pour amortir ses efforts minimaux. Les nuages qui s'amoncellent sur son avenir nous incitent à lui causer de sa paresse dont la conséquence dramatique sera la médiocrité ou la faillite professionnelle, voire l'exclusion sociale. Ma bonne volonté et mon authentique amitié envers lui me poussent à lui causer, avec finesse et diplomatie, de sa sempiternelle nonchalance. Et s'il dort je lui mords une oreille !
En lettres moulées
| Nom de l'étudiant | Gr. | Tél. | Sujet | Matériel emprunté/nos des cassettes |
XV. Exercice de réflexion multidisciplinaire
En guise d'exercice de réflexion multidisciplinaire, composez 9 phrases multidisciplinaires, à la manière de Pauvreté/Richesse de la page 1 du Protocole de travail. Inspirez-vous du style et de la manière des exercices des années antérieures:
La jeunesse et la vieillesse + Les hommes et les femmes + Le sexe et l'amour + La vie et la mort
Nord et Sud + Crimes et Honnêteté + Santé et Maladie + Science et Ignorance + Beauté et Laideur
La guerre et la paix + Dieu et Satan + Souffrance et Jouissance + Occident et Orient + Travail et Loisir + Vie de famille et Célibat + Tropiques et Hiver canadien + Ma famille et mon pays +
Bill et Monica
Cet hiver 1999: La mafia et la police + Les enfants et leurs parents + Le soldat et le civil + Le laïc et le religieux + La bonté et la cruauté + La chasteté et la luxure + La saleté et la propreté. Le pouvoir et l'impuissance + Le désir et le rejet + La joie et la douleur + La nuit et le jour + Le parfum et le miasme
LA VIE & LA MORT
Administration
Il est plus facile et plus sage de planifier sa vie que sa mort, et un testament exécutable n'est plus modifiable...
La mort efface toutes les dettes contractées dans la vie, mais aussi tous les revenus et intérêts...
Anthropologie
Vivre le plus possible et vaincre la mort semblent être la clé de la structuration de toutes les cultures.
Les modes de vie varient dans le temps et dans l'espace plus fréquemment que les rites funéraires.
Économique
Un enterrement coûte plus cher qu'une naissance, non parce que le bébé est plus pauvre que le vieillard, surtout pas parce qu'un cadavre vaut plus cher qu'un beau bébé tout rose, mais parce que la prime d'assurance est versée au décès.
En temps de paix, les deux industries des poupons et des pompes funèbres ont les recettes les plus stables de l'économie et, en prime, elles ont une caractéristique commune: leurs clients ne parlent pas.
Un cadavre humain, par kg, vaut bien moins cher qu'un kg de buf tout aussi mort.
Par le versement d'une prime de décès par l'État les sans-abri sont plus riches morts que vivants.
L'accumulation pendant sa vie de biens durables, surtout immobiliers, serait un moyen de survivre par eux après notre mort. Ce serait tout aussi vrai pour les buildings des centre-ville que des pyramides d'Égypte.
Les avares qui ont tant épargné et gratté préparent à leur mort une belle vie à leurs héritiers.
Les récessions augmentent les suicides, les meurtres et les vols, et les expansions les naissances et la construction.
Géographie
Les vivants n'aiment pas la proximité de morts et les isolent dans des cimetières ou des nécropoles. Mais ils aiment se les représenter encore vivants en plantant leurs statues dans les endroits les plus agréables et les plus visibles.
La qualité de l'environnement et de l'alimentation, l'absence de toxicomanie (le tabagisme) accroissent la qualité et la longévité de la vie, et leurs contraires augmentent la morbidité et la mortalité.
En Occident, l'espérance de vie est supérieure à celle du Tiers Monde, et les taux de mortalité et de natalité sont plus bas.
Les nécropoles sont moins bruyantes que les villes, et les services municipaux y sont au minimum.
Les morts enrichissent chaque année 80 000 Canadiens d'un héritage moyen de $400 000.00
Histoire
L'Histoire est une succession de vies et de morts, de splendeurs éblouissantes et d'effroyables tragédies.
Les Égyptiens passaient leur vie à préparer leur mort, leur au-delà, et celle de leur pharaon par de grands monuments.
La religion essaie de nier la mort que la science constate, comme si sa négation était une ruse irrationnelle de la vie de ne pas s'avouer vaincue par la nature.
On vit mieux et plus longtemps. Mieux encore, on prend plus de temps à mourir.
En tuant César et donnant sa vie pour faire vivre la République, Brutus participa à la naissance de son contraire, l'Empire.
Sauf épidémies ou guerres fortement meurtrières, le taux de croissance de la population fut généralement croissant.
Philosophie
La vie mérite d'être vécue et la mort d'être affrontée.
La vie peut être approchée, voire comprise, par quelque puissant savoir, mais la mort est inaccessible pour une conscience humaine.
On vit mieux en ne pensant jamais à la mort, et très mal en l'ayant toujours en tête.
Tout bébé est un condamné à mort. Tout condamné à mort a déjà été un bébé.
Au contraire de tous les cas habituels, la mort serait un bien et la vie serait un mal pour le torturé, pour le génocidaire actif, ou le malade souffrant en phase terminale.
Politique
Les vivants votent dans des institutions construites par les morts.
Beaucoup donnent leur vie pour que leurs idées ne meurent pas. Mais combien plus innombrables encore troquent leurs idées pour un salaire, pour une promotion, pour avoir la paix dans un environnement confortable.
La poursuite du bonheur, disait Jefferson, le bonheur de la Cité, disait Aristote, est le but de la société et de l'État.
Un politicien est férocement critiqué de son vivant et dithyrambiquement louangé à sa mort.
Le pouvoir met à mort les criminels assassins afin de réaffirmer la valeur de la vie; d'autres veulent les sauver du châtiment pour la même raison.
La mort rend égaux les faibles pauvres et les riches puissants, mais ces derniers la rencontrent un tantinet plus tard.
L'Occident respectueux de la vie humaine ménage la vie des vendeurs de drogue qui tuent des milliers de citoyens consommateurs réels. Les pays totalitaires peu scrupuleux de la vie humaine fusillent quelques dizaines de vendeurs de drogues et sauvent des milliers de citoyens consommateurs potentiels.
Psychologie
La naissance est le début de la vie, procure le plus souvent de la joie et solidifie les liens du couple. La mort est source de peurs, de souffrance et demeure incompréhensible, souvent insupportable.
Certains vivent comme s'ils allaient mourir demain, d'autres vivent comme s'ils n'allaient jamais mourir.
La vie s'allège et se clame à mesure qu'on s'approche de la mort parce qu'on apprend à accepter l'une et l'autre comme un bien.
Certains meurent heureux, d'autres s'accrochent farouchement à la vie. Rares sont ceux qui acceptent aisément ou stoïquement leur mort, à moins d'être très vieux ou très malades.
La perte de conscience définitive et irréversible, d'activité cérébrale, définit le passage de la vie à la mort. La conscience vivante se déplace entre la vigilance extrême et le sommeil.
La mort déclenche le rire quand elle est loin, et glace d'effroi quand elle est proche.
Sociologie
Une société construite autour du désir d'échapper à la mort, telle l'Égypte ancienne, la regarde en face à la différence de la société moderne qui s'acharne à ne jamais y penser pour la nier dans l'oubli.
JEUNESSE & VIEILLESSE
Administration
Les plus jeunes sont toujours administrés par leurs aînés, qui le seront à leur vieillesse à leur tour par les plus jeunes.
Les cadres supérieurs sont en moyenne plus vieux que leurs employés, et la recherche d'un emploi est plus difficile pour les vieux.
Les jeunes sont plus endettés, plus pauvres et professionnellement plus instables et plus précaires que les vieux qui vivent plus riches et plus confortables.
Anthropologie
Les sociétés anciennes ostracisaient moins les jeunes et les vieux que ne le font les sociétés modernes qui ont tendance à ségrégationner les différents âges.
Les vieux étaient mieux respectés et considérés dans les sociétés anciennes que dans les sociétés modernes, car l'expérience et la mémoire étaient l'essentiel du savoir quand, aujourd'hui, sont privilégiées la vitalité et l'audace.
Toute la culture passe des vieux aux jeunes, d'où la culture définie par les Grecs en une paideia, de (pais qui veut dire enfant). Serions-nous tous des enfants à l'égard de l'immense expérience thésaurisée qu'est la culture humaine ?
Jeunes et vieux ne regroupent pas les deux mêmes groupes d'âges dans une société primitive et dans la société contemporaine.
Les jeunes consacrent les idées de leurs aînés une génération plus tard après qu'elles aient été boudées par ceux de la génération précédente.
Hier, les vieux étaient respectés pour leur sagesse et leur expérience. Aujourd'hui, hors de leur famille, ils ne rencontrent que l'indifférence.
Dans les sociétés récentes, les gens d'âge mûr supportent et commandent jeunes et vieux parce que, dans les sociétés anciennes, les « vieux »avaient l'âge de nos gens d'âge mûr.
Les jeunes meurent plus souvent d'accidents, de suicides et de crimes que les vieux qui meurent plus de maladies.
Économique
La jeunesse est le capital humain de l'avenir d'un pays. Mais son capital financier est surtout détenu par les vieux et le capital technique et le savoir-faire par les gens d'âge mûr.
Les vieux sont en moyenne mieux rémunérés que les jeunes, mais les jeunes savants sont plus créatifs que les vieux.
Les jeunes accumulent des dettes dans des institutions scolaires et les vieux des épargnes dans un fonds de pension.
Les jeunes achètent des produits ludiques et sportifs et les vieux des manteaux de fourrure et des médicaments.
Les néo-libéraux ont décidé de couper plus les vieux (dans les soins de santé) que les jeunes (en éducation).
On devient plus avare avec l'âge mais on était plus dépensier étant jeune
Géographie
Les voyages forment la jeunesse, mais les vieux retraités ont plus d'argent que les jeunes pour les faire.
Significativement, il n'y a pas de pays jeunes et de pays vieux; il y a des pays pauvres et des pays riches.
L'Occident possède une pyramide des âges à la base moins large que celle du Tiers Monde.
Les jeunes sont plus nombreux dans les villes que dans les milieux ruraux, et les vieux inversement.
Les jeunes endurent plus facilement les températures extrêmes que les jeunes, qui sont plus vulnérables aux carences affectives et aux coups durs que le vieux.
Histoire
Les babyboomers devenant nos papyboomers, la nouvelle jeunesse aura l'emploi facile, mais elle supportera des charges de vieillesse aussi lourdes que l'était naguère la charge familiale de leurs grands-parents.
L'atomisation de la société par l'enrichissement, qui desserre les liens de dépendance, combinée à l'essor des media, qui créent des relations humaines à sens unique, a accru la solitude chez les vieux comme chez les jeunes.
Politique
Les vieux commandent et les jeunes sont commandés, mais les jeunes font les révolutions que les vieux n'ont su prévenir.
Les vieux manipulent les jeunes dans l'arène politique, mais justice leur est rendue quand ils deviennent vieux à leur tour et font la même chose.
Dans les partis, les vieux ont plus de crédit, notion qui repose sur le temps, bien que ce soient les jeunes qui ont le plus d'avenir.
Les vieux paternalisent et les jeunes se révoltent. Rien n'est plus juste, car au cours de leur vie les deux groupes ont fait et feront la même chose.
Philosophie
La vertu s'acquiert avec les années, car les passions sont moins fortes. Les plaisirs de la vie et les dissipations sont plus forts chez les jeunes, et pour la même raison inverse.
La vieillesse rend conservateur le jeune qui était révolutionnaire. Le jeune affirme ce que le vieux doute.
Le jeune affiche ses certitudes avec une vigoureuse assurance; le vieux perd ses illusions avec ses cheveux.
Les jeunes ont plus de goût pour la philosophie parce qu'ils commencent leur vie; les vieux croient ne pas en avoir besoin par leur expérience qui en tiendrait lieu. En réalité, les jeunes ne comprennent pas toujours ce qu'ils lisent pas plus que les vieux n'ont compris ce qu'ils ont vécu.
On vieillit comme on a vécu, mais on vit plus vieux si on a été sage très tôt étant jeune.
Le jeune sage imite les vertus de son aîné. Le vieux fou imite l'exubérance de la jeunesse.
« Ah! si jeunesse savait, si vieillesse pouvait ! ». Mais plus souvent encore, la 1ère sait et la 2e peut, mais ni l'une ni l'autre n'en font beaucoup.
Les vieux donneraient toute leur expérience et tous leurs biens en échange de l'inexpérience et de la belle peau des jeunes.
Psychologie
La jeunesse découvre son moi, et la vieillesse de plus en plus celui des autres.
Les jeunes fument pour imiter les adultes dans leur stade d'initiation à l'âge adulte. Les vieux fument parce qu'ils n'ont pas été assez vigilants étant jeunes de ne pas imiter les vieux à ne pas imiter.
L'insécurité guette le très jeune et le très vieux, mais la forte conscience de soi, voire l'arrogance, guettent le jeune homme et l'homme d'âge mur.
L'amertume guette le vieux et le désespoir guette le jeune. Mais la sagesse est promise au vieux et la beauté de toute une vie s'offre au jeune.
Le coeur n'a pas d'âge à le voir pleurer ou tomber en amour de la même façon à tout âge.
Les jeunes sont, plus malléables, plus romantiques, plus sexuels se croient plus invincibles que les vieux qui sont plus rigides, plus calculateurs, plus tendres et se savent plus vulnérables.
Sociologie
« Les jeunes vont par bandes, les adultes par couples et les vieux tout seuls » dit un proverbe suédois.
En Occident, la pyramide des âges tend à grossir vers le haut et à rétrécir par le bas par le double fait du vieillissement de la population et la chute de la natalité. En Orient et dans le Tiers Monde, c'est l'inverse.
Les gens âgés sont séparés de la famille et vivent dans la solitude. Les jeunes restent tard collés au domicile familial par leurs études plus longues et la précarité de leur revenu.
Les jeunes commettent plus de crimes contre la personne en moyenne que les vieux qui affectionnent plutôt les crimes contre les biens.
Les morts violentes, les excès de toutes sortes et les vies hyper actives sont le plus souvent le lot des jeunes, tandis que les lâchetés, les compromissions et les démissions sont plus souvent le lot des vieux.
Les justiciables, les jurés, les accusés et les procureurs sont en moyenne plus jeunes que les juges.
SEXE & AMOUR
Administration
Dans un couple d'amoureux, il y en a toujours un qui administre pour l'autre.
Un couple amoureux épargne pour construire. Un couple sexuel dépense pour séduire.
Anthropologie
Dans les sociétés anciennes, l'amour avait moins d'importance que le sexe, et celui-ci moins que la transmission du nom et du patrimoine.
Le sexe est sali par les pervers, mais aussi par les puritains. L'amour est sali par les sans coeur, mais aussi par les manipulateurs. Les deux sont propres quand on les accepte comme deux merveilleuses et jouissives manifestations de la vie.
Économique
Le sexe s'achète et s'échange, mais l'amour donne et se donne.
Le sexe est meilleur avec l'amour, et vice versa.
L'industrie du sexe brasse des milliards de dollars, mais l'activité de l'amour génère tout le bonheur humain.
La prostitution est le sexe monnayé. Le mariage est l'amour monnayé.
Par l'État qui taxe beaucoup et qui fait payer de plus en plus les services publics, la sollicitation sexuelle payante est illégale, mais la gratuite est permise.
Géographie
En Occident, les pays où les femmes sont mieux aimées sont ceux où les hommes n'ont pas peur de leur propre désir.
La Thaïlande et le Vatican sont les extrêmes d'une même chose.
Les lieux sexuels sont tout aussi caractérisés et localisés que le lieux alimentaires, industriels, politiques et commerciaux: ce sont les chambres à coucher, bars, bancs arrières des voitures, sex-shops, salons tamisés, parkings, boisés, hôtels.
Les quartiers chauds des villes sont mal famés pour trois raisons: ils ne visent pas la procréation qui fortifie la société, le mépris historique toujours attaché à la vie sexuelle, la misère morale, sociale et criminalisée qui les habite.
L'amour, beaucoup plus que le sexe, a formé les couples qui ont décidé la cohabitation dans un quartier précis.
Les sex-shops près des écoles sont inappropriés, car les seuls plaignants, les parents, n'aiment pas revenir en arrière.
Histoire
Éros, ou le désir sexuel, fut avec la Liberté, la dimension humaine la plus persécutée.
On parla d'amour pendant des siècles en persécutant le sexe. On exhibe commercialement aujourd'hui beaucoup de sexe sans trop parler d'amour, car l'amour implique une sincérité, une authenticité dont le sexe peut se passer.
La liberté des murs a permis la liberté de parler du sexe, et l'Occident assiste à une désintimisation orgiaque du sexe.
Ceux qui persécutent et méprisent le sexe afin de valoriser l'amour génèrent pernicieusement beaucoup de haine.
Les périodes de répression sexuelle ont engendré l'exhibition sexuelle dans l'art, ce qui tendrait à prouver que trop de sexe visible signifie moins de sexe réel.
En salissant le sexe pour surévaluer l'amour on fit un grand tort à l'amour en le dépossédant d'un de ses plus beaux atouts, voire même de son initiateur.
Les jeunes font mieux l'amour que leurs aînés parce qu'ils commencent plus tôt que leurs parents et parce qu'ils se sont libérés des répressions puritaines qui gênèrent leurs aînés.
La haine et la peur du sexe véhiculées par l'Église, le stoïcisme et la lutte à la nécrophilie romaine antique, s'allièrent dans une offensive bimillénaire contre la sensualité humaine qui dégénéra en Occident en un véritable désastre psychosexuel, dont l'Occidental chercha péniblement à se remettre de la Renaissance au Xxe siècle.
Politique
Les scandales sexuels n'arrivent que dans les sociétés puritaines.
Le discours politique ne parle ni de sexe ni d'amour, car l'un comme l'autre ne se laissent pas dominer.
Mélanger sexe et politique n'est pas une faute morale, mais une erreur politique.
La loi souvent, voire toujours, réglemente strictement et sévèrement le comportement sexuel, car il peut être un facteur de désordre et d'exaction. Mais il ne légifère pas le sentiment amoureux, sauf dans le mariage qui fixe l'unité de reproduction sociale qu'est la famille.
Philosophie
Le sexe au féminin est l'apothéose d'un amour passionné; au masculin, la voie royale d'un amour possible.
Baiser sans aimer est une décision personnelle qu'une personne peut prendre et qu'on ne peut juger.
Le plaisir sexuel n'est pas la joie amoureuse, mais vaut mieux lui que rien du tout.
Sexe et Amour ne se créent pas l'un l'autre, mais perdurent l'un par l'autre.
L'amour peut se corrompre en jalousie, manipulation et domination et le sexe en exploitation et en narcissisme. Pourtant, l'orgasme est le plaisir le plus vif qui soit et l'amour est le sommet de la vie.
Sexe et Amour: la vie vient du premier et vaut la peine d'être vécue par le deuxième.
sexe et amour signifient souvent tous deux les deux réalités qu'elles nomment parce que l'un enfante souvent l'autre tout autant que l'un se méprend sur l'autre.
Il n'est pas sûr que les animaux ne connaissent pas l'amour bien qu'ils est certain qu'ils connaissent le sexe; mais il est dommage que des humains ne connaissent ni l'amour ni le sexe.
Sexe sans amour s'appelle la baise. Amour sans sexe s'appelle l'amitié. La société a peur du 1er, non du 2e.
Psychologie
Le sexe procrée ce que l'amour éduque.
Dans un couple, le sexe et l'amour ne sont pas en équilibre, mais un par dessus l'autre.
Le sexe est plus violent que l'amour, car il est prêt à violer les lois. Mais l'amour est plus durable, car il est prêt à procréer et à élever des enfants pendant près de 20 ans.
On aime ou on désire, mais rarement ensemble, à tout le moins le désir sexuel est plus épidermique et violent, le sentiment amoureux plus stable et plus profond.
Le physique, par la vue pour les hommes et par le toucher pour les femmes, excite le sexe, mais on ne sait trop ce qui déclenche l'amour ,peut-être la vue dans l'autre de l'idéalisation complémentaire de soi.
Sociologie
« L'acte du mariage » est la plus mauvaise définition jamais donnée du coït... et de certains mariages vieillissants.
Les pauvres ont des activités sexuelles moins fantaisistes et plus banales que celle des riches.
L'amour est plus souvent associé à la richesse et le sexe à la pauvreté, car le riche peut plus facilement s'offrir et entretenir le 1er et le pauvre est souvent réduit à offrir et survivre par le 2e.
L'amour et le sexe se vivent plus fréquemment entre gens de même milieu social.
Le sexe et l'amour ont ce point commun de n'être jamais seul, même le 1er par le fantasme et même le 2e par le souvenir. Le 1er peut se renouveler en se masturbant mais le 2e dépérit par l'absence.
La pornographie est le harem du pauvre, et les dons de charité sont l'amour des gens avares de leur temps.
La société perçoit mieux l'amour que le sexe, car le 1er est facteur de stabilité et le 2e une force plutôt indocile. Pourtant, le sexe reproduit la société tandis que l'amour est un sentiment fragile, voire éphémère ou inutile, bien qu'éminemment épanouissant.
HOMMES & FEMMES
Administration
Les hommes occupent encore un plus important pourcentage des postes de l'administration supérieure, mais l'écart se rétrécit lentement.
Les femmes sont plus présentes en affaires avec leur conjoint que les hommes ne le sont avec leurs conjointes.
Plus casse-cou, les hommes font plus souvent faillite que les femmes, plus prudentes.
Dans les affaires alimentaires et vestimentaires, la femme surtout décide; dans les affaires immobilières et d'automobile surtout l'homme décide.
Anthropologie
Le contrat sexuel entre l'homme et la femme aux temps préhistoriques fit que la femelle humaine s'offrit sexuellement toute l'année en échange de nourriture et de protection fournies par l'homme.
La maternité fut pour les femmes source de valorisation et de servitude. La paternité source de fierté et de puissance.
Les religions construites par les hommes ont persécuté les femmes à tel point que, pour s'en faire aimer, elles sont devenues pieuses.
L'évolution physique des hommes et des femmes est multimillénaire, et dota l'homme d'environ 10% de musculature en plus de celle de la femme. Leur évolution psychologique est séculaire, voire décennale, se modifie par la culture et les moeurs avec une rapidité remarquable dans le sens de l'abolition des différences sexuelles.
Les hommes demandent aux femmes davantage de faveurs sexuelles que d'avantages économiques et de statut social; et les femmes inversement.
Économique
Les métiers traditionnellement féminins sont moins dangereux et musculairement moins exigeants que les métiers traditionnellement masculins, qui sont toujours mieux payés, mais pas toujours pour ces deux raisons.
La sexualisation des métiers est purement sexiste, mais il est fort curieux que la fouille des prisonniers et les soins infirmiers soient liés au sexe réciproque des personnes impliquées.
