UNE ÉCOLE GÉRÉE SOUS LE MODE NÉO-LIBÉRAL PUR
par Jacques Légaré
Autres textes sur d'autres sujets à http://www.iquebec.com/oeuvres-de-jacques-legare/index.htm
Le monde scolaire occidental est géré en quasi totalité selon le mode colbertiste, ou pré-libéral, selon lequel la Cour (l'État) donne de l'argent pour obtenir des services, dont le principal n'est pas la qualité mais la loyauté.
Que donnerait un enseignement dispensé selon le mode néo-libréal ?
Il s'agirait ni plus ni moins de:
- allonger les cours de classe de 3 semaines pour les plus faibles
- lier le salaire du professeur à la performance de l'étudiant et la bourse de l'étudiant à sa performance scolaire selon le mode suivant: boni pour toute augmentation de la moyenne de classe par rapport à la moyenne de cette classe pour les cours précédents, et coupures de salaire ou de bourse pour une baisse de moyenne. Plus de bonis sous formes de prix pour ceux qui obtiendraient les plus fortes notes au niveau régional et provincial..
- lier 30% de la bourse aux résultats scolaires.
- retourner les impôts scolaires aux parents, de même que les frais de scolarité.
- donner un boni en argent pour les professeurs qui publieraient des articles ou des documents pédagogiques agréés par un comité spécifique.
- payer les professeurs à l'acte: $5 par bon conseil... $10 par copie corrigée.... Ils sont régis le code des professions.
- permettre aux étudiants les plus doués d'avoir une voie accélérée ou un programme enrichi pour un diplôme d'or qui donnerait une priorité d'embauche..
- embaucher prioritairement les professeurs plus scolarisés au niveau supérieur d'enseignement.
- établir une politique de qualité de travail et dans chaque discipline, de quantité de travail: 500 à 1000 pages par cours; lectures de culture obligatoires pendant les vacances: une oeuvre majeure à chaque 15 jours.
- permettre à l'étudiant de suivre des cours de lecture à domicile pendant l'été, ces cours seraient crédités au retour en septembre après examen.
- établir un boni en argent pour une présence à 100% au cours
- faire passer un examen pour tous les programmes de loisir culturels pour décourager les programmes télévisuels culturellement pauvres.
- créer des cours axés sur des objectifs de débrouillardise, d'innovation, de sociabilité, de leadership, d'audace
- réformer l'orthographe (un désordre à la limite de la bêtise) et de la syntaxe française.
- établir une bande cours vidéos pour consultation étudiante.
- rétablir la dissertation, la dictée au secondaire, le rapport de recherche.
- donner à l'étudiant un agenda personnel de travail, et le noter.
- créer des cours-voyages créditables: cf. voyage en Grèce avec lectures préalables et rapport de voyage au retour.
- donner à chaque école son quota d'étudiants faibles avec structure d'accueil très encadré.
- créer des écoles corporations comme les écoles privées, les subventionner selon le rendement des étudiants aux examens ministériels.
En conclusion, ce mode générerait indubitablement insécurité et cupidité en échange d'une qualité certaine qui balayerait la médiocrité actuelle tout aussi indubitable. Il n'existe pas de beau principe sans quelque petit effet pervers. Mais nous croyons que si 30% des revenus des professeurs étaient versés selon la qualité des copies d'examens des étudiants (la preuve ultime, objective et seule gérable de la qualité de l'enseignement), doublé de la suppression de 50% des postes non-enseignants, ce grain de sel d'émulation et de stimulation triplerait la qualité éducative actuelle.
Lire à cet effet la rubrique «liberté pédagogique et professionnelle» et autres textes dans le site
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