L'offre supplémentaire de travail féminin a fait d'une part baisser les salaires, mais d'autre part et plus encore elle a augmenté le nombre et la qualité des biens et services, ce qui revient en somme à augmenter la richesse de tous les citoyens.
L'activité de production des hommes est calculée dans la Comptabilité nationale en tant que production, non celle des ménagères et des mères de famille. Il s'ensuit que la production et l'entretien de la vie sont considérés comme des consommations.
Les petites vieilles sont plus riches que les petits vieux, car elles héritent des seconds. Et les petites filles sont matures plus vite que les petits garçons. La nature serait-elle sexiste envers les hommes ?
Géographie
Dans les pays sexistes, hommes et femmes ne s'assoient pas ensemble au restaurant.
Il y a moins de femmes que d'hommes dans les zones nouvelles à développement, dans les zones frontalières ou éloignées du centre de gravité démographique d'un pays.
La plupart des pays possèdent un nombre à peu près égal d'hommes et de femmes.
La femme musulmane est moins libre que la femme japonaise qui l'est moins que l'italienne qui l'est moins que l'américaine, qui l'est moins que la suédoise. Le machisme en ces pays est dans le même ordre inversé.
La distance coupe tout lien sexuel, mais non tout lien amoureux. La proximité permet tout contact sexuel mais ne garantit pas tout lien amoureux.
Histoire
Les hommes firent l'Histoire en l'absence des femmes très souvent pour en obtenir simplement un plus grand nombre.
La soumission historique des femmes s'expliquerait, jusqu'à tout récemment, en partie par leur santé plus fragile que celle des hommes, par de fréquentes maternités et par l'art médical déficient.
La femme fut extérieurement et politiquement soumise à l'homme. Malheureux tous les deux, l'homme désira à son tour se soumettre à l'amour d'une femme. C'est ainsi que l'homme romain créa le modèle amoureux occidental.
Aujourd'hui, chez la femme la carrière a remplacé la procréation; chez l'homme la préparation à la retraite a remplacé la vie sous les drapeaux. Dès lors, la première a moins besoin de mettre au monde ce que l'autre se préparait à envoyer dans l'autre monde.
Politique
L'exercice du pouvoir n'est d'aucune façon lié au sexe, car Jézabel, Judith, Agrippine, Jeanne d'Arc, Élisabeth 1ère, Magaret Thatcher, Indira Gandhi et Bénazir Buttho n'ont jamais mis de gants pour l'exercer.
Pour s'affirmer, les femmes sont aussi dures que les hommes dans l'exercice du pouvoir, mais aucun grand massacre ou génocide historique ne leur est imputable.
Les hommes dominent toujours les centres du pouvoir, même dans les pays démocratiques, sauf dans quelques rares pays scandinaves. Plus le pays est latin et catholique, arabe et musulman, bouddhiste et asiatique, moins la cause des femmes est en avance.
Philosophie
La Philosophie ne s'est presque jamais intéressée aux femmes; même les remarquables philosophes Hannah Arendt et Simone Weil ont toujours discouru de politique, jamais de question féminine, sauf de rares telle Simone de Beauvoir dans le Deuxième Sexe.
Si égal ne veut pas dire semblable, une différence peut-elle engendrer une inégalité ?
Si l'homme et la femme sont ontologiquement égaux, et doivent être politiquement et socialement égaux, leurs différences s'exprimeront-elles dès lors seulement au lit ?
La philosophe Hannah Arendt a pensé le phénomène révolutionnaire avec autant de profondeur que le philosophe Alain a réfléchi sur la guerre.
Psychologie
Le mâle humain est le seul animal qui parle à une femme d'autre chose que ce à quoi il pense.
L'homme aime la femme par son désir, la femme aime l'homme à son statut.
L'homme est-il de moins en moins masculin et la femme de moins en moins féminine parce que ces qualificatifs seraient de moins en moins pertinents pour saisir leur humanité ?
« Les aptitudes naturelles sont également réparties entre les deux sexes , de même que conforme à la nature leur égale participation à tous les emplois», disait déjà Platon.
La façon dont le père aime sa fille et la mère aime son fils détermine impérativement leur vie affective et amoureuse.
Les hommes ont un meilleur sens de l'orientation que les femmes qui, elles, surpassent les hommes dans la reconnaissance des couleurs.
Les hommes se suicident 4 fois plus que les femmes, et avec des moyens plus violents qu'elles.
La femme fait l'amour parce qu'elle aime, l'homme fait l'amour et aimera plus tard.
La femme est plus pleurnicharde, plus jalouse et plus exhibitionniste, et préfère les petites et discrètes décorations; l'homme est plus réservé, plus violent et plus voyeur, et préfère les décorations grosses et voyantes.
Sociologie
Les femmes belles et les hommes détenteurs de pouvoir s'épousent plus souvent entre eux, et de même entre eux les femmes laides et les hommes socialement défavorisés.
Le sexe et l'amour sont deux stimulants publicitaires puissants parce qu'ils sont universellement désirés et facilement excitables.
Le criminel est plus fréquemment mâle que femelle; les femmes sont plus conformistes et respectueuses des lois que les hommes.
Les femmes sont plus présentes dans les organisations bénévoles que les hommes.
GUERRE & PAIX
Administration
L'autarcie est plus souvent liée à la guerre qu'à la paix, et l'interdépendance commerciale à la paix qu'à la guerre.
La guerre cesse par des contrats que sont les traités de paix qui stipulent droits et devoirs des anciens belligérants.
À la guerre, la logistique impose ses contraintes à la tactique. En période de paix, la diplomatie s'impose d'elle-même à une politique de paix.
Anthropologie
L'homme a un besoin inné d'être le plus fort sur les autres et sur un territoire, et s'érige en vainqueur et propriétaire.
La guerre n'est pas liée à la nature de l'homme, mais à l'ignorance qu'il a de sa propre sécurité.
On tue (Rémus/Nicolas II) pour fonder, mais on fait la paix (Numa/Staline) pour durer.
Économique
Il n'y a pas de guerres pour des raisons économiques. On cache son inavouable désir de tuer par celui plus avouable de s'enrichir.
L'Économique est uniquement pacifique, car l'homme de paix, voire le cupide, aime accumuler et préserver, tandis que l'homme de guerre aime dilapider et détruire, y compris sa propre vie.
L'armement coûte moins cher qu'une guerre perdue, car il n'y a pas de prix à la liberté.
La guerre est la consommation la plus accélérée qui soit et la paix la consommation la plus désirable.
Un dollar investi dans l'industrie militaire a un multiplicateur plus faible qu'un dollar investi dans l'industrie civile.
Les profits rapides de certains en temps de guerre ne compensent jamais les destructions subies par le plus grand nombre, et les profits stables et réguliers en temps de paix génèrent un enrichissement durable et plus important.
La guerre diminue le chômage, mais aussi la richesse. La paix diminue l'excitation et la solidarité, mais aussi le malheur.
Géographie
La guerre a agrandi les territoires d'un pays, mais la paix les a préservés.
Scandinavie, zone de paix, car y fleurit la philosophie des Lumières; Proche-Orient, zone de guerre, car y sévissent les extrémismes religieux. L'Occident riche et vieillissant est plus pacifique que le Sud jeune et pauvre.
Les champs de batailles sont devenus des sites historiques et des musées. En temps de paix, on prend plus soin du gazon où les soldats sont morts qu'ils n'ont pris, en temps de guerre, soin de leur propre vie.
Certaines générations de certains pays n'ont connu que la paix, d'autres n'ont connu que la guerre.
Les zones petites et fragmentées (Proche-Orient, Asie du Sud-Est, Amérique centrale) sont plus vulnérables aux conflits de longue durée que les zones continentales (Amérique du Nord, Europe, Inde-Chine-Russie).
L'hiver russe perdit Napoléon et Hitler. L'insularité, qui ne fut d'aucun secours en 1066, sauva l'Angleterre en 1941. Le froid arrêtait les guerriers arabes aux abords de l'Europe (Pyrénées et Taurus), mais la chaleur ne fut pour rien dans la victoire alliée et la défaite fasciste à El Alamein.
Chaque guerre se déroule sous un climat et sur un relief typiques qui conditionnent sa tactique, mais la haine qui l'anime est semblable sous tous les cieux et nourrit sa dynamique.
Histoire
La récurrence historique des guerres n'est pas la preuve de leur pérennité.
Dans la guerre on se prive, dans la paix qui s'ensuit on se tire en l'air, comme le prouvent la période impériale romaine, la Régence française et les années occidentales 1920s et 1960s.
La guerre recule et la paix progresse quand l'éducation, la démocratie et le droit international se diffusent et se raffermissent; et inversement.
L'histoire se souvient plus des guerres que des paix, confirmant la belle chanson « Plaisir d'amour ne dure qu'un moment, chagrin d'amour dure toute la vie »
Politique
On peut tout faire avec une épée, sauf s'asseoir dessus. On peut tout faire dans la paix, sauf s'endormir si on veut la préserver.
Une paix trop ou mal armée est une guerre future.
Les tyrans modernes furent bellicistes et belliqueux, mais les tyrans grecs anciens assez pacifiques.
Moins la divergence d'opinion créant la guerre et la convergence d'opinion créant la paix, c'est la volonté d'en exclure la violence qui font les opinions génératrices de paix et exclusives de guerres.
La guerre durcit le régime politique d'un pays et la paix l'assouplit.
Entre gouvernants et gouvernés, une dictature est une sorte de guerre incessante; une démocratie est un engagement pacifique et renouvelable entre eux.
Les vieux déclenchent en y devenant riches et célèbres les guerres que les jeunes font en y mourant.
« La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens » (disait Clausewitz) quand la politique s'est détournée du bonheur commun de vivre en paix, finalité éthique de la politique.
Philosophie
La guerre est incompatible avec l'unité et l'harmonie du monde.
Il n'y a pas de mauvaise paix et de bonne guerre, pourtant il y aurait des paix injustes et des guerres justes.
Le lâche crée et nourrit le belliciste en lui laissant la place. Le courageux crée et nourrit le pacifique, en défendant sa place.
Confondre guerre et force, c'est confondre violence et bienfait. Confondre paix et faiblesse, c'est confondre calme et mollesse.
Psychologie
La guerre est un refoulement qui éclate et la paix une réconciliation intérieure.
La guerre laisse des séquelles psychologiques pénibles chez les combattants qui visitent cet enfer extrême de la condition humaine. La paix entraîne les bienfaits les plus doux que regrettent amèrement ceux qui l'ont perdue.
Plus de dix générations sont nécessaires pour oublier une guerre. Une seule génération peut déclencher une guerre séculaire.
Sociologie
L'inégalité politique et sociale est mère des guerres et l'égalité démocratique et sociale est mère de la paix.
Dans un pays en guerre le taux de mortalité augmente, et ceux de natalité et de nuptialité baissent; et inversement le plus souvent dans un pays en paix et en prospérité.
Une guerre majeure modifie la priorité des valeurs, les coalitions sociales, voire l'ordre social, d'un pays.
Une guerre est si complexe que le grand nombre qui a voulu l'expliquer l'a embrouillée. La paix est si simple qu'on l'a définie comme le contraire de la guerre qu'on trouve si complexe.
Le Nord & le Sud
Administration
Je passe du Nord au Sud, j'administre, du Sud au Nord je suis administré.
Le Nord gère mieux ses pays que le Sud, qui est sous-administré.
Le Nord abrite les sièges sociaux des multinationales, le Sud des succursales.
Anthropologie
L'histoire et la culture du plus petit des continents, l'Europe, a bouleversé celles des autres plusieurs fois plus gros que lui.
Au Sud ils ont des coutumes, au Nord nous avons des modes.
La culture industrialisée du Nord est plus uniforme, celle du Sud traditionnel plus diversifiée.
Économique
Le Nord est plus riche, le Sud plus pauvre, mais ils sont fort complémentaires.
Le Sud construit ses infrastructures que le Nord construisit pour lui-même en 1950-60.
Géographie
Marche sans arrêt vers le Nord et tu arrives au Sud !
Le Nord est plus continental, plus froid que le Sud qui est plus océanique, plus chaud, plus populeux, plus luxuriant.
La géographie du Nord incite au travail, celle du Sud au plaisir.
Malade au Nord de trop manger, et au Sud de trop peu.
Histoire
Le Nord écrit l'Histoire que le Sud subit.
L'histoire du Sud est plus ancienne que celle du Nord. La Chine, l'Inde et l'Égypte (Sud) sont plus anciennes que les États-Unis, l'Australie, voire que toute l'Europe.
Le Sud fut surtout colonisé, le Nord surtout colonisateur, avec de notables exceptions: les USA, le Canada et l'Australie.
«J'en ai marre qu'on me dise pays du Nord, moi qui suis le plus au sud de la planète» dixit L'Australie.
Plusieurs pays (États-Unis, France, Italie, Grèce ancienne, Rome, Corée, Vietnam) virent leur Nord et leur Sud s'affronter militairement.
Les Nordistes sont tous des immigrants historiques venus du Sud, et les Sudistes des candidats à l'émigration vers le Nord.
Jadis, les hommes montaient vers le Nord, aujourd'hui les techniques vont vers le Sud.
Politique
Les chefs d'État du Nord sont plus influents, ceux du Sud plus turbulents.
Le Nord est plus doux et démocratique, le Sud plus dur et plus autoritaire, mais le premier influence le second, qui imite lentement le premier.
Le racisme au Nord est un préjugé qui est, tout au fond, anti-sudiste.
Psychologie
Sigmund Freud vient du Nord, les gourous (Moon) viennent du Sud.
Le Sud apitoie de loin, et effraie de près. Le Nord est envié de loin, et inaccessible.
Un «nordiste» risque sa vie en visitant le Sud, un «sudiste» risque la sienne pour pénétrer au Nord.
Sociologie
L'État et l'individu dominent la société du Nord, la famille celle du Sud.
La natalité, la mortalité, la précarité de la vie, les conflits sanglants, les inégalités sociales, la vie villageoise et rurale, la forêt luxuriante sont le lot du Sud, que médiatise le Nord.
Philosophie
Le Nord rêve du Sud en touriste, le Sud rêve du Nord pour y travailler. Le Nord pontifie sur le Sud, le Sud quête vers le Nord.
L'homme est foncièrement le même au Nord comme au Sud, car il n'y a qu'une nature, qu'une espèce humaine. La nature, dit Aristote, est ce qui est toujours ou le plus souvent.
Les crimes & l'honnêteté
Administration
Les crimes requièrent plus de paperasse pour les combattre que pour les commettre.
Les gens honnêtes administrent les criminels écroués qui, en liberté, ont «administré» les honnêtes citoyens.
Les criminels richissimes sont des administrateurs du vice, les administrateurs de la vertu sont le juge et le législateur.
Les crimes doivent être prouvés en Cour, l'honnêteté coule de source sans justification.
Anthropologie
Dans toutes les cultures l'honnête citoyen est prisé et le criminel méprisé.
Économique
Le criminel paie des amendes et va en prison, l'honnête citoyen paie des taxes et part en vacance.
L'inégalité frappe et le crime et l'honnêteté: le 1er par la gravité graduée des peines et la 2e par l'inégalité des revenus.
Le crime fait perdre plus aux honnêtes gens qu'il n'enrichit les criminels.
Les citoyens honnêtes rapportent plus à l'État que ne lui coûtent les criminels.
La prospérité diminue la criminalité, et la misère l'augmente.
Un propriétaire de commerce peut, s'il le désire, être son propre voleur, un peu comme le fumeur son propre fossoyeur.
Géographie
La justice respecte comme un douanier les frontières que le criminel saute comme un kangourou.
Les crimes et les peines varient d'un pays à l'autre; mais chez tous les secondes punissent les premiers, et le meurtre et le viol sont partout interdits.
Si les crimes sont plus fréquents chez les pauvres que chez les riches, est-ce à dire que la corruption est plus répandue au Sud qu'au Nord, ou que le crime est moins découvert chez les riches ?
Histoire
Le crime a toujours existé et, malgré la présence de grands chefs d'État criminels, l'honnêteté et la justice ont prédominé. On croit le contraire parce que le plaisir s'oublie et la peine demeure.
La criminalité privée diminue et les peines s'adoucissent au cours des âges.
Politique
Les dictateurs modernes furent, sous les applaudissements des foules, les hommes les plus honnêtement criminels, dit-on incorrectement,. Par une réalité paradoxale, ils furent légalement criminels. Mieux dit, ils furent idéologiquement criminels.
La criminalité politique est la plus meurtrière et la plus coûteuse. Elle culmina de 1914 à 1945.
«Les tribunaux sont plus cléments
pour un criminel épris de remords,
et plus négligents
pour un citoyen sans dollars. » (un poète)
Nos politiciens en démocratie ne sont pas plus honnêtes ou malhonnêtes que les autres catégories de citoyens. L'opinion croit le contraire, car il parle trop pour ce qu'il fait.
Le politicien honnête manie sans mentir une vérité partielle et efficace; au delà, il est malhonnête, en deçà il est impopulaire et inefficace.
Psychologie
L'honnête citoyen se culpabilise pour un rien, le criminel nullement pour une infamie monstrueuse.
Il y a 3 sortes de criminels: la sain d'esprit incurable, le psychopathe irresponsable, et le troublé rééduquable. Il n'y a qu'une sorte d'honnête homme: l'éduqué bienveillant.
Sociologie
Les criminels forment une mini-société archaïque, sommaire et brutale de type féodal, les honnêtes gens une société moderne, complexe et plus douce de type parlementaire.
Les riches volent moins souvent mais plus gros, les pauvres plus souvent mais moins gros.
Les voleurs pauvres fuient la loi, les voleurs riches la manipulent .
En proportion, les criminels volent plus les honnêtes gens qu'ils ne se volent entre eux, mais ils s'entre-tuent plus qu'ils ne tuent les honnêtes gens.
Philosophie
Vaut mieux l'honnêteté obscure que la célébrité criminelle !
Seules quelques philosophies valorisent le crime (le cynisme, le machiavélisme, le satanisme et le sadisme), et presque toutes louent l'honnêteté et blâment le crime
Le criminel a des valeurs éthiques différentes, et moins nombreuses, que l'honnête citoyen. Le criminel respecte la force violente, méprise la bonté, mais refuse pour lui la 1ère et demande à tous pour lui la 2e. Sauf dans la famille et entre amis, l'honnêteté n'est guère socialement récompensée; elle est sa propre récompense.
SANTÉ & MALADIE
Administration
À la différence du malade, le bien portant s'administre lui-même.
La plus payante administration qui soit est l'entretien préventif de sa santé, la plus coûteuse en maladies sa négligence (tabagisme, sédentarité, alimentation médiocre, imprudences).
Les coûts de la santé publique sont moins faramineux que les coûts de la maladie.
Les soins de santé coûtent cher, sont nécessaires, touchent la douleur extrême, nous sauvent de la mort, donc s'administrent très difficilement, car administrer c'est choisir et retrancher.
Anthropologie
Les malades modernes le sont plus longtemps que les malades primitifs, mais pour des maladies moins superficielles. Pourtant, n'est guère superficielle la maladie qui tue.
Certaines civilisations, et certains de nos compatriotes peu instruits, croient encore qu'un grand Esprit peut les guérir.
Économique
Le citoyen en santé paie pour son compatriote malade; mais tour à tour dans leur vie ils seront en santé et malades.
Vaut mieux prévenir que guérir, c'est plus économique. Pourtant, on paie plus pour l'hôpital où on souffre que pour la prévention quand on ne souffre pas.
Un malade est plus riche au Canada qu'au États-Unis, mais serait déjà mort dans un pays très pauvre.
Géographie
Le paludisme, la maladie du sommeil au Sud, les maladies cardio-vasculaires, les suicides, les accidents routiers au Nord, mais le sida à tous les deux.
Ta santé sera meilleure en campagne qu'en ville, mais la maladie de l'ennui te guette moins à la ville qu'à la campagne.
Histoire
La santé publique occidentale s'est améliorée merveilleusement depuis 200 ans, mais les maladies résiduelles (sida, cancer) sont plus tenaces.
Le sorcier a été remplacé par le docteur, la saignée par la pilule, mais aussi la tombe par l'hôpital.
Politique
Le premier devoir du chef de l'État est la sécurité et la santé des citoyens. Le dernier est sa réélection.
Le premier devoir du citoyen est de l'élire en santé, le dernier de le congédier s'il est malade.
Psychologie
La maladie se définit par la souffrance et le dysfonctionnement, la santé par la plénitude et la paix du corps.
La maladie altère la qualité de la vie de l'esprit, qui est à son meilleur en santé.
La maladie guette l'homme en santé, la dépression le malade, la mort le déprimé.
Si le rire guérit, les malades ne rient guère.
Sociologie
Les malades sont moins heureux, créatifs et productifs que les gens en santé. Le riche est plus en santé que le pauvre qui est plus souvent malade.
Les gens en santé ont moins de temps, plus d'argent et plus de loisirs, les malades plus de temps, moins d'argent et moins de loisirs.
Le malade mental effraie plus les bien portants que le malade physique.
Philosophie
Notre santé est notre premier devoir, celle des autres notre second.
La maladie fait réfléchir trop tard les insouciants qui ont perdu trop tôt leur santé par leur faute.
Vivre en santé le plus vieux possible semble être le seul paradis auquel croient et aspirent les modernes que nous sommes.
SCIENCE & IGNORANCE
Administration
L'ignorant gère son budget comme le scientifique ses émotions.
Comme l'administration, la science est méthodique, et comme la désorganisation l'ignorance est brouillonne.
L'ignorance coûte cher et ne rapporte rien, la science coûte moins cher et rapporte quelque chose.
Les entreprises embauchent les connaisseurs et congédient les incompétents.
La science contrôle tout, même les ignorants.
Anthropologie
Le savoir des peuples sans modernité est surtout humain, le nôtre surtout technologique. Nous sommes moins excusés d'ignorer le leur qu'eux le nôtre ?
Plus une culture est riche, plus elle s'instruit au delà du nécessaire; plus elle est pauvre, moins elle peut s'instruire du nécessaire.
Économique
Pauvre est l'inculte, riche est l'homme de culture.
«Qui s'instruit s'enrichit» est statistiquement vrai, mais les plus riches du monde ne sont pas les plus instruits du monde. De gros incultes sont riches, et des hommes très instruits sont encore pauvres.
La science coûte très cher, l'ignorance encore plus. La science enrichit et l'ignorance appauvrit.
Les ignorants paient les taxes qui entretiennent les savants, qui sont donc doublement savants...
Histoire
Les civilisations anciennes étudiées furent savantes; les ignorantes, sans trace, sont oubliées à jamais.
L'histoire des idées est celle de son augmentation en nombre et de son inflation en mots.
Des siècles de civilisation ont fait reculer l'ignorance par la science qui avance, bien qu'à la naissance nous sommes tous à la même place: semblablement ignorants.
Les Lumières, les premières, firent accéder le plus grand nombre aux joies et vérités de la science.
Politique
Les politiciens manipulent avec science l'ignorance des citoyens. Les citoyens éclairés évincent rapidement des politiciens ignorants.
Si Hitler avait été cultivé et savant en éthique... Si Auguste n'avait pas rétabli la torture judiciaire pour les citoyens romains... Si... Une vie de bonheur pour des siècles et des millions de gens aurait été notre paradis à tous.
Psychologie
Toute connaissance prouvée est une gloire, toute ignorance imposée une tragédie.
Sociologie
Les parents pauvres n'encouragent pas leurs enfants aux études, voire les en découragent. Les parents plus fortunés font tout le contraire.
En ouvrant sa bouche on révèle sa classe sociale, en la fermant la qualité de sa philosophie.
Géographie
En moyenne, l'Amérique est plus savante que l'Afrique, mais moins que le Japon. Au total, l'Amérique est plus savante que le Japon, car elle est plus populeuse.
Les étudiants du Sud viennent étudier au Nord, et les étudiants vont au Sud y voyager.
Philosophie
La science est sans fin et l'ignorance sans fond.
Socrate le savant feignait l'ignorance. Abélard et Galilée les savants exhibaient fièrement leur science. Tous trois effrayèrent les jaloux et les ignorants qui les persécutèrent avec une cruauté incroyable.
Le savant est stimulé par ce qu'il ne sait pas, l'ignorant exalté par ce qu'il croit savoir.
Le vrai savant méprise l'ignorance, non l'ignorant.
La science guérit l'ignorance de l'esprit, assez peu les souffrances qui agitent le coeur.
La science a remplacé Dieu, pourtant elle dit en savoir moins que lui.
La beauté & la laideur
Administration
La beauté de la gestion provient de la laideur des chiffres.
Les administrations embauchent plus les beaux gars et les belles filles que les autres. Les postes supérieurs vont de préférence aux gens de grande taille. En réaction, les gens de petite taille, évincés, sont plus dynamiques, voire plus agressifs.
L'administrateur s'habille bien pour impressionner et séduire, l'administré s'habille mal pour s'affirmer et protester.
Chez les administrateurs, les beaux sont les influents et les dynamiques, et les laids les parasites et les paresseux.
Anthropologie
La beauté et la laideur artistiques varient fortement selon les cultures, mais les canons de la beauté du corps humain dénudé ont très peu variés.
Avec les primitifs, nous avons en commun le body piercing qu'on trouve très beau, car nous préférons nous faire mal que nous faire caresser, qu'on trouve très laid.
Économique
Les gens beaux, grands, sont plus souvent embauchés et mieux payés que les laids et petits.
La beauté n'apporte pas à dîner, mais peut payer un dîner.
Refaire chirurgicalement sa beauté coûte cher, mais peut rapporter gros.
Les riches sont généralement plus beaux que les pauvres, qui sont d'ordinaire plus laids, pour cette raison séculaire que les riches épousent plus souvent les belles et les pauvres n'ont plus que les laides.
Les beaux dépensent beaucoup pour la beauté qu'ils ont déjà et les laids quasiment rien pour la beauté qu'ils pourraient obtenir.
La beauté n'est pas la richesse, ni la pauvreté la laideur, mais ils sont souvent couplés.
Géographie
L'homme n'a jamais fait une rue aussi belle qu'un chemin de montage, et la nature une laideur aussi grande qu'une ruelle à poubelles.
Chaque pays a ses beautés, mais certains sont plus beaux que d'autres, que notre patriotisme ne reconnaîtra jamais.
L'étranger nous parait ou plus horrible ou plus beau que notre compatriote.
La blonde est belle au sud, la brune au nord. La grasse hier, la mince aujourd'hui; mais la volage partout et toujours, et la prude nulle part et jamais.
Histoire
Chaque époque a son style de beauté, mais la laideur semble être la même à toutes les époques.
Hier, on souffrait pour être belle, pour moins souffrir de ne pas l'être. Aujourd'hui, on paie très cher pour les deux mêmes raisons.
Le temps embellit ce qui fut laid. La beauté échappe au temps, sauf nos corps trop mortels.
Hier furent désirables les femmes grasses, aujourd'hui les femmes minces, pourtant les hommes de tout temps furent désirés grands et bien membrés.
Des anneaux dans les grandes lèvres de la vulve, c'est devenu très beau, et porter une soutane très laid, parce qu'aujourd'hui nous tenons mordicus au respect de la personne.
Politique
Un homme au pouvoir épouse de préférence une femme belle, qui est sexuellement excitée par le pouvoir.
Des hommes fort laids (Hitler, de Gaule, Diefenbaker) devinrent chefs d'État, que les plus belles femmes désirèrent. Les femmes chefs d'État suivantes (Indira Gandhi, Benazir Buttho, Chamarro, Thatcher, Golda Meir, Kim Campbell, Élisabeth 1ère) ne doivent rien à leur beauté ou à la laideur de leur mari.
La paix et la richesse embellissent, leur contraire enlaidit.
Psychologie
La beauté attire, la laideur repousse, mais on s'habitue à l'une comme à l'autre, on peut même les oublier.
On est beau différemment à 20 ans et à 50, voire à 70. Mais la laideur est moins cruelle à 70 ans, car elle est très partagée.
On est beau malgré soi, mais on a du charme volontairement.
Les femmes se jalousent pour la beauté, les hommes pour le pouvoir; dans les deux cas, c'est laid.
Une femme belle écrase, voire effraie. Une femme jolie attire, voire retient.
Ceux qui vouent un culte à la beauté sont tyrannisés par elle, et sont finalement vaincus par la laideur.
Il y a différents types de beautés physiques, diversement appréciées par chacun. Mais la laideur a moins de catégories différentes, car on a moins d'ardeur à l'étudier.
La laideur entraînent quelques fois des problèmes d'estime de soi ou des autres, de confiance en soi ou dans les autres, voire d'identité et de santé (anorexie, boulimie, rejet social ou gain sans effort). La beauté altère les perceptions sociales.
L'homme veut une femme belle même sotte, la femme un homme riche même laid, mais en amour beauté et richesse sont insuffisantes pour qu'il dure.
Sociologie
Les media, le monde et la mode survalorisent la beauté physique, et négligent, voire ignorent, la beauté morale, sauf quand elle est spectaculaire ou héroïque.
Les beaux s'assemblent, comme les laids, notamment dans les couples. Mais en chaque groupe le plus beau commande, et le plus laid subit.
Philosophie
Quelle injustice affreuse la nature -ou Dieu !- commirent-ils en fabriquant pour leur bonheur ou leur malheur immérités, les gens beaux et les gens laids !
La beauté est celle de l'âme disait Socrate, mais c'est jusqu'au fond de l'âme qu'on tressaille à la vue d'un beau corps.
Le sage regarde la beauté intérieure, veut nous convaincre qu'il la préfère à la beauté extérieure. Mais le sage un peu laid, ne serait-il pas un tantinet jaloux des gens beaux et peu sages ?
La beauté ne fait pas le moine, simplement l'habit.
Même beau, un moine sans habit ne se trouverait pas beau, parce que c'est un moine.
Beau ou laid, je serai bon; et bon, je serai beau.
Dieu & Satan
Administration
Dieu est associé à la création, Satan à la destruction. L'administration humaine se situe plutôt entre les deux: la conservation.
Les partisans de la prédestination croient que Dieu administre leur vie dans les moindres détails; les satanistes, ceux qui vouent un culte à Satan, lui prêtent la même puissance.
Dieu est le premier de tous les administrateurs qui, pour ne pas travailler, délèguent; il fait administrer le mal par Satan.
Tout administrateur se prend pour Dieu; tout administré le prend pour Satan, et tous les deux le cachent.
Dans les deux cas tout croyant signe un contrat pour l'éternité.
Les institutions de Dieu, qui prêche l'obéissance, sont plus facilement administrables que le institutions du diable, qui hurle à tous la révolte.
Anthropologie
Dieu et Satan sont les deux faces de l'homme, car il s'admire lui-même dans un cas et se haït dans l'autre.
Toutes les mythologies sont manichéennes, car l'homme veut le bien pour son bien et le mal pour son plaisir.
Économique
Satan se vend mieux que Dieu, peut-être parce qu'il est plus humain.
Autrement dit, l'offre de Satan est plus alléchante que la demande de Dieu.
Certains disent tout le contraire: les fils de Dieu sont riches de mille milliards de dollars, et les sataniques sont hors marché.
À l'église il faut payer la quête; dire «tabarnak», c'est gratuit.
Géographie
Dieu habite le Paradis et Satan l'enfer, les deux seuls lieux que la Géographie n'a jamais situés avec précision. En plus, leur don d'ubiquité fait que le plus saint des deux fréquente les lieux les plus immondes, et le plus vil les endroits les plus saints.
Histoire
Les historiens ont renoncé à dire qui de Dieu ou de Satan fut le plus actif dans l'Histoire des hommes. Un bon nombre croient que Satan eut la plus large part, car ils sont pessimistes et fatalistes. Très peu croient que c'est Dieu, sauf au moment de la Création, car par piété ils ne veulent lui imputer les horreurs qu'Il a laissé commettre.
Philosophie
Depuis des temps immémoriaux, Dieu trônait au début de toute philosophie; aujourd'hui, il en a été chassé comme il avait lui-même chassé Adam et Ève du paradis terrestre. Ils avaient croqué la pomme. Il a croqué l'humanité par les crocs du mal. À chacun sa faute et sa punition.
Politique
Chez les Anciens, deux chefs se disputaient le commandement du monde: Dieu et Satan. Pour les Modernes, ce sont la démocratie et la dictature, et leurs cousins la richesse et la misère.
Quelle ironie ! On invoquait Dieu, et non Satan, pour gagner sa guerre; les satanistes invoquent Satan pour vivre en paix dans la jouissance.
On prie Dieu devant les électeurs, et Satan derrière leur dos.
Psychologie
Dieu n'est que la personnification du père manquant et terrible. Satan, celle du frère complice ou de l'ami devenu traître.
Jeanne d'Arc aurait été brûlée sans gloire si sa maladie mentale (une schizophrénique, car elle entendait des voix) lui avait suggérée qu'elles étaient celles de Satan et non celles de l'archange Gabriel..
Quand ça va mal on prie Dieu le sauveur; quand ça va mal on se livre à Satan le jouisseur.
Qui prie Dieu a besoin de paix; qui prie Satan a besoin d'émotions fortes.
Sociologie
Les Juifs furent le Satan d'Hitler, qui devint à son tour celui de toute l'Histoire contemporaine. Chacun fait du groupe qu'il hait son Satan, de l'idole qu'il chérit son Dieu.
Les gens sont plus nombreux à croire en Dieu qu'en Satan, ce qui prouverait que l'individu comme la société s'articulent sur un principe positif, de vie et de bonheur plus grand et plus fort que le principe contraire.
Souffrance & Jouissance
Administration
On administre fort mal sa propre souffrance ou jouissance, mais plus habilement celles des autres.
La jouissance a besoin de moins de corps de métier pour être administrée que la souffrance pour être soignée.
Anthropologie
Toutes les cultures visèrent à combattre souffrance et poursuivre jouissance.
L'activité humaine qui créa le plus de jouissances est la science, et le plus de souffrances est la guerre.
Économique
L'industrie de la souffrance (dite de la santé) rapporte plus gros (aux offreurs) et coûte plus cher (aux demandeurs) que l'industrie de la jouissance (loisirs) à leurs offreurs et demandeurs respectifs..
Les bénévoles soulagent plus la souffrance qu'ils ne proposent des jouissances.
On est prêt à payer plus cher le soulagement d'une souffrance atroce que l'obtention d'une jouissance immense.
Globalement et où qu'elles se placent et de quelque manière qu'elles agissent, la jouissance crée plus de richesse que la souffrance.
Géographie
On souffre plus au Sud qu'au Nord à cause de la misère. On jouit plus au Nord qu'au Sud, sans doute parce qu'au Nord la jouissance est une valeur célébrée par la philosophie hédoniste des Lumières.
L'accès aux jouissances de la société de consommation passent, chez les peuples pauvres, par l'acceptation de grandes souffrances liées au développement par les voies libérales.
Histoire
Certains personnages historiques vécurent au sommet de la jouissance (les sultans, les rois, les célébrités); d'autres les abîmes effroyables de la souffrance (les martyrs, les persécutés, les victimes).
La souffrance a diminué au cours de l'Histoire, et les jouissances ont augmenté: c'est sans doute la véritable définition du Progrès.
Philosophie
La souffrance approche plus de la sagesse que la jouissance qui en éloigne. Mais la sagesse veut le bonheur qui se conçoit sans souffrance et avec jouissance.
La recherche raisonnée et sage de la jouissance retient loin de nous l'épouvantable grimace de la souffrance.
La jouissance est proche du bonheur comme la souffrance est proche du malheur.
Politique
Le politicien qui vend la jouissance sera élu, celui que son adversaire réussit à associer à la souffrance sera battu.
Les politiques ont créé les plus grandes souffrances (Hitler, Himmler, Staline) et les plus grandes jouissances (Washington, Jefferson, F.D. Roosevelt).
Psychologie
Jouissance et Souffrance sont les jours et les nuits de la condition humaine. Voilà pourquoi on veut dormir la nuit et vivre le jour.
On accepte la souffrance en vue d'une jouissance future. On ne pense jamais à la souffrance prochaine lors d'une jouissance présente.
Certains sont caractériellement prédisposés soit à la souffrance, soit à la jouissance.
Jouissance et souffrance sont communicables aux autres, mais la jouissance les attire comme le miel et la souffrance les fait fuir comme la peste.
Sociologie
Ceux qui souffrent énormément se taisent, ceux qui souffrent un peu hurlent. Ceux qui jouissent beaucoup se terrent, ceux qui jouissent un peu s'en vantent.
Occident & Orient
Administration
L'Orient est mal administré, l'Occident est sur-administré.
L'Oriental administre familialement, l'Occidental entrepreneurialement.
Anthropologie
L'Orient est placide, l'Occident excité.
L'Orient arriéré méprise l'Occident décadent. L'Orient plein de vie ne voit pas l'Occident créatif. L'Occident hégémonique méprise l'Orient qui ne l'a pas encore rattrapé. L'Occident dynamique ne voit pas l'Orient qui le dominera peut-être demain.
Économique
L'Orient plus pauvre imite l'économie de l'Occident plus riche. L'Orient vend à l'Occident des produits occidentaux. L'Occident n'accepte presque rien qui soit vraiment oriental.
L'Oriental riche se construit un palais. L'Occidental riche achète des actions.
L'Oriental pauvre meure vite; l'Occidental pauvre végète longtemps.
Géographie
L'Orient est à l'Est, l'Occident est à l'Ouest. Erreur ! s'écrièrent l'Australie et Haïti, et pour la même raison inversée: la première a la richesse et le sang occidentaux, la deuxième la richesse et le sang africain.
Histoire
La route des épices lia l'Orient à l'Occident, les guerres coloniales asservit un temps le premier au deuxième, la philosophie des Lumières les réunit aujourd'hui dans une même humanité réconciliée.
L'Occident, foncièrement romain, vénère l'Histoire. L'Orient n'aime pas le passé qui, pour lui, n'est fondateur de rien et n'inspire pas grand chose.
L'Orient et l'Occident se sont affrontés lors des guerres coloniales (17e-19e siècles) et lors de la Décolonisation (20e); mais ils se sont réconciliés après leur lutte commune contre les dictatures, et s'apprécient mutuellement par l'interdépendance économique..
Philosophie
Les Présocratiques, fondateurs de l'intelligence occidentale, ont pris le contre-pied de la pensée orientale..
L'Occident philosophe avec un couteau à la main, pour tout trancher, tout délimiter. L'Orient philosophe en fumant, comme pour noyer dans la fumée l'aspérité douloureuse des choses.
Le savant oriental a cherché la vérité de l'homme; le savant occidental la vérité des choses.
Politique
L'Occident fut le dur maître industriel de l'Orient traditionnel. L'Orient fut, pour l'Occident, l'Autre ontologiquement inaccessible.
L'Occident fabrique des César pour mieux les tuer, l'Orient des pachas pour mieux les pouponner; dans les deux cas pour les neutraliser.
L'Orient accepte le modèle industriel de l'Occident, mais refuse les droits de l'Homme à l'occidentale.
Psychologie
L'Occident adule le «Je», qui s'oppose au «Nous». L'Orient vénère le «Nous», qui absorbe le «Je».
Vivre en Occident est plus stressant par le rythme de vie, vivre en Orient plus angoissant à cause de la misère.
Sociologie
L'Occident à l'Histoire plus jeune a une population vieillissante et l'Orient à l'Histoire plus ancienne a une population très jeune.
Travail & Loisir
Administration
Le travail est administré, mais le loisir est une contre-administration.
Anthropologie
Seule la culture occidentale récente, industrielle, a préféré dans sa culture le travail au loisir. Ironiquement, pour cette même raison elle peut se payer plus de loisir et envisager même la disparition du travail. L'Orient traditionnel a, tout différemment, vénéré le loisir contemplatif et paisible et connut plus longuement le travail et la peine.
Économique
Le travail est payant, le loisir coûteux, mais le premier ne vaut et n'existe que pour le deuxième.
Les parents qui travaillent trop paient des loisirs à leurs enfants héritiers.
Géographie
On travaille au Nord pour chercher ses loisirs au Sud. Ainsi, le loisir du Nord est le travail du Sud, et l'unique loisir du Sud est de rêver au Nord.
Le travail est plus difficile dans les pays du Sud et plus payant dans les pays du Nord.
Histoire
Le paysan égyptien qui construisit les pyramides avait plus de jours de loisirs que le salarié occidental.
Le travail a rogné les loisirs des gens ordinaires, poussés qu'il sont par leur désir d'avoir autant de loisirs que les nobles d'Ancien régime.
Philosophie
Fais de ton travail un loisir, et de ton loisir un enrichissement pour ton travail. Ton bonheur est à ce prix.
Mieux vaut vivre pour travailler que travailler pour vivre, car le premier est plaisir le second est obligation.
Politique
La politique est un travail pour les politiciens, un loisir pour les citoyens. Si les politiciens travaillent tragiquement mal, il n'y aura plus aucun loisir pour les citoyens.
Psychologie
Une vie équilibrée est faite de travail et de loisir. Trop de loisirs blasent et ennuient. Trop de travail fatigue et attriste.
Presque tous préfèrent le loisir au travail; quelques rares sacrifient leurs loisirs au travail dans l'espoir ultime, voire vain, qu'ils auront ainsi plus tard plus de loisirs ou des loisirs plus luxueux.
Sociologie
Les plus riches travaillent moins et ont plus de loisirs; les plus pauvres travaillent plus et ont moins de loisirs. Pas tout à fait exact. Les plus pauvres n'ont pas de travail et les plus riches travaillent volontairement et par passion comme si c'était leur loisir.
Vie de famille & Célibat
Administration
La vie de famille nécessite plus d'administration que le célibat.
Une famille s'administre comme une équipe, et un célibataire comme un athlète.
Anthropologie
Le célibat est mal vu dans la plupart des cultures; la vie de famille est considérée plus favorablement, sauf dans l'Occident contemporain, où les célibataires jouissent plus, sans responsabilités familiales ou sociales, de leur propre personne.
Économique
La vie de famille est payante pour la société et le célibat pour le célibataire.
Hier, le paysan célibataire sans enfant était pauvre, car sans main d'oeuvre pour l'aider à cultiver sa terre; la vie de famille était une richesse économique sûre. Aujourd'hui, l'urbain célibataire sans enfant a moins de tracas, plus d'argent, mais aussi moins de joies. La vie de famille est désormais une richesse uniquement psychologique.
Les revenus des femmes célibataires sont presque équivalents à ceux des hommes; mais les femmes mariées ne gagnaient que 69% du salaire des hommes. En général les femmes en 1996 gagnaient $30 700 par soit et les hommes $41 800. En conséquence, la vie de famille est un fardeau féminin en échange de la possibilité d'élever ses enfants en restant à la maison.
Géographie
La vie de famille est mieux réussie, plus valorisée, sans doute plus heureuse dans l'Orient et le Sud que dans le Nord occidental. Par ailleurs, la femme du Sud y est plus soumise, voire dominée.
Les célibataires vont dans les bars la nuit pour la même raison que les couples en famille vont se coucher sans sortir.
Histoire
Les anciens Romains taxaient les célibataires, voire même les punissaient. Aujourd'hui, les célibataires sont enviés. La vie de famille ancienne était riche d'émotions et de sentiments, car elle était presque le seul lieu de contacts humains. Aujourd'hui, les liens médiatiques ont concurrencé la vie de famille, d'où le plus grand nombre de célibataires.
Naguère, les prêtres célibataires exhortaient les pères à procréer d'abondance. Aujourd'hui, les premiers ont disparu et les deuxièmes se reposent.
Il est possible que l'entreprise, gérée par des célibataires, ait remplacé la famille égayée par des enfants, en tant que base de la société.
Philosophie
Le célibat est plus agréable qu'une vie de famille déficiente; mais une vie de famille heureuse est meilleure qu'un célibat tranquille.
Politique
La politique occidentale ne favorise guère la famille, car les grandes institutions (les ministères, l'entreprise, l'école, voire même la prison) ont pris sa place et ses prérogatives au cours des âges.
Psychologie
Les célibataires vivent moins longtemps, sont plus souvent malades, et ont des vies plus tumultueuses que ceux qui ont une vie de famille.
Deux célibataires s'accouplent, procréent et deviennent une famille. Une famille désunie se disperse en célibataires.
Sociologie
Les célibataires forment une forte minorité de la population, la vie de famille la grande majorité.
Voici deux paradoxes en écho l'un à l'autre: la famille est une société qui évolue dans une plus grande, fourmilière de familles; le célibat est une individualité qui évolue dans une société, poussière d'individualités.
Tropiques & Hiver canadien
Administration
La science administrative est la même sous tous les tropiques et sous tous les hivers, car une cent là-bas est une cent ici.
Anthropologie
Les Tropiques favorisèrent un type d'habitat, un mode de vie à l'extérieur, des moyens de transport, des sortes de vêtements tout à l'opposé de ceux de nos hivers canadiens.
Économique
L'hiver canadien et sa gadoue coûte annuellement $5 milliards au peuple québécois. Mais ses citoyens aisés dépensent des millions à jouir du beau soleil des Tropiques.
Géographie
Les Tropiques auraient favorisé des moeurs laxistes et l'hiver des moeurs rigoristes. Inexact, car les moeurs rigoristes ou dissolues se fichent du soleil comme de la glace. Les huttes et les igloo ont vu les mêmes scènes.
Histoire
Jacques Cartier a préféré l'hiver canadien au climat subtropical de la Georgie. Voilà pourquoi un professeur d'histoire s'est vengé en enseignant l'Histoire des États-Unis plutôt que l'Histoire du Canada à ses étudiants québécois.
Philosophie
Les philosophes ne parlent presque jamais du climat, sans doute parce qu'ils furent presque tous casaniers.
Il n'y eu pas de grands philosophes ni au Canada, ni sous les Tropiques; sans doute parce que ni chez l'un ni chez l'autre l'homme ne fut pesant pour son semblable.
Politique
Le climat n'influence en rien la politique; mais une politique, ou torride ou de glace, est inhumaine.
Psychologie
Rien ne nous dit si on est plus serein sous les Tropiques que sous l'hiver canadien; mais on sait que l'ensoleillement diminué durant l'hiver canadien nous affecte négativement, et la pensée aux vacances sous les Tropiques nous égaient souverainement.
Sociologie
Sous les Tropiques, les maux sociaux sont plus graves que sous l'hiver canadien, mais le climat n'y est pour rien. Cependant, certains disent que la lutte collective contre le froid bonifia la synergie sociale par laquelle la société canadienne prit un meilleur contrôle d'elle-même.
Les retraités québécois en Floride l'hiver -les Snowbirds- sont admirables de faire du bénévolat pour les Noirs américains de cet État...
Ma famille & Mon pays
Administration
C'est la bonne administration de la famille (l'oikos chez les Grecs) qui donna naissance au concept de la bonne administration des ressources d'un pays (l'économique).
Anthropologie
Dans les pays pauvres du Sud, la famille est véritablement leur seul pays, la famille leur tient lieu d'État. Chez les esprits révolutionnaires, comme Netchaïev, Lénine ou Castro, la révolution fut leur seule famille et leur seul pays.
Économique
Les comptes nationaux (pour le pays) diffèrent des comptes de la famille. La famille fait affaire avec l'extérieur d'elle-même tandis que l'État fait plus affaire, --bien que de moins en moins par la mondialisation-- avec lui-même uniquement, comme par exemple les États-Unis, ou l'Union Européenne.
La famille paie plus d'impôts à l'État qu'elle n'en reçoit sous forme d'allocations ou de services.
Géographie
Je ne vis pas dans un pays éparpillé aux quatre coins de la terre, mais ma famille peut être éparpillée aux quatre coins du pays ou de la terre.
Des familles ont créé et avalé des pays entiers: (Bruneï, Koweit, Oman, Abou D'habi).
Histoire
La famille est la première organisation sociale de l'Histoire; mais mon pays fut formé par un projet politique.
Certains grands pays furent construits par des familles royales (La France, l'Angleterre, la Pologne). Des familles royales furent décapitées par leur propre pays (les Romanov).
La famille nucléaire a succédé à la famille élargie de naguère et de jadis (la parenté, le genos, la phratrie), et fut à son tour fractionnée en familles monoparentale, reconstituée, aux parents unisexe, etc.
Philosophie
Aime ton pays comme ta famille, et crois ta famille aussi riche qu'un pays.
Politique
Le chef de l'État se comporte pour son pays en bon père de famille. Il est même un substitut oedipien au chef de famille.
Des hommes ont sacrifié la vie de toute leur famille pour ne pas céder devant une dictature.
Le criminel déchire les autres membres de sa famille entre deux loyautés: celle envers la famille et celle envers la société.
Psychologie
La plupart des gens chérissent plus leur famille que leur pays. La plupart des pays occidentaux protègent plus l'individu que la famille.
Les pays sont des familles pour les citoyens. Les familles des pays pour les enfants.
Sociologie
La famille est petite, le pays est immense. La famille est toute proche, le pays est bien abstrait.
Ma famille me socialise pour que j'aille vers mon pays.
Ma place dans ma famille (aîné ou puîné) détermine fortement mon rôle futur dans la société.
bill & monica
Administration
Bill administra mieux son pays que Monica n'administra son ambition professionnelle. L'un reste président, et l'autre perdit son emploi.
Un pays peut être étêté; mais si l'administration sous lui continue de fonctionner, le pays ne ressent presque rien.
Le procureur Starr a mal administré l'esprit de la loi. Il aurait dû attendre la fin du mandat public de Bill Clinton, --qui doit s'occuper à plein temps de l'affaire de tous les citoyens--, pour le juger plus tard sur ses affaires privées qui ne regardent que lui-même. Le choix du procureur Starr prouve qu'il ne cherchait pas à punir le citoyen suspecté Bill Clinton mais à affaiblir le respecté président démocrate.
Anthropologie
Éros est un bébé -être sans raison- qui tire dès lors ses flèches au hasard, et tous peuvent être atteints. Soumis à la raison volontaire, il aurait été avorté. Soumis à la morale sociale, il aurait été sans goût.
Dans une culture puritaine, le plaisir furtif est une faute d'autant plus grave qu'il est volé sur le temps de travail.
Un cigare est fumé d'habitude. Bill et Monica se sont brûlés avec un cigare non allumé.
Ils sont plus condamnés par l'opinion publique pour avoir fait un geste, libidineux mais bien naturel, plutôt que d'avoir fumé un cigare nuisible à leur santé, qui aurait laissé tout le monde indifférent.
Ploutos a vaincu Éros; et le conformisme jaloux a humilié la fantaisie libertaire.
Économique
Bill Clinton est, malgré cette frasque médiatique, aimé d'une majorité de citoyens parce que l'économie va bien. Les yeux de Monica l'aimèrent pour la même raison: l'intérêt économique. Ainsi, elle mit son sexe dans son curriculum vitae, et il mit son cigare dans le sien.
Les frais de justice pour Bill Clinton montent à quelque $4 millions. Mais les gains économiques de la classe riche, par cette affaire qui sabote la politique sociale de Bill Clinton au Congrès, sont de plusieurs centaines de milliards de $. L'un des investissements ($4 millions) les plus rentables de l'Histoire, car les riches pour ce gain ne payeront même pas ces $4 millions.
Géographie
Le bureau ovale est un endroit secret et bien petit pour une toute petite action qui a eu planétairement plus d'intérêt que toutes les misères du monde. Les lieux, qu'importe leur densité démographique, n'ont pas la même densité ontologique. Tout comme le temps humain n'est pas celui de l'horloge, les lieux humains ne sont pas des étendues cartésiennes.
Histoire
La persécution envers la sexualité depuis plus de 2000 ans frappa l'homme le plus puissant du monde du monde. Jadis, c'était le roi David et le dernier Tarquin, naguère c'était Oscar Wilde, aujourd'hui Bill Clinton.
L'Histoire américaine s'est nourrie de dizaines scandales de moeurs présidentiels: le secrétaire au Trésor Hamilton fut accusé en 1792 d'avoir prêté de l'argent public à un Monsieur Reynolds pour le calmer d'avoir séduit son épouse, puis l'affaire Rachel Robards du temps du président Jackson en 1830. L'Américain, tout biblique qu'il a décidé d'être, n'a pas encore trouvé la paix des sens et l'équilibre des plaisirs. Ce prêcheur inquisiteur traque sans pitié le gangster effronté et l'audacieux jouisseur. Sa vertu malheureuse est à l'affût du péché bienfaisant.
Ainsi donc le puritanisme des colons américains du 17e siècle est venu du fond des âges humilier l'un de ses présidents le plus humain.
Bill le Séducteur a succombé durant sa présidence au talent par lequel il y a accédé.
Philosophie
Contrairement aux apparences, le désir les voila, la honte les déshabilla.
Le peuple américain aurait «pardonné». Cela signifie deux choses: l'incartade sexuelle n'est plus une faute; et quand on aime, même si ce n'est qu'un corps de passage, il n'y a pas de faute.
Leur honte n'est pas d'avoir été surpris par les feux médiatiques, mais de s'être enfui devant le regard public.
Ils n'ont pas commis l'adultère si l'épouse de Bill, Hillary, était consentante. Ils ont commis la faute éthique de se trahir mutuellement devant tous.
Politique
La politique n'aime pas le mélange des genres parce qu'il heurte l'ordre de la raison. En effet, sexe et politique (scandale de moeurs), argent et politique (corruption), famille et politique (népotisme), religion et politique (persécution et hypocrisie) sont des couples avariés. Louis XV perdit l'Amérique pour avoir couru déguisé les bordels de Paris.
Séduire parce qu'on est riche, puissant et célèbre est la tentation des détenteurs de pouvoirs. La divulgation de leurs privilèges secrets est la vengeance de leurs gigolos de la veille.
Psychologie
Quand leur pénis durcit, leur cervelle ramollit. Quand elles sont face au pouvoir leurs jambes s'entrouvrent. La révolution sexuelle est inachevée parce que la volonté et le courage n'accompagnent pas encore la luxure, qui s'exerce sans eux.
Bill et Monica n'ont pas été intempérants, pour le si peu qu'ils firent. Ils le firent à la mauvaise place.
En vérité, l'amour n'était pas entre eux pour envoyer promener les jaloux, les conservateurs et les hypocrites qui auraient aimé faire la même chose. Couple sans consistance, ils se sont effondrés au premier choc. Hillary, l'épouse, a crâné face à tout et à tous. Elle est la grande dame, la Pénélope de l'histoire américaine.
Sociologie
Le zippergate est une tragédie pour le mouvement féministe: il envoie le signal aux hommes qu'une femme, même aimante, pour trahir son homme et le salir sur la place publique. D'un autre point de vue, tout aussi féministe, il envoie le signal aux femmes de ne plus compter sur leurs charmes pour mousser leur carrière. Dans les deux points de vue, la vie sexuelle ne sort pas grandie, car elle est associée à l'échec et à la honte.
La droite américaine, qui représente les riches et leur cupidité, les religieux et leur puritanisme, la majorité silencieuse et son ignorance, a sauté sur cette histoire de pipes pour empêcher un président démocrate de réussir son projet social-démocrate au profit de la classe moyenne et de la classe pauvre de son pays.
Théologie (discipline que M. Daniel Baril veut jeter hors de l'Université pour cause de non-scientificité).
(La théologie fut jadis une science qui se croyait supérieure aux autres. Sans doute cette prétention a-t-elle suffi pour lui faire perdre, aux yeux des plus savants, son statut de science).
La fellation est un plaisir, la pénétration un devoir. Voilà pourquoi Bill manqua à son devoir et Monica cessa de fumer.
Si «la sexualité est une merveille», ai-je lu dans un dictionnaire de théologie, pourquoi serait-elle tout à coup mauvaise par les circonstances qui l'entourent ? Une faculté n'a-t-elle pas d'autre but que l'objet de sa fin ?
Pourquoi Dieu a chassé Adam et Ève du paradis terrestre ? Parce qu'il était jaloux de leur bonheur.
La mafia et la police
Administration
La mafia gère impeccablement ses abondantes finances et la police ne gère pas elle-même son maigre budget.
La police et la mafia ont accès aux techniques les plus raffinées de la comptabilité, de la gestion et de l'armement.
Le mafieu enrichi cherche à se recycler dans les entreprises licites, le policier au devoir accompli pense à sa retraite.
La police traque la mafia en scrutant ses budgets, la mafia contre la police en la corrompant ou en coupant son budget par ses influences politiques.
Par son groupe, le policier fautif est réprimandé ou congédié, par le sien le mafieu fautif est battu et enterré.
Anthropologie
La mafia existe dans presque tous les pays mais non dans toutes les cultures. Les petites cultures sont moins mafieuses, voire pas du tout, que les grandes qui le sont fortement, voire totalement.
La police est toujours en retard sur la mafia, sauf quand la mafia est en prison.
Le policier est un fonctionnaire rangé, le mafieu un archaïque délinquant.
Économique
La police est moins payée par les fonds publics que la mafia par ses revenus illicites.
"Le crime ne paie pas" est une maxime démentie par les faits économiques, mais réaffirmée avec force par l'éthique et par les détenus.
Le coût nécessaire qu'est la police et le coût honteux qu'est la mafia appauvrissent l'économie, qui prospère par la liberté et l'honnêteté.
Géographie
L'Italie est la mère de la mafia, l'Amérique sa grande fille, et la Russie libérale son bébé.
Chaque pays a sa police nationale, et la plupart des pays ont leur mafia nationale.
Seule l'Amérique fit des membres de sa mafia des héros nationaux. Trois grands pays firent de leurs policiers réels ou littéraires des héros (l'Américain Ness, le Français Maigret, l'Anglais S. Holmes).
Histoire
Presque jumelles dans le temps, la mafia est née en 1858 et la police professionnelle en 1835.
La mafia justifie la police chargée de l'anéantir.
La police professionnelle a été créée par Foucher pour nuire à ses ennemis politiques; la mafia occidentale a été créée par la défaite politique des élites siciliennes, et recréée par la politique de Roosevelt pour aider l'effort de guerre.
Politique
La mafia cherche à contrôler la politique qui contrôle la police. Existent à l'occasion une police mafieuse (Copland) et une mafia policée (Seagal, Gotti).
Une police corrompue devient une bureaucratie mafieuse. Une mafia au pouvoir crée un État policier.
Le bon citoyen est protégé par la police et pressuré par la mafia, et il a un peu peur des deux.
Le G7 fut peut-être, via Andreotti, président du Conseil italien, infiltré par la mafia, qui le fut souvent à son tour par de très braves policiers.
Le parti communiste chinois se servit des mafias de Hong Kong pour déstabiliser le parti démocratique libéral de cette ville.
Pour des permissions spéciales, on dit que la mafia corrompt les autorités politiques et que la police l'influence.
Philosophique
La police singe l'éthique de l'armée, la mafia celle de la famille.
L'éthique policière est déontologique et légaliste, celle de la mafia est archaïque et cynique.
La loyauté envers son propre groupe est une valeur partagée par la mafia et la police.
Seul le policier très courageux affronte la mafia, seul le mafieu très courageux redevient honnête.
La mafia tue pour vivre et survivre, la police tue in extremis pour se protéger.
Psychologie
La mafia et la police n'aiment pas écrire, et ne font pas de longues études.
Le policier est mieux socialisé que le mafieu. Il a des horizons culturels plus larges.
Le policier se sent coupable de violer ou de mal faire respecter la loi. La mafia est fière de la violer en permanence impunément.
Un policier serait un délinquant qui aurait décidé de servir la loi; le mafieu est un misérable dont la haine et la goujaterie s'affirment contre la loi.
La mafia est d'une brutalité, d'une cruauté et d'un cynisme extrêmes; une police bien formée est d'une discipline exemplaire.
Le policier est un homme de coeur et d'honneur pour la société tout entière. Les rares mafieux qui en avaient ne les témoignaient que pour leurs enfants.
Le policier a du sang-froid, le mafieu de la froideur.
Sociologie
La mafia est structurée autour de la famille, la police est structurée par l'État.
La mafia est plus groupusculaire et personnelle, la police plus bureaucratique et impersonnelle.
La police écrit tout ce qu'elle fait; la mafia n'écrit rien, efface tout ce qui est compromettant et écrit tout mensongèrement.
Les enfants et leurs parents
Administration
Les parents administrent l'argent de leurs enfants qui "administrent" le temps de leurs parents par leur merveilleuse et turbulente vitalité.
Anthropologie
Toute civilisation accorde aux parents une autorité morale sur leurs enfants et nombreuses pays occidentaux accordent des droits, implicites ou affirmés, aux enfants face à leur parent. Mais toujours, à l'égard des uns et des autres, les enfants ont des devoirs et les parents des droits.
La procréation sépare biologiquement parents et enfants, mais l'épreuve initiatique sépare l'enfant de l'adulte.
Les parents occidentaux, influencés par la douceur rousseauiste, veulent enlever à l'enfant l'épreuve initiatique, qui se la donnent plus tard par le body piercing, les gangs de rues, l'abandon scolaire, les emplois précoces, et autres duretés de la rue.
Économique
Les parents reçoivent des allocations familiales de l'État pour leurs enfants, et ils recevront souvent de leurs enfants un soutien économique quand ils seront matures.
Un enfant n'a pas de prix pour ses parents qui l'aiment, mais a un prix pour ceux qui l'adoptent et ceux qui le vendent.
Les enfants sont la plus belle richesse de leurs parents qui, pourtant, à la guerre sont prêts à les sacrifier pour sauvegarder leur liberté de citoyens.
L'Occidental trouve plus de prix à ses voyages et à ses biens de consommation qu'à ses enfants, procréant moins pour acheter plus. Ainsi donc il appauvrit son pays, parce que les enfants sont un investissement patriotique caché derrière une dépense parentale.
Géographie
On reste enfant plus longtemps au Nord qu'au Sud, et plus longtemps adulte aussi.
Les enfants du Nord vont à l'école plus longtemps que ceux du Sud, et les adultes du Nord prennent leur retraite plus tôt que ceux du Sud.
L'enfant du Nord est une dépense pour ses parents, et celui du Sud très souvent un revenu.
En tout pays, des parents admirables élèvent bien leurs enfants, et d'autres les abandonnent à toutes les misères morales et matérielles.
L'Occidental procrée moins parce que le père n'est plus un roi. Les pays pauvres procréent plus parce que la mère y est encore une reine. En Occident, les rois et les reines sont les riches et les vedettes médiatiques, qui ne peuvent faire tous les enfants que les autres ne font pas.
Histoire
Un roi et une reine engendraient jadis un bébé, qui symbolisait la réalité future de tout leur État.
Jean-Jacques Rousseau, parent, abandonna ses enfants à la charité publique, et écrivit l'Émile, l'un des plus grands traités d'éducation qui fût.
Joe Kennedy fut un papa-poule pour ses enfants tout en trafiquant avec la mafia qui vend de la drogue aux adolescents. Ambassadeur à Londres en temps de guerre, il s'occupa plus de son commerce d'alcool que des enfants anglais bombardés par la Luftwaffe.
Dans les temps anciens, l'enfant n'était qu'un futur adulte; sur les toiles médiévales le Christ enfant ressemble à un nain de 30 ans. Les parents d'aujourd'hui reconnaissent leur enfant avec les droits et les prérogatives de son âge.
Politique
L'État libéral moderne s'occupe des écoles comme l'intendant Talon gérait la Nouvelle-France et il s'occupe des parents comme un patricien romain s'occupait de ses clients.
Un politicien nord-américain exhibe ses enfants à la télé comme Marilyn ses nichons, et pour la même raison: obtenir la faveur publique. Élu, il coupera les fonds en éducation avec moins de remords qu'elle n'eut de détresse à mettre fin à ses jours.
Dans une éducation libérale, les enfants apprennent tôt à tirer les ficelles aux dépens de l'autorité de leurs parents.
Quelle sottise qu'il faille un permis pour aller tuer du lapin dans les bois, et aucun cours en psychopédagogie élémentaire pour procréer ou recevoir des allocations familiales !
Philosophique
Les parents voient dans leurs enfants la continuation d'eux-mêmes. Leur amour est le plus beau et l'un des plus puissants qui soit. L'amour des enfants pour leurs parents est teinté, très variablement, de crainte, de respect et d'attachement. Dans les deux cas, cet amour est à vie.
Une bonne éducation, mélange d'un tendre amour attentionné et d'une discipline ferme et chaleureuse, est une vraie fortune que donne des parents à leurs enfants.
Psychologie
Les enfants, dès 17 mois, apprennent le concept de soi, et sont capables de se reconnaître dans un miroir. Les parents se reconnaissent dans leurs enfants et craignent pour eux leurs propres lacunes qu'ils y reconnaissent.
Hier, les parents ordonnaient, les enfants pliaient; aujourd'hui, les parents proposent, les enfants disposent.
L'amour des enfants pour leurs parents est viscéral, celui des parents pour leurs enfants est responsable. Mais tous deux sont mélangés de crainte: les enfants des admonestations et des punitions, les parents des accidents et des erreurs d'éducation; Pourtant, ces deux amours sont d'égales force et beauté.
Sociologie
Les parents sont la première société des enfants. Les enfants la seule porte vers l'éternité pour leurs parents.
En général, les parents miséreux négligent plus leurs enfants, et à tous points de vue. Les parents riches quelque fois négligent l'éducation affective et morale de leurs enfants. L'amère déception des uns comme des autres d'avoir raté l'éducation de leurs enfants durent toute la vie, car elle ne se reprend pas.
La suprême gloire des parents miséreux est la réussite sociale et morale de leurs enfants.
Le soldat et le civil
Administration
Le civil a un budget constitué de recettes et de dépenses. Le soldat ne fait que dépenser, consommer, gaspiller, y compris sa propre vie.
Le civil épargne ce que le soldat dépense. Le soldat protège ce que le civil a accumulé.
Le budget du soldat est administré par ses officiers, et celui du civil par sa femme.
Le soldat est un fonctionnaire armé, le civil un fonctionnaire paperassier.
Le civil est surtout embauché par l'entreprise privée et le soldat presque exclusivement par l'État.
La logistique détermine l'action du soldat; le droit et l'économie celle du civil.
Anthropologie
Les sociétés anciennes valorisaient l'armée, le soldat, ses actions et son courage. Les sociétés modernes ont appris à le craindre et à le mépriser au point de transformer son rôle en agent humanitaire pour la paix.
Économique
Le soldat coûte très cher au civil qui lui doit sa sûreté et la vie.
Le soldat s'équipe d'armes imaginées et fabriquées et payées par le civil.
Il coûte plus cher de former un soldat qu'un civil.
Le soldat paie ses impôts par sa vie et le civil paie sa sûreté de la vie des autres.
Le soldat ne crève jamais de faim, mais fait crever de faim. Le civil quelque fois crève de faim mais presqu'universellement crée la nourriture pour tous.
Géographie
Il y des soldats et des civils en tout pays. Les plus heureux pays sont ceux où les civils commandent, les plus malheureux où les militaires commandent (Birmanie).
Le civil seul voyage pour son plaisir, le soldat seul voyage pour l'atroce déplaisir.
Le soldat sort plus souvent de son pays que le civil pour travailler. Le civil ramène des photos ou des dividendes, et le soldat des scalps ou son équivalent sous forme de médailles.
Histoire
Dans l'Antiquité, le soldat pillait ce que le civil ennemi avait amassé. Aujourd'hui, le soldat fait tout sauter, le civil ennemi avec tous ses biens.
Le civil en armes a créé la première démocratie (Athènes). Le soldat démobilisé a détruit la première démocratie allemande (Weimar).
Le soldat sert ou détruit la démocratie du civil. Le civil entretient ou démobilise l'armée du soldat.
Politique
Le civil commande au soldat qui obéit. Le soldat ne peut critiquer un ordre, le civil peut s'opposer à tous ceux qu'on lui donne.
Le commandant des forces armées le plus puissant du monde est un civil: le président des États-Unis.
Des soldats furent tour à tour des dictateurs (Hitler), des chefs d'État autoritaires (Peron), et démocrates (Moubarak).
Les civils commandent mieux à l'armée que les soldats ne commandent la société civile.
Le civil Churchill fut très mauvais soldat quand il se prit pour un stratège (Les Dardanelles). Le soldat de Gaule fut un très grand chef d'État quand il commanda à la société civile française.
Le chef d'État harangue le soldat pour qu'il se batte et le civil pour qu'il se taise.
Philosophique
Le soldat meurt pour le civil. Le civil prie pour le soldat.
Le soldat a moins de liberté, mais un plus grand courage que le civil.
Le civil tue un seul homme et va en prison, le soldat tue mille ennemis et reçoit une médaille.
Les soldats morts ont leur statue dans les parcs des villes qu'habitent les civils toujours vivants.
Un soldat n'est qu'une grenade à lancer dans les mains de ses officiers; le civil n'est qu'une tarte à taxer et un vote à faire sortir dans les mains de ses politiciens. Dans les deux cas, le civil-citoyen l'a voulu, honore et paie très bien les deux autres.
Psychologie
Le soldat tue pour que le civil vive.
Le soldat sort plus meurtri psychologiquement par la guerre que le civil, même si ce dernier a vécu des bombardements.
Le soldat a le sens de l'obéissance et de l'ordre, le civil celui de la créativité et de la liberté.
Le soldat est plus agressif que le civil. Le civil est plus polyvalent que le soldat.
"Faites l'amour et non la guerre" est une phrase civile à un soldat mou, qui aurait pu rétorquer: "Un pénis est dur moins longtemps qu'un fusil".
Le civil ennuyé rêve aux gloires militaires; le soldat au combat rêve aux douceurs du foyer.
L'uniforme nous cache qu'il y a différentes sortes de soldats et différents types de courages guerriers, tels qu'Homère nous les révéla. La bigarrure des vêtements civils nous masque l'uniformité conformiste et docile du civil.
Sociologie
Le soldat choisit son métier avec 10% des chances de travailler (aller à la guerre). Le civil choisit son métier avec 100% des chances que son patron le fera travailler.
La caserne et l'arsenal sont les lieux du soldat; l'entreprise, l'école et les immeubles publics et commerciaux sont ceux du civil.
Les lieux de travail du soldat et du civil sont nettement séparés.
Il y a 99 civils pour un soldat. Le soldat a déjà été civil, le civil n'a jamais été soldat.
Le soldat est encore très majoritairement masculin et le civil moitié masculin, moitié féminin.
Le soldat existe entre 18 et 50 ans environ; le civil a tous les âges.
Seul le soldat a un enterrement patriotique, seuls de rares civils.
Le laïc et le religieux
Administration
Le religieux administre son argent comme s'il appartenait éternellement à Dieu, le laïc administre le sien comme s'il n'allait pas lui appartenir très longtemps. Ainsi donc, le premier est plus économe.
Le religieux vit dans une communauté sans excitation; le laïc vit dans une société en compétition.
Le religieux qui perd la foi perd son revenu et son diplôme. Le laïc qui perd la foi retrouve sa liberté et l'argent de sa dîme.
Anthropologie
Le religieux vit un déclin historique et social dans notre culture hédoniste, matérialiste et scientiste construite par le laïc.
Le laïc triomphant d'aujourd'hui se reproduit moins depuis qu'il n'est plus commandé par le religieux qui ne se reproduit pas.
Le religieux est plus conservateur que le laïc parce que sa pensée repose sur l'arrêt du temps, car elle est dépositaire d'un message révélé inamovible, incontestable, réactivable sans modification. Le laïc est plus novateur et changeant, car il vit dans l'histoire soumis à l'évolution et dans le présent soumis à sa volonté.
Le religieux refuse la solitude métaphysique, mais s'isole dans sa cellule monastique. Le laïc accepte la solitude métaphysique, mais prend femme.
Économique
Le religieux fait voeu de pauvreté, et le laïc celui de richesse.
Les religieux, dont les Églises ont des capitaux immobiliers milliardaires, ont tous de bas revenus. Les laïcs ont des revenus si variables qu'on croirait que Dieu et le Diable, sur un champ de bataille, se sont partagés la besogne de la distribution entre les humains.
Le religieux pique les enfants du laïc en échange de la promesse de la vie éternelle: jamais un bien si beau et si précieux ne fut payé si peu cher.
Le religieux appelle apostolat ce que le laïc appelle publicité ou marketing. Il appelle aussi vocation ce que le laïc appelle vente.
Le religieux a construit la multinationale la plus puissante et la plus élaborée de l'Histoire: l'Église catholique romaine. Le laïc a construit l'Occident libéral, le leader incontesté de la planète entière.
Géographie
Le milieu rural moderne est plus religieux que le milieu urbain. Presqu'inversement, dans l'Antiquité gréco-romaine, le milieu rural était païen et le milieu urbain chrétien.
Les religieux ont plus de succès dans le Tiers Monde pauvre et illettré. Les laïcs sont en vogue dans les pays riches et scolarisés du Nord.
Les religieux témoignent au Sud d'une bonté absolument héroïque. Les laïcs au Nord d'une fabuleuse efficacité économique et technique.
Le religieux a sa ville: Rome, le laïc la sienne: Paris.
Histoire
Les religieux ont créé des monuments beaucoup plus beaux, plus majestueux, plus sublimes que les laïcs.
Les laïcs ont beaucoup plus aimé la liberté, la vie sexuelle, la vie de famille, les sports, la science et l'esprit de découverte que les religieux.
Les religieux ont beaucoup plus aimé les pauvres et les malades que les laïcs, même si ceux-ci ont récemment relayé par leurs taxes massives l'effort des religieux plus efficacement encore.
Le religieux a construit sa fortune en servant Dieu, le laïc en asservissant la nature.
Jadis, le religieux condamnait l'athéisme du laïc par le fer et le sang; aujourd'hui, le laïc condamne les résistances anti-humanistes des religieux par le ridicule et la dérision.
Politique
Le religieux est plus habile que le laïc à séduire le politique pour s'éviter le service militaire, qui lui est plus habile que le religieux à séduire les femmes pour obtenir d'elles autre chose que des prières.
Quand la religion est un pouvoir, laïcs et religieux s'opposent, voire s'affrontent.
Le religieux aspire au pouvoir autoritaire, est donc cohérent mais le perd; le laïc aspire au pouvoir libertaire, est paradoxal mais le conserve.
Les religieux en Occident ont été au pouvoir plus longtemps que les laïcs.
Religieux et laïcs se sont mutuellement persécutés (Inquisition, Goulags communistes), et se persécutent encore (Iran, Afghanistan).
Le chef du religieux est le Christ; celui du laïc est César: laïc et religieux tuèrent leur chef respectif, l'un des rares points communs de leur tragique humanité.
Le pape est un des rares chefs d'État à avoir pardonné publiquement à son violent et cruel agresseur; Robert Bourassa et Pierre Trudeau envers les felquistes, et les Africains Moughabé et Nelson Mendela envers les racistes, l'ont fait moins publiquement mais tacitement..
Philosophique
Le religieux a inventé le péché (désobéir à Dieu), le laïc a inventé la liberté (obéir à soi).
Le religieux est menacé par l'hypocrisie, la phobie sexuelle et l'asservissement institutionnel; le laïc par la démesure, la décadence et la haine.
Le religieux a refusé d'être Dieu pour le servir. La laïc a refusé Dieu pour le devenir.
Le religieux sait et veut pardonner, le laïc légaliste et passionné ne le sait ni ne le veut.
Religieux et laïc se démarquent, fondamentalement, par la gestion de leur propre mort qui détermine leur choix et leur style de vie.
Psychologie
Le laïc aime la nature et sa sensualité, le religieux l'au-delà et son immatérialité.
Le religieux voit dans le sexe un concurrent métaphysique, le laïc un continuateur biologique.
Dieu est un Père bien réel pour un religieux, et pour Freud le laïc un Père symbolique qui n'existe pas.
L'Église est une mère pour un religieux, mais pas pour un laïc qui lui préfère sa maîtresse, plus sensuelle et moins autoritaire.
Le religieux confie ses problèmes à Dieu et à son confesseur; le laïc à son psychologue et à son médecin.
La musique religieuse est plus reposante et sereine que la musique laïque. L'esthétique religieuse respire une paix intérieure et profonde; l'esthétique laïque exhibe les passions dionysiaques et virulentes.
Sociologie
Les religieux ont eu, et ont encore, une influence sociale plus importante que leur faible nombre parce que leur organisation, leur dynamisme et leur discipline étaient plus grandes et meilleures que la moyenne des laïcs.
Les laïcs ont supplanté les religieux dans les mondes scolaire et hospitalier, mais ce sont les religieux qui, en Amérique, ont lancé et maintenu ces deux grandes institutions.
Les religieux séparent les sexes, les laïcs les réunissent.
Bien téméraire serait celui qui affirmerait que les religieux vivent dans des communautés divines et célestes, et les laïcs dans des sociétés sataniques et infernales.
La société laïque d'aujourd'hui est aussi croyante que celle d'hier, mais ses saints sont les vedettes médiatiques, Dieu est le chef de l'État ou la Philosophie des Lumières.
Les religieux ont perdu la bataille médiatique; les laïcs ont perdu la bataille de la solidarité charitable.
Presque tous les religieux ont gagné le pari de leur propre élévation morale; les laïcs ont gagné presque tous les combats de leur liberté.
La bonté et la cruauté
Administration
Le riche a une bonté plus efficace que celle du pauvre. Le pauvre a une bonté plus admirable.
Dans la cruauté, le pauvre et le riche sont également efficaces, mais le riche n'a qu'à s'abstenir pour l'être.
Si j'administre sans bonté mes biens, j'affronterai le paradoxe que je peux en donner plus et en conserver plus.
La bonté administre en bon père de famille, la cruauté en bourreau.
En affaires, le cruel a des profits plus élevés que le bon.
Anthropologie
Les peuples les plus cruels (Spartiates, Mongols) disparurent ou s'affaiblirent démographiquement, car ils semblent que leurs habitants n'aient même plus le goût de reproduire leur vie si affligeante.
Bonté et cruauté sont innées, modulées par les événements de la vie, mieux encouragées par certaines civilisations que par d'autres.
Économique
La bonté donne des cadeaux, la cruauté donne des coups, donc la bonté fait marcher l'économie, et non la cruauté qui détruit le capital humain.
La cruauté détruit la poule aux oeufs d'or; la bonté rapporte des dividendes.
Une guerre est la cruauté la plus coûteuse qui soit, et un système de santé public et gratuit la bonté la plus coûteuse qui existe.
La moins chère des bontés est le baiser sur la joue. La moins chère des cruautés est de conserver son argent pour soi.
La bonté capitaliste consiste à dire qu'en sacrifiant cruellement la génération actuelle du Tiers Monde on sortira de la misère noire la génération suivante.
Géographie
La cruauté la plus planétaire est notre absence de bonté envers les miséreux du monde.
La cruauté est moins grande, et la bonté plus répandue, dans les États riches, démocratiques et libertaires.
La Russie et la Chine communistes vécurent la somme la plus grande de cruautés. Les pays occidentaux sociaux-démocrates la somme la plus grande de bontés.
Histoire
L'Histoire fourmille d'hommes bons et d'hommes cruels. Il y a plus de cruautés que de bontés racontées par les livres d'Histoire, parce que les historiens et leurs lecteurs ont plus une soif littéraire de sang qu'un désir purifié de lire de belles choses.
L'Histoire montre, malgré les conflits sanglants du siècle, un progrès dans la diminution de la cruauté et dans l'augmentation de la bonté qu'entraînent l'humanisation du droit, la démocratisation et l'enrichissement.
Dans les temps anciens, la cruauté était plus fréquente, car la dureté des temps tenait les seuils de sensibilité et d'endurance plus élevés que ceux d'aujourd'hui.
L'homme le plus cruel par ses actions fut Hitler, par ses écrits Sade. L'homme le plus bon (à distinguer du mot "meilleur) par ses écrits fut François d'Assise et par ses actions fut ... Mère Theresa une femme ! En réalité, ils sont plutôt les archétypes de milliers d'autres hommes et femmes qui leur ressemblèrent.
Politique
La politique fut l'activité humaine la plus cruelle. La religion en second lieu par ses répressions et ses guerres de religion, et l'économie en troisième par les morts et blessés lors la construction de l'économie occidentale. Les activités humaines les plus bonnes furent l'amour, la sexualité, la charité, la solidarité et la vie de famille.
La cruauté est fortement combattue par le Code criminel, la bonté est faiblement encouragée par les déductions fiscales. La cruauté est provoquée par la compétition et la bonté par l'éducation.
Philosophique
La bonté et la cruauté viennent du coeur et toutes deux peuvent s'ériger en philosophies (sentimentalisme chrétien, sadisme cynique). Toutes deux nécessitent le secours de la raison aristotélicienne, l'une pour s'épanouir sans danger, l'autre pour disparaître à jamais.
Sade est le philosophe insurpassé de la cruauté. François d'Assise de la bonté. Par un atroce paradoxe, ils ont deux points communs: ils cherchaient l'Autre et aimaient tous deux la nature.
Psychologie
Bonté et cruauté sont à la fois innées et modulables par l'éducation, qui développe la première et réduit la deuxième.
On dit que l'âge pré-moral (8 à 14 ans) est l'âge le plus spontanément capable de cruautés. Mais l'âge catilinaire (la trentaine) ne donne pas sa place non plus. L'âge propice à la bonté est l'âge d'or, celui des passions calmées et du détachement.
La plupart de nos cruautés restent plus secrètes que nos cruautés, même virtuelles, car nous sommes fiers de publiciser nos bontés, surtout si elles sont réelles.
L'aveu de ne pas avoir été assez bon nous console et ne nous coûte rien.
Il est cruel que le bon désir aille à sa perte en cherchant l'assouvissement.
Nos cruautés sont la plupart involontaires, car elles proviennent de coups de l'envie, la jalousie et des blessures d'amour-propre.
La bonté rencontre l'ingratitude qu'elle ne mérite pas, et la cruauté la haine qu'elle ne mérite que trop.
Sociologie
Les hommes cruels cherchent les proies faciles que sont les femmes vulnérables, faibles, sentimentales et pauvres. Les femmes cruelles cherchent les bonasses et les faiblards, mais elles ont une prédilection pour les enfants sans défense.
Naguère, les hommes bons cherchaient la grandeur par des causes politiques et sociales, les femmes bonnes cherchaient la douceur des liens sociaux riches de chaleur humaine. Aujourd'hui, la désexualisation des rôles et des attitudes mélangent ces deux domaines chez les deux sexes.
Rousseau disait: "L'homme est bon et la société le corrompt". On a complété sa pensée par un paradoxe: "L'homme est cruel et la société l'éduque". En vérité, ils sont tous deux tour à tour, selon les lieux et les circonstances, bons et cruels.
La chasteté et la luxure
Administration
La chasteté est facile à planifier, difficile à maintenir; la luxure difficile à planifier et facile à maintenir.
La chasteté ne coûte que ce qu'elle perd, et s'administre comme un calvaire. La luxure ne coûte que ce qu'elle donne, et s'administre comme un Eden.
La luxure est un domaine lucratif mal vu et très taxé par les administrations publiques; la chasteté forme une catégorie sociale bien vue et gavée d'exemptions fiscales.
Anthropologie
Dans l'Antiquité très archaïque, luxure et piété étaient soudées quand le roi et la reine s'accouplaient publiquement dans un champ pour susciter la fertilité du sol. Puis, le temps historique sépara le religieux et le laïc en opposition conflictuelle.
La chasteté est peu présente dans les sociétés primitives. La luxure plus fréquente parsème les grandes fêtes, car on y célèbre par elle les puissances de la vie.
Le dieu des chrétiens est chaste; le prophète Mahomet est luxurieux.
La luxure fait à l'occasion des enfants que la chasteté récupère.
La luxure est animale et la chasteté inhumaine. Chacune vise un pouvoir sur les autres.
Économique
Le luxurieux dépense, le chaste investit.
La luxure coûte plus cher que la chasteté, voilà pourquoi on en vend plus. Est-ce à dire que la chasteté ne vaut rien si elle ne se vend pas ?
La chasteté rend plus riche celui qui la pratique que celui qui en vend. La luxure enrichit celui qui en vend, non celui qui la pratique.
La luxure est une dépense pour un débauché et un revenu pour un(e) prostitué(e). La chasteté permet un temps libre, peut-être même des énergies, utilisables dans d'autres activités.
La première chose que se paient les riches et les puissants, c'est une belle vie d'orgie et de luxure. La première chose que se paie le mystique est une exigence de chasteté rigoureuse.
La luxure existe parce que la demande sexuelle excède l'offre sexuelle. Ainsi, le désir croît et se libère à l'occasion par des excès de compensation.
Géographie
La chasteté est plus fréquente au Vatican, au Tibet, à Saint-François-du-Lac, dans de nombreux monastères et la luxure dans les bars et les maisons privées.
La luxure est plus forte que la chasteté, car on trouva des moines du mont Athos infectés au sida.
L'homme s'isole à la fois pour forniquer et pour prier, et à l'occasion fait les deux choses publiquement.
Le chaste chef du Vatican possède des monastères remplis de chastes comme lui; les militaires dans le gouvernement thaïlandais possèdent des bordels remplis d'enfants prostitués.
Histoire
Luxure vient de luxe, car l'Église médiévale dans son combat contre le Malin glissa dans ses préférences de la cupidité au sexe.
La luxure a détrônée la chasteté. On a troqué l'arrogance pontifiante pour la vulgarité indécente, la frustration pour le plaisir.
La chasteté ne fut de mode que lorsqu'un clergé puissant fut proche du pouvoir: les Lévites d'Israël, le Collegium romain, l'Église médiévale, le clergé québécois. La luxure est à la mode quand les laïcs (nobles ou bourgeois) prédominent socialement (Xxe siècle.
Politique
Même en pays démocratique libéral, l'électorat préférerait le chaste au luxurieux, car le premier est moins avide et moins audacieux que le deuxième.
Saint-Louis fut presque chaste, Bill Clinton assez luxurieux; mais tous les sultans furent très luxurieux: ces trois catégories d'hommes étaient croyants.
La luxure se pratique plutôt en secret et la chasteté s'affiche volontiers en public.
Philosophique
La luxure est un excès dû à l'intempérance, disent la plupart des philosophes. Certains affirment qu'elle n'est que l'état tout à fait normal du désir chez l'homme. La chasteté est le sommet de la vertu, disent certains philosophes; d'autres ne voient dans la chasteté que la peur pathologique du sexe.
La luxure est un festin, qui vide les sens; et la chasteté une famine, qui remplit l'âme.
Aristote dirait que la vertu sexuelle est le juste milieu entre la chasteté et la luxure. Mais son traité De l'amour, perdu, fut sans doute détruit par des chastes qui trouvait ce grand péripatéticien trop pervers à leur goût.
La luxure préfère les gestes sexuels et faire des enfants mortels, la chasteté les dons de Dieu et obtenir la vie éternelle.
Psychologie
L'enfance est chaste, la jeunesse et la maturité sont luxurieuses.
La chasteté ne peut être recouvrée. La luxure peut en tout temps être rattrapée.
Le désir insatiable crée la luxure; la quête de l'au-delà crée la chasteté.
La chasteté est incommodée d'éjaculations nocturnes, la luxure de maladies vénériennes.
La chasteté amène la paix de l'âme, la luxure des jouissances incroyables.
La luxure procure des remords et la chasteté des regrets.
La chasteté crée plus de frustrations sexuelles que la luxure, mais plus de temps pour s'en occuper.
La luxure est généreuse de son corps, et la chasteté de ses prières.
La chasteté existe parce que la luxure ne donne pas l'absolu à tous les caractères.
La luxure est le signe d'un appétit affamé, car elle mange beaucoup dans une seule fois. La sainteté est le signe d'un corps éteint, car elle ne mange rien.
Sociologie
La luxure se démocratise par les médias et la pornographie et elle devient de moins en moins chère. La chasteté se raréfie par le déclin des institutions religieuses qui la préconisaient.
Le chaste par volonté ne fait pas les enfants que le luxurieux fait par hasard.
La société grossit des luxurieux et louange les chastes.
La fumisterie scientifique de la sublimation donne un alibi à la chasteté de ne pas prendre des responsabilités familiales. La fumisterie scientifique que les enfants coûtent cher donne un alibi aux luxurieux de ne pas en faire ou si peu.
par Jacques Légaré, ph.d. inspiré par ses étudiants, dont le bon sens l'a étonné.
VOICI L'Évaluation finale
de
Votre Activité d'Intégration
| Nombre | Éléments évalués et critères d'évaluation | Pondération |
| 1 | Réalisation de toutes les étapes de l'activité | 10 |
| 2 | Ponctualité, présences, et respect des échéanciers | 10 |
| 3 | Conformité des règles présidant à la rédaction du Rapport | 20 |
| 4 | Qualité et longueur des lectures d'accompagnement | 10 |
| 5 | Qualité de la présentation et de l'expression orales en classe | 5 |
| 6 | Autonomie, initiative, et débrouillardise | 5 |
| 7 | Qualité stylistique de l'expression écrite | 10 |
| 8 | Maîtrise de l'application des acquis multidisciplinaires | 20 |
| 9 | Maîtrise de la langue seconde | 5 |
| 10 | Maîtrise de l'informatique | 5 |
| Bonis (en supplément) |
Maîtrise de l'internet Originalité particulièrement remarquable Difficulté particulière du sujet Présentation orale anticipée |
2 5 5 3 à 5 |
| TOTAL | 100 |
COMMENTAIRES DU CORRECTEUR
(Rapport à reprendre et à réimprimer: oui___ non___)
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Jacques Légaré, ph.d. Professeur d'Économique, d'Histoire et de Philosophie. bur. 276 courriel: jlegare@clic.net tél.: 418-878-3661
Corrections & ajouts:
Au 1er cours faites la liste des 35 points à ne pas oublier et à vérifier avant l'impression, puis à la 2e semaine, leur donner ma propre liste
faire un dossier pour le stagiaire avec le texte de Mathieu
Identifier les étudiants très faibles en français et exiger une lecture préalable par un tiers pour le français ou un traitement de texte avec le correcteur grammatical
Faire en classe un exercice d'articulation et de pose de la voie pour la présentation orale la 1ère semaine, et donner à tous sur une feuille les évaluations de cette année
La qualité stylistique: composer 2 paragraphes avec toutes les inélégances stylistiques possibles, et les obliger à le recomposer en bon français: un paragraphe corrigé, et l'autre à corriger.
exiger la numérotation des lignes du Rapport en marge.
table des matières avec 1.--1.1--1.2 etc.
.
Faire en classe un exercice de fiches parfaites (et de citations et de références parfaites) sur un article des revues l'Histoire, Problèmes éco, politiques et sociaux et revue de Psycho, avec recherche dans 2 encyclopédies (Larousse et Universalis, Britannica, le Grand Robert) et 1 Que sais-je ? touchant leur sujet, en reproduisant impeccablement la page modèle fournie, et remettre la 2e semaine un exercice sur oridinateur d''une page de résumé parfaite, avec marges correctes, 2 différentes sortes de citations et de références, un tableau, un graph et une image insérée, et tous les types de références possible, avec l'utilisation des correcteur orthographique et grammatical.
exiger le fichier .crd (faire 10 fiches pour l'exemple.)
.
ne donner un fichier complet comprenant texte, tables des matières, bibliographie, nommez-le par votre nom cf: j-legare.doc, et doublez-le par sécurité en le sauvegardant une 2e fois en j-legare-2.doc
Obligatoirement utilisez pour 10 fiches minimum le petit programme cardfile, et mettez-le sur votre disquette au nom de cardjlegare.crd (bien sûr avec votre nom et non le mien
Obligatoirement, consultez en priorité les encyclopédies sur votre sujet, et dès la 1ère semaine faites votre essai sur 2 articles avec Universalis, Larousse, Grolier, Britannica,
comment choisir un bon bouquin: son épaisseur, son index, sa table des matières, son âge, et la célébrité de son auteur, le nombre de ses rédacteurs, sa collection et son éditeur, le niveau populaire ou universitaire, la qualité de sa langue; moyen de vérification: lire 3 paragraphes au hasard.
Indiquer la signification précise de idem (même auteur que le précédent) et de ibid (même volume que le précédent), ibidem (même auteur et même volume que les précédents) utilisez ce 3e le plus fréquent. cf. Ibidem, p. 36
ajouter à l'évaluation dans le plan de cours et le protocole l'item rectitude et qualité du style sur 20 points
composer un modèle d'évaluation de A.I. et demander s'ils auraient aimé d'autres sujets possibles.
.
insérer le Rapport de Anne-Marie Gagné dans le mémoire;
faire un petit modèle d'évaluation de l'A.I.
inviter au cinéma pour le dernier cours ou une bonne bière dans un beau bar
conserver vos évaluations étudiantes pour vos curriculum vitae
faire votre table des matières à la toute fin pour y inscrire les bons numéros de page.
écrire les chiffres en chiffres, 1er, 2e, 40e, 3, etc.,; États-Unis avec un É avec son accent, et À avec son accent;
écrire au tableau les choses à remettre:
1) cassettes
2) disquette: nom groupe,, sujet, traitement de texte et sa version
Rapport: broché, no de tél., votre moyenne d|'évaluation de groupe
4) fiches: ficelées,1ère fiche: nom, groupe, sujet et nombre de fiches
Feuille des cassettes oubliées
Ne prêter jamais votre travail (fiches, rapport, disquette), car vous serez impliqués de fraude
comment référencer: verbatim d'entrevue, cassette vidéo, auteurs collectifs,
Remettre à tous à une date à fixer à la semaine des examens dernier examen donné par M.Légare les 22 ou 23 mai: tous les rapports, disquettes, fiches
Quelle différence y-a-t-il entre l'amour de la science et la science de l'amour ?
Ce genre de question passionnerait l'auditoire de « Juste pour rire ». Mais comme disait La Rochefoucaud, on peut dire des sottises fort sérieusement et des vérités solides en badinant. D'emblée, disons qu'il faut beaucoup d'intelligence et de finesse dans les deux cas... et le premier écueil des expressions réside dans les deux sens différents du mot «science». L'amour de la science au sens de savoir abstrait et fort élaboré, et science de l'amour au sens de savoir pratique, fait d'attitudes et de petits trucs. Le premier relève de l'abstraction et le second de l'adresse.
Tous conviennent que l'amour que porte le savant à son art est plutôt tranquille. Cet amour serein lui procure un travail, un revenu avec lequel il gagne sa vie. Cet amour s'alimente d'un plaisir tout simple, celui d'apprendre qu'Aristote trouve universel: « Tous les hommes désirent naturellement savoir1 ». La ténacité que stimule ce plaisir renouvelé amène le savant à se surpasser, à un zèle quelquefois olympique. Voilà pourquoi les Anciens Grecs firent de Prométhée --celui qui donna le feu aux hommes en bravant la foudre de Zeus le roi des dieux-- le premier des savants. Jusqu'à nos jours, l'amour de la science fut héroïque. Diderot mena à son terme la publication de l'Encyclopédie en bravant la prison, et Marie Curie mourut du cancer en manipulant le radium qu'elle avait découvert. L'amour de la science est une passion plutôt froide d'apparence, mais d'une intensité extrême à l'aune des comportements fabuleusement audacieux des plus grands savants. Pour Léonard de Vinci, il y a deux écueils qui guettent le savant: la culture sans expérience et l'expérience sans culture. Il est contre
« Ceux qui s'éprennent de la pratique de la science, (et qui ) sont comme les pilotes qui se mettent à naviguer sans gouvernail ni boussole et qui ne savent jamais exactement où se diriger. ( Il faut être) disciple de l'expérience2 ».
Les Anciens Grecs, à la différence des Romains pour qui intelligence signifie lire entre les lignes (inter-legere), disaient hautement que l'intelligence véritable est créatrice de nouveautés. En grec, l'intelligence se dit néouzis (créer du nouveau). La nouveauté est-elle le point commun des deux expressions?
En effet, les médecins des curs nous disent que tout amour est en péril quand il n'est pas le créateur de sa propre nouveauté. La nouveauté est une nouvelle naissance, et l'amour durable est une nouveauté perpétuelle. On est loin de la froide définition du dictionnaire: « Disposition favorable de l'affectivité et de la volonté à l'égard de ce qui est ressenti comme bon (...)3.» Plus encore, « L'amour n'est plus ce qu'il était4 ».
Ovide précisa: : « L'amour est une espèce de service militaire5 ». Voilà ce que pense tout ambitieux qui veut arriver à ses fins, fussent-elles libidineuses et fort impérieuses...
Qui veut connaître la suite sur un sujet aussi immense ? Une bonne lecture vous apprendra comme le disait le médiéviste Georges Duby:
Science et Amour, chacun à leur façon, remplissent intensément les instants d'une vie, voire toute une vie, et pour un bonheur immense, qu'il soit éphémère ou impérissable.
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Ne jouez pas ailleurs dans les répertoires pour ne pas abîmer des fichiers importants.
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Pour bien composer votre Rapport, enrichissez votre plan (jusqu'à 5 sous-divisions) en lisant les tables de matières de vos manuels disciplinaires.
Dans la table des matières, ne répétez pas les mêmes sous-divisions.
Faites toute sous-division en phrase complète très courte, comme un résumé ultra bref de la sous-section.
Dans les références, n'oubliez pas la mise en italique des noms d'articles, et les noms d'institution, de compagnies..
Avant l'impression, relisez pour les tout petits détails une dernière fois du Protocole pour ne rien oublier.
Ne refaites dans votre Rapport aucune des fautes soulignées par votre pré-travail.
N'ayez aucune erreur dans votre Rapport sur un détail précisé dans le Protocole.
Composez directement sur ordinateur.
Les retardataires doivent impérativement me remettre sous peu les 5 fiches d'essai (3 fiches titres + 2 fiches citation) sur fiches en papier, et sur le programme Fiches distribué et aussi disponible sur l'ordinateur de la Bibliothèque réservé aux Sciences humaines, et ainsi. Bobinette.crd
Lors de la remise de votre Rapport, remettez votre disquette avec le fichier de votre Rapport avec votre nom de famille ainsi: Rapport-Dumas.doc ou Rapport-Dumas.lwp selon votre traitement de texte.
Soyez à l'heure à notre rendez-vous de mi-session les mardi 24 février et 3 mars.
Jacques Légaré, qui vous dit à tous et à toutes:
Un franc succès dans votre beau Rapport !
ACTIVITÉ D'INTÉGRATION DU VOYAGE À WASHINGTON
CONTINUÉ EN TRAVAIL THÉORIQUE
UN ITINÉRAIRE DE VOYAGE
À Washington ou dans l'Est des États-Unis, ou dans tout les États-Unis, selon votre choix
1. Choisir 4 disciplines, dont 2 différentes chacun.
2. Expliquer la ville de Washington (ou l'Est, ou l'entièreté) selon ces 4 disciplines
3. Tracer un itinéraire de voyage
4. En annexe, élargir votre réflexion sur les difficultés pratiques d'organisation d'un voyage de groupe (3 à 5 pages) en un compte-rendu de votre tentative d'organisation d'un voyage de groupe.
Votre texte doit contenir tous les éléments suivants,
qui sont ceux exigés par l'École des gradués de l'Université Laval
Composez, d'une composition personnelle, sans rien plagier ou recopier, un bref texte d'une page sur n'importe quel sujet qui vous intéresse; insérez-y toutes les conventions méthodologiques suivantes:
1.. La conformité des marges: toutes (haut, bas et droite) de 1.5 cm, sauf celle de gauche de 2 cm. (Si vous utilisez un Mac, essayez de transformer votre fichier en fichier PC, il existe un programme Mac à cette fin. Sinon, exercez-vous sur les PC du Campus, avec Word, qui est le même que celui de votre Mac).
2. Trois citations toutes en italique et « entre guillemets », dont une de 3 lignes et plus en double retrait.
3. Trois références (en notes en bas de page) provenant des 3 types de citations, ses éléments en bon ordre: A) L'ouvrage ordinaire: auteur, titre, lieu d'édition, éditeur, «Collection », date d'édition, no. de page citée. B) L'article de revue ou de journal: auteur, «titre de l'article», titre de la revue, date, no. de la page citée
C) Dictionnaire/encyclopédie: Nom du diction/encycl., lieu d'édition, éditeur, date, «nom de l'article», page
Sur votre traitement de texte, mettez votre curseur à la fin de votre «citation», puis allez au menu déroulant à «notes en bas de page», cliquez, et automatiquement un numéro de référence en bas de page apparaît 2 fois. Respectez scrupuleusement les soulignements (titre de volume et de revue) et les mises en italique (articles).
4. Les trois références de 1) un livre ordinaire 2) une revue/journal 3) un dictionnaire ou encyclopédie Les références (en notes de bas de page) sont à simple interligne. Modifiez-en le style, si nécessaire.
5. Le texte est en 12 points, (non en 10 points ou en 8 points), et à interligne 1½, comme celui-ci.
6. Votre texte est justifié: la fin et le début des phrases égalisées les unes par rapport aux autres. (Mettez tout votre texte en surbrillance, cliquez sur Texte, puis sur Justifié)
7. Tout début de paragraphe (sa 1ère ligne) avec un petit retrait, sauf à la reprise du même paragraphe, tout de suite après une citation en double retrait (à sa gauche et à sa droite)..
8. Le passage de votre texte d'une page aux 2 correcteurs orthographique et grammatical.
Ceci est très important: toute faute à votre texte révèle que vous n'avez pas utilisé ces instruments superbes !
9. Enregistrez votre fichier sous votre nom: par exemple Tremblay.doc ou Tremblay.wp. Utilisez une disquette 1.4 meg, vide sauf de votre fichier, car votre professeur vous réserve une belle surprise...
10. Avant d'imprimer, vérifiez si tous les 10 points précédents ont été parfaitement appliqués. Imprimez.
N'oubliez pas que votre correcteur exigera une nouvelle édition si tout n'est pas parfaitement correct.
Conservez ce fichier, et servez-vous en en guise de modèle pour tous vos travaux du collège et de l'université.
Remise de votre disquette avec son unique fichier, et d'une page imprimée de votre texte. Sur les deux inscrivez (avec nom et groupe, en haut à droite). Jacques Légaré
XVi. exemples de discours intégratifs
A) Voici un exemple de discours intégratif, qui utilise: Droit, Actualité politique, Histoire, Philosophie
LA PRIMAUTÉ DU DROIT
Pendant son combat où il a voulu faire déclarer anticonstitutionnel un futur référendum au Québec, Me. Guy Bertrand a claironné à maintes reprises: « La primauté du droit est la base de la démocratie. » Le premier ministre Jean Chrétien et le ministre des Affaires intergouvemementales, Stéphane Dion, ont joint leurs voix à celle du bruyant avocat. Je risque d'en étonner plusieurs en disant que cette affirmation n'est qu'ambiguïté, ignorance et erreur.
Scrutons d'abord le mot primauté. De toute évidence, dans primauté, il y a primus, premier. Être premier présuppose la présence d'un deuxième: si vous étiez seul à concourir, on ne dira pas sans un sourire que vous êtes arrivé le premier. On parlera donc de primauté à propos d'une chose ou d'une personne qui est première par rapport à une autre qui viendra après. On affirme la primauté du droit sur la force; la primauté de la qualité sur la quantité; la primauté de la santé sur la richesse, etc. Qui proclame la primauté du droit doit avoir à l'esprit une autre chose par rapport à laquelle le droit est premier, même s'il ne mentionne pas cette seconde chose.
Les gens qui proclament la primauté du droit devraient nous dire par rapport à quoi, selon eux, le droit est premier, car c'est loin d'aller de soi. Dans le préambule de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, le Canada est présenté comme une société fondée sur « la primauté du droit », expression que l'on retrouve dans le préambule de la Charte canadienne des droits et libertés. Mais par rapport à quoi le droit est-il premier? Est-ce par rapport à la volonté du peuple? Non: le droit est premier par rapport à la volonté du chef. Quand on dit que le Canada est une société de droit, le peuple se sent rassuré. En effet, par une constitution et par des lois, il est protégé contre l'arbitraire de ses dirigeants. Les personnes interpellées dessus laissent entendre que le droit l'emporte sur la volonté du peuple, ce qui est faux.
Si les personnes interpellées ci-dessus nous disaient, d'abord, par rapport à quoi le droit dont elles parlent est premier, elles devraient préciser, ensuite, à quel droit elles accordent la primauté, car le mot droit comporte plusieurs sens. Ces gens qui proclament la primauté du droit se réfèrent au droit positif, c'est-à-dire au droit des codes, des constitutions, des chartes.
En effet, Le Soleil du 15 mai 1996 rapportait des propos du premier ministre Jean Chrétien: « Nous disons que les lois du Canada doivent être respectées [...], que le droit international aussi doit être respecté. » Il ajoutait que son gouvernement avait « le devoir de protéger la constitution canadienne. » Le 24 mai, Le Soleil nous apprenait que le ministre fédéral Stéphane Dion n'excluait pas la possibilité de s'adresser à la Cour suprême pour obtenir un avis sur la légalité ou l'illégalité d'une déclaration unilatérale d'indépendance. Le journal rapportait ce mot du Ministre: « On a d'autres moyens légaux de faire parler la justice.» Il est évident que, pour ces hommes, seules existent les lois écrites et que leur justice, c'est la Justice légale, celle écrite et promulguée par le Parlement, dont le respect est surveillé par les tribunaux. Si le ministre Dion obtient l'avis juridique qu'il désire, si cet avis affirme l'illégalité d'une déclaration unilatérale d'indépendance, rappelez-vous l'article 585 du Code civil du Québec. Avant l'abolition de cet article, un avis juridique aurait donné raison à la bru qui cherchait à faire acquitter par les parents de son mari irresponsable les devoirs négligés par leur fils; après l'abolition de l'article, l'avis juridique aurait été différent. Un avis juridique dépend des lois existantes; il vaut ce que valent les lois existantes; un avis juridique qui interprète une loi injuste n'a aucune valeur morale.
Le droit positif est premier par rapport à l'arbitraire du chef - et non par rapport à la volonté du peuple -, mais il cède le pas à un autre droit, un droit non écrit, dont parle sans cesse Cicéron dans son traité Des Lois. « Le droit a son fondement non dans une convention, mais dans la nature6.» Puis, il ajoute: « Si la volonté des peuples, les décrets des chefs, les sentences des juges faisaient le droit, pour créer le droit au brigandage, à l'adultère, à la falsification des testaments, il suffirait que ces façons d'agir eussent le suffrage et l'approbation de la multitude. [...] Pour distinguer une bonne loi d'une mauvaise, nous n'avons d'autre règle que la nature.7 »
L'affirmation: « la primauté du droit est la base de la démocratie » est fondée sur une ignorance presque crasse de la notion de base ou de fondement! Pour dissiper cette ignorance, partons de quelques expressions bien connues: fonder une maison sur le roc; Champlain a fondé Québec; un pouvoir fondé sur la force; une revendication non fondée, etc. Les mots "fondement" et "fonder" évoquent l'idée ou d'une assise, ou d'un commencement, ou d'une justification. Fonder le droit au suicide assisté, ce serait apporter des arguments qui le justifierait. Fonder la démocratie, c'est la justifier.
Avant de chercher à la fonder, avant d'en chercher la base ou le fondement, il faut savoir ce qu'elle est. Démocratie vient de deux mots grecs: demos, peuple; kratein, gouverner. Selon sa définition la plus simple et la mieux connue, la démocratie est « le gouvernement du peuple par le peuple. » Et le peuple peut gouverner directement ou par des représentants choisis par lui, comme c'est le cas dans notre pays. Soulever le problème du fondement de la démocratie, c'est se demander s'il convient que le peuple se gouverne vraiment lui-même au lieu d'être conduit comme un troupeau ou comme une voiture.
Les partisans de la démocratie enracinent humaine. Ils affirment que le peuple peut se gouverner parce qu'il est composé d'êtres humains intelligents, libres et responsables ou maîtres de leurs actes. Contrairement à l'être humain, la flèche ne peut pas interrompre sa course ou en dévier quand elle constate qu'elle va s'enfoncer dans le coeur d'un être humain et non dans celui d'une bête; le pitbull ne comprend pas qu'il est abominable de défigurer un enfant.
Là on touche au fondement de la démocratie, qui est la responsabilité inaliénable de l'être humain. L'être responsable ne doit pas accepter qu'on prenne sans le consulter des décisions qui le concernent et dont il portera finalement le poids. Ce n'est donc pas « la primauté du droit » qui est la base de la démocratie, mais cette caractéristique de l'être humain par laquelle il est responsable de ses actes, c'est-à-dire qu'il en est maître. La pierre n'est pas responsable, ni le vent, ni l'animal; ils ne font pas ce qu'ils veulent, tandis que l'homme est responsable et, parce qu'il est maître de ses actes, il a parfois à rendre des comptes.
Le peuple souverain se donne des gouvernants qui doivent lui rendre des comptes, car c'est lui le souverain. Il a non seulement le droit, mais le devoir de les surveiller de près, car « le pouvoir sans l'abus perd le charme », dit fort justement Paul Valéry. Si ces gouvernants ne se comportent pas comme le peuple le désire, ce dernier a le droit de les déposer. Chez nous, l'occasion lui en est offerte au moins tous les cinq ans, mais il serait normal que des procédures soient instituées pour que le peuple ne doive pas attendre aussi longtemps pour se débarrasser d'un gouvernement qui viole les promesses qui l'ont porté au pouvoir.
Mais quelle est donc la place du droit ou des lois? Ubi societas, ibi lex (ou ibi jus), disent les gens de droit: où il y a société, il y a loi ou droit. La présence des lois n'est pas exigée par cette forme de gouvernement qu'est la démocratie: dans toute société, quelle que soit la forme de son gouvernement, il y a des lois. Le droit n'est donc pas la base de la démocratie, mais la condition de bon fonctionnement de n'importe quelle société. Les lois que les législateurs imposent au peuple sont plus ou moins bien adaptées à la réalité. Tout le monde en convient: personne ne pense que la loi de l'impôt est juste. Le peuple a le droit d'exiger qu'on l'amende. Si le ministre du Revenu répondait: « Je ne peux pas amender la loi de l'impôt, car nous vivons dans une société qui reconnaît la primauté du droit », tout le monde poufferait de rire. Il faut pouffer aussi quand on répond aux revendications du Québec en invoquant la primauté du droit. Il n'y a pas de primauté du droit positif sur la volonté du peuple.
« Ce qu'il y a de plus insensé, écrit Cicéron, c'est de croire que tout ce qui est réglé par les institutions ou les lois des peuples est juste.8 » Et il ajoute: « Que celui qui s'oppose à une mauvaise mesure soit regardé comme un bon citoyen9 ». Une constitution qui a besoin d'être amendée, qui n'est plus ajustée à la réalité d'aujourd'hui, est injuste, et cette injustice doit être dénoncée et corrigée.
Un juriste prouve qu'une loi est juste en invoquant une autre loi, une charte ou une constitution. Par exemple, Le Soleil du 2 juillet 1996 nous apprenait qu'une loi autorisant l'euthanasie était entrée en vigueur dans le Territoire du Nord australien. Les adversaires de cette loi se sont adressés à la Cour suprême de l'Australie pour la faire annuler, car elle serait inconstitutionnelle. Il peut arriver qu'on justifie une loi injuste en se basant sur une autre loi injuste, ou sur une charte injuste.
L'autre façon de prouver qu'une loi est injuste, c'est de montrer qu'elle n'est pas fondée sur le droit naturel; bref, qu'elle est immorale. On reconnaît ainsi la primauté du droit moral ou naturel, comme dit Cicéron, sur le droit légal. Si donc il y a un droit antérieur au droit légal, il s'ensuit que le législateur est lié par ce droit. Une constitution désuète exprime un droit légal, mais elle n'exprime pas le droit réel. Il existe une loi supérieure à la loi écrite. La primauté du droit revient à cette loi non écrite, comme dit Cicéron dans son traité Des Lois. La primauté du droit non écrit, c'est la primauté du droit naturel ou du droit moral.
Résumons. Tout d'abord, Il y a la primauté du droit (positif) sur l'arbitraire du chef. Il y a ensuite la primauté du droit naturel ou moral sur le droit positif et sur la volonté du peuple - une majorité qui légaliserait l'adultère ne rendrait pas moral ce comportement. Il y a enfin la primauté de la conscience personnelle sur les lois et les décrets des chef, quels qu'ils soient. Accepter que « la primauté du droit [soit] le fondement de la démocratie » placerait les lois au-dessus de la volonté du peuple. En démocratie, le pouvoir est exercé par le peuple; c'est le peuple qui, par ses représentants, fait les lois, les modifie ou les abroge. Il est le maître des lois et non l'inverse.
Enfin, prétendre que le Québec ne peut pas déclarer « unilatéralement. son indépendance, c'est oublier qu'il y a au Canada deux peuples fondateurs et non un seul, qui serait le peuple canadien. S'il n'y avait qu'un seul peuple au Canada, il serait normal qu'une province ne puisse se séparer sans le consentement de la majorité. Mais, quand il y a deux peuples, chacun peut décider de son avenir sans l'assentiment de l'autre.
Blais, Martin, ph.d., «La primauté du droit» dans Les Enseignants, Vol. 21, no. 3, décembre 1996, p.14.
B) Einstein, le plus grand savant des sciences de la nature au Xxe siècle,
était-il fort en Sciences humaines ?
Il était fort en ceci :
En Philosophie, Einstein était à la fois fort et faible. En théorie de la connaissance, il était fort, car il dit bien que la science consiste à douter, à s'étonner, à observer, à expérimenter et à prouver. En éthique, partie de la philosophie, il était aussi très fort, car il tient de sa formation judaïque l'idée morale que la violence et l'intolérance, même pour redresser une cruelle injustice, sont un mal, et qu'il faut s'en abstenir.
Il était fort en psychologie quotidienne, car il cultivait la douceur, l'humour, l'ironie. Il savait s'éviter des problèmes en ployant extérieurement plutôt qu'en cherchant l'affrontement.
Il était fort en Histoire et en Éducation, car il valorisait la culture et la tradition qui nous éduquent des trésors que l'humanité sut accumuler au cours des siècles.
Il était faible en ceci :
En Philosophie politique, il était faible, car dans le fascisme et le nazisme, il n'y a vu au début que des " noirceurs s'amoncelant sur l'Europe ". Il a trop écouté son caractère paisible, solitaire et légèrement anarchiste, en refusant de s'impliquer et de mettre sa notoriété au service de la philosophie libérale qui était au fond la sienne. Le citoyen, surtout s'il est instruit, doit s'impliquer dans la gestion et la sauvegarde de la Cité.
Il était faible en Sociologie, car il ne savait pas manuvrer entre les groupes antagonistes, ni se défendre convenablement. Il refusait l'adversité, toute naturelle entre les groupes sociaux rivaux. Il fuyait constamment, prisonnier qu'il était de sa défaite de petit Juif sur les bancs scolaires remplis d'élèves, voire de professeurs, antisémites.
Il était faible en Psychologie sexuelle ou conjugale, car il était complètement à la remorque des préjugés sexistes et machistes de son époque. Sa femme ne l'aidait guère non plus, car elle était aussi prisonnière du modèle féminin traditionnel, celui d'une femme qui ne travaille pas et qui a besoin d'être le centre d'attraction exclusif de son mari.
Il était faible en Anthropologie, car il identifiait la religion à une science encore moderne, ou la réduisait à toute l'éthique, ou la considérait comme une métaphysique pour un scientifique de haut calibre. Elle n'est rien de tout cela pour les savants en sciences humaines. Pour eux, elle n'est qu'une science archaïque, qui s'exprima à l'époque pré-rationaliste de l'histoire des idées et des sciences. En Économique, il n'a pas prononcé mot qui vaille. Son mépris à s'enrichir à même sa notoriété facilement monnayable démontrerait une certaine ignorance, de type cynique ou bohème. En Géographie, aucun fait nous permet de dire quoi que ce soit. Il jouait du Mozart, mais la musique n'est pas une science humaine, C'est une activité artistique, hautement humaine et humanisante.
Bref, ce qu'il y a de beau dans l'être humain qu'il a été, c'est son merveilleux doux caractère, et un bon jugement qu'il tenait de sa philosophie (éthique), même si sa formation en sciences humaines était très limitée. Paradoxalement, il a subi une époque qu'il a métamorphosée. Jacques Légaré, ph.d.
c) Le texte suivant est un exemple d'un plan bien structuré, sous le thème de phénomène-guerre. Inspirez-vous de sa rigueur pour composer, retoucher votre propre table des matières.
E) Le Sexe ou l'Immortalité
Il est des événements qui entre eux ont des liens loin d'être évidents, bien qu'ils relèvent tous de la politique des murs. L'absence de Jean Chrétien à la Conférence mondiale sur le sida, les fuites insinuant une remise en cause des $40 millions fédéraux à la recherche sur le sida, la visite privée de Jean Chrétien au pape Jean-Paul II, la capitulation de Pauline Marrois devant le lobby religieux par le maintien des fonds publics à la confessionnalité scolaire, puis sa volte-face laïcite, et finalement la critique récente contre M. Bisaillon, le Président de la Commission des États généraux sur l'Éducation à propos de la confessionnalité scolaire. Si ces liens existent sans être évidents, c'est que la droite religieuse occidentale, qu'elle soit chrétienne ou musulmane, a déjà perdu sur la scène médiatique le loyal combat de la liberté d'expression par laquelle on discute, on débat du bien-fondé des préceptes moraux qui doivent justifier nos lois et les fonds publics alloués à nos actions et à nos institutions. S'étant ridiculisée par ses interdits en morale sexuelle, qui tiennent du tabou plus que de la lucidité sereine, cette droite en vient à influencer le pouvoir démocratique par derrière. D'où l'absence de lien évident entre les faits précités. La rage au cur exhibée par des sidéens lors de manifestations publiques et les déclarations de déception par nos leaders scolaires (CEQ et MEMO) ne semblent pas suffisantes pour faire reculer l'archaïsme culturel. Le vieil Aristote disait que la Cité est composée de citoyens unis par ce qu'il appelait << l'amitié politique >>. En conséquence, on devrait amitié même aux archaïques? Pourquoi pas? Socrate disait qu'on fait le mal par ignorance et Alain disait qu'il faut dénouer ce que l'Histoire, et notre petite histoire personnelle, ont mal noué en nous. Or sur ces questions l'archaïsme religieux, profondément anti-humaniste, anti-féminin, anti-sexuel, est crispé dans un combat d'arrière-garde, insensible à la liberté des Lumières, par une peur atavique née de son ignorance.
Dans l'Ecclésiaste se trouve la phrase-clé de cette phobie morbide: « J'ai regardé les choses du monde avec les yeux de l'âme, et j'ai trouvé la femme plus amère que la mort ». Aux origines de l'histoire catholique et chrétienne, dans la Bible elle-même, s'exprime avec une force terrifiante cette phobie sexuelle, dont les femmes d'abord, les homosexuels ensuite, et plus largement tous les hommes firent les frais. En réalité, dans un premier temps, l'Église n'a été que le vecteur de cette répulsion des réalités sexuelles et de leur épouvantable répression. Alors, qui est responsable historique, si ce n'est pas seulement l'Église, qui se défend d'ailleurs fort mal de sa propre misère qu'elle a répandue à tout l'Occident sur deux millénaires ? La réponse vient de Rome, du peuple romain antique. Ce dernier était affligé d'une nécrophilie tenace et extrêmement dangereuse. Oubliez d'abord la définition du dictionnaire << faire l'amour avec des cadavres >>. Ce n'est qu'une manifestation plus drôle que dangereuse de la nécrophilie, dont la définition psychanalytique stricte, que je tiens d'Erich Fromm, est la passion immodérée, pathologique, pour la destruction10. Si, à Rome, on se délectait du spectacle quotidien de milliers d'innocents sans défense dévorés par les fauves, on peut en déduire que le peuple romain antique recelait une forte proportion de nécrophiles. Ils ont pu imposer à tout un peuple des sports, des spectacles insupportables aux yeux d'une éthique qui respecte la vie et la dignité d'autrui. Même Cicéron s'en délectait. Or, cette nécrophilie fut fort efficace pour conquérir le monde méditerranéen. L'empire achevé, sans doute cette nécrophile se tourna contre Rome même, qu'elle avait d'abord su réprimer en son sein lors du fameux scandale des Bacchanales. Vraisemblablement, les non-nécrophiles romains trouvèrent hors de Rome le moyen d'échapper à cette passion soufflant mort et souffrances. Ainsi, les Romains ont-ils emprunté aux Grecs cette nouvelle philosophie, le stoïcisme, dont les deux préceptes, Abstine et Sustine, (Abstiens-toi du plaisir et supporte la souffrance), ont pu à leur volonté de régénérescence morale apporter de nouveaux comportements populaires plus respectueux de la vie. Ainsi, le Abstine (Abstiens-toi des plaisirs) qui devait se limiter, présume-t-on, au vice nécrophile, engloba tous les plaisirs, dont le plus vif et le plus fort est le plaisir sexuel, porteur de vie. L'Église, en érigeant le christianisme en religion d'État (romain, répressif et nécrophile), y incorpora un implacable arsenal d'armes stoïciennes contre les plaisirs qui, selon saint Augustin, étaient responsables de la chute de Rome. Pourtant, la nouvelle religion d'origine proche-orientale, était assez discrète sur les questions sexuelles. Cependant que les Pères de l'Église, de Saint Jean-Chrysostome à Saint-Jérôme, nourris de puritanisme judaïque, nommaient la femme ainsi: « Souveraine peste, Porte de l'enfer, arme de Satan, sentinelle de la Perdition, larve du Démon, flèche du Diable ». Plus encore, la société romaine que les propagandistes chrétiens convoitaient était tenaillée par un État implacablement dirigiste et violent. Notamment la torture judiciaire, réservée uniquement aux esclaves du temps de la République, avait été étendue à tous les citoyens de l'empire. La croix, image nécrophile, est symptomatique de l'état d'esprit de ceux qui la choisirent comme symbole. C'est ainsi que très tôt dans notre histoire occidentale, dans ce climat morbide du Bas-Empire romain, la sexualité fut déclarée contre nature quand elle déviait de la procréation à l'intérieur du mariage, lui-même enferré dans la fides (la fidélité), vertu militaire toute romaine qui fit la solidité des armées lancées à la conquête du monde. De même, l'Église devint sexiste, non par haine et peur de la femme (la Vierge est tout de même une femme !) mais peur de l'objet sexuel qu'elle est dans le désir de l'homme. Visant son propre désir, l'homme atteignit la femme en tant qu'être sexué. L'Église, d'après ce schéma vite fait convenons-en, imposa à des peuples une éthique sexuelle dérivée d'une philosophie qui ne convenait nullement à leurs murs et à leur caractère. D'où ce désastre de répressions et de misères sexuelles qui au cours des âges se réactivaient à la faveur des résurgences stoïciennes (monachisme, protestantisme, puritanisme, jansénisme, victorianisme, etc.), dont la plus ancienne trace remonte à Pythagore, qui n'a pas été que mathématicien. Ainsi est illustrée l'extraordinaire permanence historique de l'éthique des murs, même inadaptée. Quand un clergé devient groupe politique dominant ou puissant, il y a accentuation de cette répression sexuelle, et pour deux raisons. La première, triviale, veut que la hiérarchie protège ainsi son patrimoine qu'il faudrait distribuer aux veuves, concubines et à leurs enfants. S'ils n'existent pas, le rendement séculaire des actifs est exponentiel. La deuxième raison semble plus sérieuse. Puisque le clergé propose le pari de la vie éternelle, le sexe est son concurrent sur le marché des valeurs métaphysiques où sont proposées les différentes conceptions de l'homme et de l'existence humaine. Le sexe nous rappelle la mortalité de nos existences que l'âme immortelle, la résurrection et la réincarnation nient au mépris du plus élémentaire bon sens. En même temps, le sexe vainc indirectement notre mort par nos propres enfants qui vont nous survivre. Leur turbulente vitalité nous fait vite oublier ces sombres considérations et notre amour pour eux a un goût d'éternité. Cette ambivalence du sexe amène les uns et les autres aux deux versants du sens qu'il porte. Quand un clergé propose pour vaincre la mort un détour par l'imaginaire (l'immortalité et ses variantes), le sexe en est exclu. En effet, il est à la fois le concurrent honni et la cause de la mortalité individuelle, car il y a longtemps que nous ne sommes plus d'immortels unicellulaires. De là viennent la haine, la peur, la répression du sexe et de ses manifestations dionysiaques, dans la quasi totalité des religions. En résumé, le sexe a un goût de mort pour certains, qui le lui font bien payer.
Et pourquoi plus encore la haine de l'homosexualité ? Lacan, ai-je lu quelque part, disait que les meurtriers cherchent à tuer leur propre image dans leurs victimes. Il est invitant de supposer que le clerc célibataire n'aime pas, dans l'homosexuel, ce mâle qui comme lui ne procrée pas... Moins encore la jalousie de l'un de ce que l'autre se paye à pleins tubes, le clerc veut le monopole de ce privilège de ne pas procréer, paresse que nos vicieux et nécrophiles de Romains punissaient assez sévèrement. Les amours infécondes attirent peu la sympathie et beaucoup la vindicte, par quelque jalousie secrète qu'elles ont échappé pour elles-mêmes et pour un temps au fardeau humain de procréer parce qu'on est mortel. Le clerc, pas plus ni moins qu'un autre, n'aime ceux qui concurrencent ses privilèges et sa spécificité. On peut même avancer que le clerc haïrait l'avorteur qui lui soustrait les enfants qu'il n'a pas eus et qui lui manquent. À cette échelle, du point de vue des enfants qui n'ont pas été, l'avorteur n'est qu'un retardataire.
Tout ceci ne semble pas très évangélique. Oh! que si. Le fondateur du christianisme, de même que saint Paul le plus « idéologue» de ses émules, proposent tous deux la vie par la résurrection, sans indiquer une seule fois l'immortalité, bien pâle il est vrai, par nos seuls enfants issus de nos corps mortels. Ils n'ont pas voulu procréer et ne se sont entourés que d'hommes. Sans être rigoriste le moins du monde, le petit Jésus est vraiment anti-sexuel dans son héroïque combat contre la mortalité de la condition humaine, à la différence du grand Ulysse qui refusa l'immortalité pour rejoindre la femme et le fils qu'il aimait.
Si le sexe est bien insatisfaisant pour acquérir l'immortalité dont les Gréco-Romains étaient plus prodigues, il n'était pas nécessaire de le haïr à ce point, car tous ne sont pas nécrophiles et chacun ne méprise pas impunément ce que la nature a décidé à notre place.
G) Voici un exemple assez simple d'intégration.
Les pacifismes
Max Scheler a écrit Die Idee des Friedens und der Pazifismus (1931). Il distingua 8 sortes de pacifisme:
1. Le pacifisme héroïque et individuel de la non-résistance par principe à la violence, comme le fit Gandhi; ou par l'action diplomatique comme le fit l'ex-président Carter en Yougoslavie et Haïti.
2. Le pacifisme chrétien, qui fut radical aux premiers temps de l'Église avec Tertullien. Puis il y eut le demi-pacifisme, un tantinet intéressé, des catholiques parvenus au pouvoir avec Constantin en +323. Il est en partie inspiré par le dogme, en partie par le droit naturel et par l'éthique aristotélicienne. Il voudrait, dans la continuation de l'idée de la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel, faire du Pape un juge suprême. Les Églises protestantes qui tâchent de s'unir en vue d'oeuvrer pour la paix éternelle, se réclament de ce même pacifisme, sans papisme cependant.
Ensuite, il y a le demi-pacifisme des partisans de la « guerre juste », dont on retrouve l'origine dans Cicéron. Ce demi-pacifisme dit vouloir la paix, mais pas à n'importe condition. Il est donc prêt à toute guerre défensive.
3. Le pacifisme économique, celui du libre-échange, proposé par Xénophon, mais dont le plus grand théoricien a été le Herbert Spencer et dont les thèses sont positivistes et utilitaristes. Selon ces valeurs utilitaristes, la paix est plus payante que toute guerre; plus encore, la guerre est antiéconomique. L'économie libre crée des liens de paix.
4. Le pacifisme juridique ou pacifisme du droit, dont l'origine est la doctrine moderne du droit naturel et l'application de celui-ci au droit des gens (Grotius, Pufendorf), qui sont un peu les ancêtres de nos droits de l'homme. Ce pacifisme juridique réapparaît sous diverses formes: chez l'Abbé de Saint-Pierre, chez Kant avec son idée de paix perpétuelle et de fédéralisme, et chez les socialistes utopiques (Saint-Simon, Fourier). Il a pour but ultime le désarmement général et systématique sur mer et sur terre. Il vise le remplacement de l'ultima ratio des États (leur argument ultime, qu'est la guerre) par un tribunal suprême qui règle tous les conflits par décision juridique, conformément à notre système juridique à l'intérieur de nos États, entre citoyens.
5. Le demi pacifisme du communisme et du socialisme marxiste qui veut accomplir par la contrainte la paix perpétuelle grâce à la suppression de l'État de classes, au moyen d'une dictature temporaire du prolétariat. Sous sa forme soviétique, le demi-pacifisme n'est pas immédiatement pacifique: il approuve toutes les guerres qui conduisent à la fin prochaine du capitalisme, qu'il annonce et exalte. Ce demi-pacifisme est prêt à faire « une guerre juste» contre l'impérialisme des bourgeois capitalistes. Pour lui, la cupidité crée la guerre et l'idéal de justice crée la paix.
6. Le pacifisme impérialiste de l'empire universel. Lui, il n'y va pas par quatre chemins. Il croit faire la paix en l'imposant par une guerre victorieuse, qui serait bien évidemment la dernière de toutes les guerres, celle gagnée par le parti de la paix... Les modèles en sont la pacification gréoco-macédonienne, puis romaine, de l'empire universel, les tentatives mongoles, puis napoléoniennes. S'y apparente le pacifisme impérial européen dans sa version coloniale.
7. Le pacifisme international de classe de la grande bourgeoisie capitaliste, en Europe et en Amérique. Elle est d'avis que la paix naîtra sous les flots de la croissance économique, même inégalitaire. Elle suspecte le communisme d'être guerrier et offensif mais, en revanche, elle se dit uniquement défensive, d'où son demi-pacifisme qui prit un jour le nom et la forme de « containtment» (contenir la poussée communiste).
8. Le pacifisme de culture du cosmopolitisme qui remonte au stoïcisme. Il veut rassembler les élites intellectuelles de tous les pays. Il veut réaliser la paix perpétuelle par un travail d'information, de réforme intellectuelle et morale, d'éducation. Il veut intégrer l'étranger dans sa culture nationale et il croit que les cultures étrangères, en leur fond, sont harmonisables, aux contradictions surmontables.
Par l'étude de l'histoire, on constate que ces formes de pacifisme, divergentes dans les idées, furent convergentes dans les faits. Après analyse et réflexion, l'historien s'aperçoit qu'elles furent victorieuses, chacune en leur temps et à leur façon, de cinq idéologies bellicistes (la théocratie, le colonialisme, l'impérialisme, le fascisme, le communisme).
Texte modifié et complété par Jacques Légaré
G) Voici un exemple plus complexe d'intégration.
Il s'agit du résumé de la thèse de doctorat « L'Évolution historique de l'humanité vers la paix » présentée en 19993 à la faculté de philosophie de l'Université Laval par Jacques Légaré, dont vous avez le texte intégral sur disquette. La complexité de la guerre nous oblige à sa compréhension multidisciplinaire. Ce petit résumé vous en convaincra.
Philosophie -- Histoire -- Politique -- Économique -- Sociobiologie -- Géographie -- Psychologie -- Prospective
Paix et Guerre entre les hommes
C'est avec émotion que je vous présente aujourd'hui le fruit de mon travail qui s'étend sur sept années et qui touche un problème encore très actuel: La paix et la guerre entre les hommes. La guerre est aujourd'hui aux portes de l'Europe et la très grande majorité des citoyens occidentaux veut vivre en paix. Pourquoi donc la volonté générale est-elle si imparfaitement exécutée? L'être humain est-il ambivalent face à la paix et à la guerre, ou est-il un être foncièrement pacifique? Ou, comme d'autres l'ont soutenu, est-il un être-pour-la-guerre? Notre thèse a voulu démontrer que l'être humain possède une finalité pacifique. Pour le comprendre mieux encore et vaincre en soi les vieilles résistances bellicistes, il nous faut embrasser de très larges perspectives, celles de l'histoire comme celles de la philosophie. Ces larges perspectives nous obligent à considérer les multiples discours sur la paix et sur la guerre qui sont innombrables et les nombreuses facettes qui sont interdépendantes. Ajoutez à cette complexité la quantité très grande de faussetés et de demi-vérités sur ces deux sujets, vous soupçonnerez la difficulté de l'entreprise qui pourtant est accessible et compréhensible par tous. Nous avons dû démontrer la fausseté de certaines idées admises à tort comme vraies afin de découvrir des vérités solides ou restaurer des vérités méconnues ou négligées. Le premier problème que nous avons rencontré était donc la complexité devenue confusion dans les discours, dans les analyses et dans les prises de positions éthiques en faveur ou non de la paix ou de la guerre. Le vocabulaire lui-même était inadéquat. On confond agressivité et violence, paix et inaction, force et brutalité. Je me suis donc attardé à définir, voire à redéfinir le vocabulaire, notamment le mot paix qui est dans le langage l'un des plus éclopés qui soit. En bref, la paix est l'activité consciente et volontaire de l'homme en vue du bonheur public et privé. La paix crée les bases du bonheur public et privé des hommes. Doit être abandonnée la définition qui fait de la paix la simple négation de son contraire, la guerre, à qui on accorde une positivité fulgurante par le feu de ses destructions.
C'est à la paix, jusque dans la définition des mots, que doit être réservé cet honneur de la vitalité énergique. La paix est la construction volontaire et libre par l'homme de son bonheur public et privé.
Afin d'asseoir sur des bases solides cette nouvelle définition et de lui trouver une assise historique crédible, il nous fallait un concept nouveau, plus tangible dans l'histoire. Nous avons proposé le concept d'espace pacifié qui est la reprise et l'approfondissement du concept aristotélicien de Cité. Aristote n'a pas inventé la Cité mais il en a défini le concept mieux que tous: "Constituée pour permettre de vivre, elle permet de mener une vie heureuse". Cependant, nous devions lui substituer le concept d'espace pacifié car le mot Cité appartient désormais à la réalité historique des Cités grecques aujourd'hui disparues. Comme les hommes créatifs inventèrent de nombreuses réalités politiques et de nombreux mots pour les nommer en accentuant leurs subtiles différences (État, société civile, pays, nation, ethnie, tribu, fédération, peuple, etc.), il nous apparut souhaitable de regrouper dans un concept plus général encore les divers sens nuancés que tous ces mots avaient en commun avec le concept aristotélicien de Cité. L'espace pacifié, c'est le trajet politique et historique humain, de la famille aux grands blocs planétaires d'aujourd'hui. Il nous faut ce concept pour voir autre chose dans l'Histoire que des chocs incohérents de groupes humains hostiles et disparates.
Mais près de deux mille cinq cents ans nous séparent d'Aristote. Pouvons-nous dire que les réalités historiques vécues et volontairement décidées par les hommes relèvent encore correctement de la définition aristotélicienne de Cité, même rajeunie sous le nom espace pacifié? Nous croyons que oui mais nous devions le démonter. C'est ce que nous fîmes en racontant l'effort humain vers la paix dans les grandes parties de l'histoire que sont l'Antiquité, le Moyen Âge, les Temps Modernes et l' Époque contemporaine.
Chaque étape est un effort quelque fois héroïque mais le plus souvent inventif et discret vers une paix humaine, plus grande et plus solide. Son succès réside dans des ensembles de plus en plus vastes, comprenant des groupes humains de plus en plus nombreux et dans des conditions matérielles moyennes de plus en plus riches et agréables. Pourtant, à chaque époque, cette montée vers un mieux-être et une paix plus riche et plus grande fut chaotique, souvent brisée par les fureurs de la guerre. Nous croyons avoir démontré dans la thèse que ces brisures, ces trahisons de certains hommes violents contre leur propre nature humaine essentiellement pacifique constitue son paradoxe, et non sa négation. Si nous disons que l'homme est un être naturellement pacifique, nous adoptons pour le mot nature le sens si simple et si parlant que lui donne Aristote: la nature, c'est "ce qui est toujours ou le plus souvent".
À grands traits résumons l'apport de chacune des époques à la progression de l'espace pacifié de l'homme.
L'homme préhistorique, nomade depuis toujours semble-t-il, par sa sédentarisation accentua sa grégarité pacifique en grossissant le nombre d'hommes, de femmes et d'enfants vivant ensemble, soumis aux mêmes règles et coutumes, non écrites mais nombreuses, subtiles et contraignantes. Après la famille dont l'origine en de nombreux éléments est préhumaine, l'homme préhistorique nous donna le deuxième espace, humanisé de sa présence, le village.
L'homme antique élabora les grands systèmes éthiques par lesquels la paix se donne les assises théoriques et culturelles plus élevées et plus solides encore que les traditions animistes et mythiques de l'homme préhistorique. L'avènement de la ville, l'invention du droit, de l'économie d'échange, des grandes religions, des arts monumentaux et d'agréments, des sciences rationalistes et des techniques élaborées, bref de la culture, permirent à des ensembles encore plus grands de se doter d'une unité reconnue dans des symboles communs.
L'homme antique fabriqua le modèle de la constitution des espaces pacifiés, continuellement repris, de plus en plus grands et de plus en plus solides, et moins nombreux: de la Mésopotamie à l'ère des trois grands blocs contemporains. C'est à cette époque qu'il a su définir la paix comme finalité naturelle de l'homme et condition du bonheur public.
Dans la Rome antique, républicaine puis impériale, l'Occidental acquit l'idée de l'unité politique du genre humain par laquelle la paix acquiert la perfection dans sa pérennité et dans la totalité du territoire. En tout cas, il le crut. En dépit d'échecs répétés et de demi-succès, cette idée de l'unité politique du genre humain ne le quittera jamais plus.
Le Moyen Âge réaffirma encore plus fermement que la paix était le devoir premier du souverain, l'état normal et bienheureux d'un royaume. Il convia l'activité et la pensée politiques à passer du concept antique de guerre juste à celui de paix nécessaire, urgente et prioritaire. Pour la première fois, une superpuissance, l'Église, n'avait pas pour principal support le pouvoir des armes. La guerre n'était plus pourvoyeuse de droits et de vertus, mais elle devait se laisser circonscrire par eux.
Les Temps modernes prirent le relais des penseurs médiévaux en dotant la Cité des hommes de principes de droits, -les droits de l'homme-, encore plus explicites, plus accessibles à leur volonté libre et désireuse de vivre en paix. Mais vivre libre, individuellement dans l'État ou nationalement dans le concert des Nations, prédomina sur vivre en paix. Vivre libre et vivre en paix n'étaient pas encore jumelés. Voilà pourquoi on connut des révolutions libérales et nationales et non des révolutions pacifistes. Ces révolutions furent violentes parce qu'elles étaient pensées dans le mode, désastreusement inachevé, de la guerre juste. On trouvait juste la guillotine révolutionnaire et la guerre nationaliste parce qu'on les disaient défensives. La guerre offensive se cachait même derrière le mot préventive. Cette incomplétude de la pensée pacifique moderne causa de grands maux.
C'est dans ce contexte qu'on peut comprendre la pensée belliciste déroutante d'un Machiavel et d'un Clausewitz, et la pensée demi-pacifiste de Hobbes, Spinoza et Locke. Ces gens-là se diront toujours non-responsables des guerres qu'ils feront pour se défendre sans avoir tout fait pour se défendre sans la faire.
L'Époque contemporaine donna au droit international une armature encore plus solide par des institutions internationales dont le rôle tout récent tend à devenir la clé de voûte d'une paix mondiale qui, j'en suis certain, sera définitive. Tout comme la paix qui se solidifie malgré et par l'échec, ces institutions auront pour nom la malheureuse et impuissante S.D.N., et l'ONU bloquée 40 ans par les vétos réciproques de l'Occident et de l'URSS. Mais on le constate aujourd'hui, l'ONU est sortie renforcée de ces épreuves et son rôle encore lent s'affermit.
Toutes ces époques ont pourtant connu des guerres qui sont un argument-massue contre l'idée que l'homme est naturellement pacifique. Et cette idée de l'homme-pour-la-guerre enraye, comme sait le faire une ignorance fataliste, les progrès d'une paix de plus en plus forte et de plus en plus solide entre les hommes. Souvenons-nous d'il y pas si longtemps, du temps de l'affrontement Est-Ouest. Qui aurait cru que la liberté allait triompher? Qui l'a prédit sans qu'on ne le traite de rêveur ridicule? De même, pourquoi douter que la paix ne triomphera pas bientôt, quand vivre libre et vivre en paix sont des désirs égaux en puissance chez l'homme.
Il n'y a pas que les hommes ou la multitude des hommes lors des différentes phases de l'histoire qui ont concouru par leur effort à la paix universelle encore inachevée, il y a aussi les philosophes et savants de diverses disciplines qui apportèrent avec des succès divers, voire quelques fois avec des revers cuisants, leur riche contribution. Ces derniers sont à l'image de la multitude. On retrouve en la multitude les pacifiques et les guerriers, on retrouve chez les savants et philosophes similairement les pacifistes et les bellicistes.
Machiavel, cet homme né en 1469 qui a compris à moitié l'Antiquité, et qui y préféra César à Marc-Aurèle, chercha toute sa vie un chef de guerre pour libérer l'Italie. Son Garibaldi ne viendra que trois cents ans plus tard. Machiavel travailla pourtant bien indirectement à la cause de la paix: premièrement il opta pour le régime républicain, son très cher modèle antique, et deuxièmement il éclaira de sa lucidité étonnante le cynisme cru des bellicistes et des chefs de guerre.
Clausewitz, né en 1780, est le plus grand théoricien de la guerre pour mieux la connaître et la gagner. Mais il n'a pas compris les guerres qu'il a étudiées et la guerre qu'il a théorisée: La guerre, dit-il, est la continuation de la politique avec d'autres moyens. C'est faux, car c'est assimiler une catastrophe à un moyen, comme si on voyait la maladie comme un moyen pour vivre. En outre, si la politique concerne la Cité, en guerre la Cité n'existe plus, car on a jamais dit qu'une armée était une Cité. La politique, au contraire, est l'usage de moyens pacifiques entre citoyens et entre États quand elle vise le bonheur public. À penser si méthodiquement la guerre comme il le fit, il en systématisa la connaissance pour nous permettre d'en accélérer la disparition.
Dans notre thèse, nous avons démontré la fausseté de ses deux propositions principales. Clausewitz affirme que la défense est supérieure à l'attaque. Or l'étude des guerres historiques révèle que l'attaquant et le défenseur gagnent tout aussi souvent l'un que l'autre. L'imprévisibilité, la contingence, le hasard, sont les caractéristiques de la plupart des guerres.
L'autre erreur, plus philosophique et plus éthique celle-là, consiste à envisager une guerre hors de l'exigence éthique de la stopper le plus rapidement possible pour la gagner à moindre perte possible. L'éthique clausewitzienne du guerrier est dévoyée, c'est une éthique sans tête, toute bonne aux vaniteux qui reçoivent des médailles pour avoir infligé des souffrances sans nom. Derrière la gloriole guerrière et son éthique dévoyée, il y a l'infantile recherche de la déification, un effort naïf et monstrueux de sortir de la condition humaine. La seule éthique qui mériterait encore ce nom serait la peine d'avoir été souillé par l'obligation qui nous est imposée de nous défendre.
Hobbes, né en 1588, dont l'éthique politique est sévère, imagina le concept de contrat social pour sortir de l'état de nature. Contrairement à la Bible qui imagine un Paradis d'avant la faute, et une société pervertie par le péché, Hobbes imagine un état de nature infernal, de guerre de chacun contre tous, et une société unie par la vertu d'un contrat de non-agression entre les citoyens qui formeront désormais une société. Hobbes voulut responsabiliser le citoyen dans une discipline souvent inhumaine. Hobbes disait à l'homme qu'il était finalement maître, en tant que contractant, de cette éthique sévère, faite par lui pour son propre bien. Hobbes trouvait l'homme si pécheur qu'il imagina une société-prison, un État-Moloch, où la paix serait sauvegardée parce qu'un citoyen dans les fers ne peut plus guerroyer contre les siens. Hobbes travailla à sa façon à la paix en imaginant un État très fort pour la sauvegarder. Trop fort sans doute, parce que la discipline trop dure dégénère en répression mutilante de l'homme.
La dureté engendre chez les uns la soumission veule et hypocrite et chez les autres la révolte homicide.
Spinoza, né en 1632, proposa l'innovation selon laquelle la société plus que l'homme est mauvaise, idée que l'on attribue plus souvent à Rousseau. Sa philosophie ouvrait donc le regard sur la Cité à bonifier, à refaire, et non plus seulement à raffermir. Elle redonnait espérance à la Cité terrestre vouée au péché et elle permettait d'extirper l'idée de guerre du coeur de ses sujets qui allaient au siècle suivant devenir citoyens. En outre, il affirmait haut et clair que la paix est une activité, non un état passif. La paix est concorde et naît de la force du caractère. La paix est le résultat de la vertu active.
Locke, né aussi en 1632, ouvre l'âge moderne en donnant au peuple la légitimité avant lui réservée aux Princes de droit divin. Et les peuples seront, règle générale, plus pacifiques que leurs chefs, car c'est le peuple qui meure au combat. En travaillant à restaurer la liberté de tous dans l'État, Locke affermit la paix de la cité. Locke rejette la fourberie de l'état de nature entre les États. Il condamne et le rebelle et l'autocrate. Les défenseurs de la paix, avec lui, frappent à gauche comme à droite.
Kant, né en 1724, ouvrit de larges horizons à la cause de la paix puisqu'il imagina le premier les États Unis d'Europe, une fédération d'États écrivit-il, et il proposa pour la sauvegarde de la paix de véritables institutions. Dans la foulée rousseauiste où la société est responsable des maux de l'homme naturellement bon, donc de la guerre, il proposa une médecine ad hoc aux perversions machiavéliennes des États entre eux ainsi qu'une structure de protection réciproque. De même que les citoyens se sont unis ensemble pour sortir de l'état de nature, de même les États doivent s'unir dans des institutions ou des ensembles encore plus vastes -l'union fédérative- pour sortir de l'état de guerre où ils se mettent volontairement les uns contre les autres. Il dénie tout droit à la guerre. La nature elle-même veut la paix, entendons bien la nature de l'homme individuel et social. Kant est le penseur modèle insurpassé pour penser la paix comme réalité effective d'un monde encore inachevé.
Alain, né en 1868, mieux que tous les autres pensa la psychologie individuelle du guerrier. Il dit en résumé que la "guerre n'est que la passion"; C'est une irrationalité profonde, dont les raisons sont prétextes. La guerre est l'amour pervers pour le meurtre. Une sanguinaire nécrophilie. La solution à son explosion récurrente réside dans l'éducation et le gouvernement de soi.
Les Thèmes:
Au plan psychologique, l'agressivité est un instinct naturel, dénué de tout lien nécessaire et mécanique ou automatique vers la guerre. C'est même l'agressivité, en tant qu'instinct, qui fait travailler les pacifiques à la cause de la paix. Ils sont agressifs contre la pratique et la glorification de la guerre. C'est l'agressivité maligne, qui elle est pathologique, qui est souvent à la base des comportements agressifs incontrôlés. Cette agressivité, en vase clos, se nourrit elle-même sans aucun contact avec la réalité. La relation entre le nazisme et les Juifs relève de cette agressivité maligne. Celle-ci déclenche des guerres lorsque des dirigeants ou des personnalités influentes en sont affligés. Cette agressivité maligne, qui est pathologique, vise la destruction et la mort. C'est elle aussi qui poussa les Girondins, Brissot et ses amis, à déclencher la guerre contre toute l'Europe et amena l'effondrement de la 1ère république française. Les mots qu'ils employèrent révèlent avec clarté leur penchant nécrophile: "Il ne s'agit pas de vaincre, mais de détruire".
Nous affirmons en outre que se greffe à l'effort belliciste des guerriers, une crise identitaire non résolue par la vie normale en société. De cette analyse de l'émotion et de l'affectivité humaines, il ressort clairement que l'homme n'est pas un être-pour-la-guerre, que la sexualité n'a rien à voir avec l'errance belliciste de certains hommes. Finalement, la science psychologique par ses plus grands représentants, quand elle cherche à résoudre les problèmes liés à la violence et à la guerre, aborde à la fin de ses analyses aux rivages de la philosophie, science de l'agir libre, volontaire et moral.
Nous avons regardé du côté de la sociobiologie dont les résultats pour comprendre l'éthique par des adaptations génétiques ne sont pas à la hauteur de ses ambitions. Tout au plus nous a-t-elle encouragé en soulignant que l'homme est moins violent que la plupart des vertébrés qui eux le sont moins que les espèces moins développées. Cette discipline, qui compare les autres espèces animales avec l'homme, nous révèle l'extraordinaire adaptabilité de l'homme et sa capacité à corriger ses moeurs et ses actions. L'agressivité chez lui est questionnée et modulée, souvent parfaitement bien maîtrisée, d'où les progrès vers la paix, d'où les espoirs permis. C'est Konrad Lorenz qui l'a compris. Il observa chez les animaux les parades ou réorientations du comportement agressif. L'homme lui-même, observa-t-il, s'en servit et les développa en manifestations culturelles élaborées, comme l'activité sportive, le rite, la compétition commerciale en sont des exemples évidents.
Même si nous proposons le concept d'espace pacifié, nous avons reconnu que l'espace en tant que territoire physique ne prédispose en rien pour la paix ou pour la guerre. Cet espace pacifié l'est d'une paix humaine, entre les hommes. Une paix climatique ou géomorphologique serait une absurdité. Mais l'homme a rêvé puissamment cette paix en la liant à un espace, à un territoire, à une terre chérie, lieu de son histoire personnelle et ancestrale, tout plein de ses richesses accumulées qu'il défendit âprement. Il se plut à voir dans les rivières et les montagnes les bornes de son pays. Il n'a jamais pu dissocier la paix du territoire qu'il chérissait. Mais jamais il ne fut déterministement soumis à leur tracé ou formes pour définir ultimement la paix et circonscrire son espace pacifié propre.
L'analyse de l'économie et de l'économique nous réconforta beaucoup dans notre démonstration de l'homme être-pour-la-paix. Nous avons démontré la fausseté de la proposition si souvent reprise selon laquelle les hommes font la guerre pour des raisons économiques. C'est une méconnaissance profonde à la fois de la psychologie des hommes et de l'activité économique elle-même. Les hommes qui aiment la richesse travaillent, trafiquent et combinent pour les obtenir. Ils sont d'un naturel avare et parcimonieux. Au contraire, ceux qui font la guerre la font parce qu'ils veulent et aiment tuer. C'est pour nous les rendre moins monstrueux que les disons cupides. L'observation attentive de leur comportement nous démontre qu'ils sont au contraire insouciants des richesses et gaspilleurs, voire destructeurs, de l'économie elle-même à l'opposé de tous ceux qui aiment l'argent et les richesses en général qu'ils accumulent et exhibent. Celui qui aime et fait la guerre est dilapidateur de presque tout, y compris de la vie des autres et de la sienne propre.
L'activité économique au contraire, quand on en saisit les mécanismes profonds et optimaux est éminemment génératrice de paix entre les hommes. Quand guerre et convoitises se jumelèrent fortuitement dans les actions belliqueuses des hommes, c'est que le désir de tuer s'était caché derrière le désir plus avouable de s'enrichir, lui-même souvent camouflé derrière la façade du bon droit (sauver la belle Hélène).
Nous avons aussi pu démontrer à l'aide d'auteurs quantitativistes comme Otterbein, Sorokin, Chesnais et Bouthoul, que la paix se renforce dans les sociétés. La quantification de ce genre de sujet comme la paix et la guerre nous apprend que, malgré les deux grands conflits mondiaux où le mot hécatombe est devenu trop petit, il y a malgré tout un progrès humaniste vers la paix, et quantitativement identifiable. La violence privée a décru, malgré l'opinion contraire tenace qui est répandue par la surexposition médiatique de la violence résiduelle. Ils ont démontré une chose surprenante: la guerre n'est liée mécaniquement à rien et les corrélations sont assez faibles entre les facteurs divers de la société et le déclenchement des guerres. Certes, la puissance du feu a fait augmenter le nombre absolu des victimes dans les grandes guerres; mais la stabilité des États, leur nombre passant de 30 à plus de 200, et l'augmentation de la population exemptée des catastrophes guerrières sont de très loin supérieures aux époques antérieures. Les guerres apparaissent comme des mauvaises années, un arrêt momentané d'une histoire par ailleurs pleine de progrès de ces sociétés et de ces États. La guerre a donc la forme d'un incendie et d'un accident. Finalement, il y a aucun lien nécessaire de nature statistique entre créativité culturelle et guerre. En fait, contingence, imprévisibilité, bêtise brutale sont les caractères de la guerre que déjà les Grecs avaient personnifiée dans le dieu Arès qui n'était pas très intelligent.
Cependant, il y a des hommes apparemment fort instruits, écrivains de bouquins très épais, qui déclenchèrent des guerres. Par l'étude de l'idéologie, en tant que réalité distincte des volontés individuelles dans l'Histoire, nous en sommes arrivés à la conclusion qu'aucune idéologie ne conduit fatalement ou mécaniquement à la paix ou à la guerre, même si d'apparence certaines nous y prédisposent.
Le phénomène révolutionnaire qui se nourrit de guerres intestines et même souvent extérieures n'est qu'un échec de l'espace pacifié en formation. Cet échec, récurrent, crée sa marche chaotique dans l'histoire. Une révolution ne donne pas la paix. On crée la paix en l'évitant. Cette paix n'est pas lâcheté. Cependant que la paresse à régler vigoureusement les problèmes d'une société en paix nous la fait perdre.
Pour clarifier le débat sur la question révolutionnaire, nous avons innové en proposant une typologie claire et simple des phénomènes révolutionnaires. La révolution politique, très rapide et très fréquente, chasse un groupe dirigeant par un autre qui le remplace. La révolution sociale, qui prend plusieurs décennies, enlève la prééminence sociale à un groupe pour la donner à un autre. La révolution nationale permet à un peuple de chasser des dirigeants étrangers qu'il remplace par les siens propres. La révolution culturelle qui s'étend sur des siècles, remplace toute une culture, un mode de pensée, une métaphysique entière. Finalement, la révolution économique, très rare car il n'y en eut que trois dans toute l'histoire humaine, remplace un mode de production par un autre, c'est-à-dire le rapport que l'homme entretient avec la nature pour trouver ses subsistances.
La plupart de ces révolutions furent bénéfiques à l'homme, sauf la plupart des révolutions politiques, fruits de l'ambition violente cachée sous les plus nobles idéaux, mais nourries des réelles souffrances populaires que l'hypocrisie et l'incurie du pouvoir ne voulaient pas soulager ou enrayer. Les révolutions politiques furent les crises les plus sérieuses de l'espace pacifié dans sa croissance multimillénaire et encore inachevée.
Enfin, nous avons voulu démontrer que la paix est une construction et une médecine. Il faut construire la paix comme on construit une maison. La maison est l'archétype millénaire et toujours utilisé pour illustrer le pouvoir et la paix. Il faut traiter comme un médecin l'âme belliqueuse qui est, soit caractériellement pathologique, soit culturellement ignorante. Cette tâche dans son premier aspect théorique relève des sciences humaines et de la philosophie; dans son aspect pratique, elle relève de tous les citoyens. Comme le Bien, qui est ce que l'homme aime de beau et de grand d'autant plus fortement qu'il est éduqué, est ce qui motive le plus grand nombre instruit par les plus nobles, nul doute alors que les progrès déjà constatés dans l'histoire s'élargiront et se solidifieront. La paix n'est pas l'inertie des faibles et des rêveurs, des utopiques et des illuminés. En tout cas, ils ont une lumière de plus que ces cyniques qui se croient réalistes, ces découragés froids qui ont perdu le sens de la grandeur de l'homme. Cette lumière, c'est la réalité de l'histoire progressiste du monde qui nous la donne. La multitude des hommes est de plus en plus forte et solide pour tenir tête à ce qu'il y a de plus ignoble et mensonger dans la guerre. Si le philosophe Condorcet qui prôna dès 1792 le vote des femmes, l'abolition de l'esclavage et l'éducation gratuite et populaire pour tous mourut de ses blessures au fond d'une prison abandonné de tous, c'est en voyant le résultat posthume de son courage et de sa vision humaniste et progressiste qu'on peut s'autoriser à croire sans rêver que la paix définitive sera au rendez-vous de l'histoire prochaine.
Jacques Légaré, ce 20 avril 1993
Voici votre Évaluation
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Nom de l'étudiant
| Nombre | Éléments évalués et critères d'évaluation | Pondération |
| 1 | Qualité orthographique et syntaxique | -10 |
| 2 | Ponctualité, présences, et respect des échéanciers | 10 |
| 3 | Conformité des règles présidant à la rédaction du Rapport | 20 |
| 4 | Qualité et longueur des lectures d'accompagnement | 10 |
| 5 | Qualité de la présentation et de l'expression orales en classe | 5 |
| 6 | Autonomie, initiative, et débrouillardise | 5 |
| 7 | Qualité stylistique | 10 |
| 8 | Maîtrise de l'application des acquis multidisciplinaires | 30 |
| 9 | Maîtrise de la langue seconde | 5 |
| 10 | Ressources de l'informatique bien et totalement utilisées | 5 |
| Bonis (en supplément) |
Maîtrise de l'internet Originalité remarquable ou Difficulté particulière du sujet Présentation orale anticipée |
2 10 2 |
| TOTAL | 100 |
Remarques supplémentaires du correcteur:
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| Activité d'Intégration. Les étudiants de la session | |||||
| Nom de l'étudiant | No de téléphone | Traitement de texte et version | Date de l'entrevue de mi-session | Date de l'exposé oral | Sujet choisi |
| Josée Roy
|
4 mars 16.20h |
6 mai 14.25h |
|||
| Kathia Roy
|
4 mars 16.30h |
6 mai 14.40 |
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| Geneviève Samson | 4 mars 16.40h |
6 mai 14.55h |
|||
| Marie-Noelle Simard | 4 mars 16.50h |
6 mai 15.10h |
|||
| Louis-Martin Tremblay | 4 mars 17.00h |
6 mai 15.25h |
|||
1 Aristote, La Métaphysique, Tome 1, trad. J. Tricot, Paris, Librairie Philosophique J. Vrin, édition 1986, p. 2
2 Léonard de Vinci, cité par Patrick Boucheron dans « Léonard de Vinci et ses précurseurs » dans Les Cahiers de Science et Vie , Hors Série, no.34, août 1996, p. 76.
3 Dictionnaire Le Robert, Paris, édition Le Robert, 1967, article « amour », p. 61
4 Duby, G., « L'amour n'est plus ce qu'il était » dans « L'Histoire », no. 634, 1984, p. 1.
5 Ovide, L'art d'aimer, trad. H. Bornecque, Paris, Livre de Poche, no. 1005, 1963, p. 67.
6 Cicéron, De la République. Des Lois, Paris, Garnier-Flammarion, 1962, p.132.
7 Cicéron, De la République. Des Lois, Paris, Garnier-Flammarion, 1962, p.138.
8 Cicéron, Des Lois, Paris, Garnier-Flammarion, no. 38, 1, chap. 15, p.137.
9 Ibid, III. chap. 4, p.12.
10 Fromm, Erich, Anatomie de la destructivité humaine, traducteur T. Carlier, Paris, Laffont, 1975, 523 p.